Conseil

Gérer un portefeuille clients

22 min de lecture
portefeuille gestion

340 clients, 12 produits oubliés, 28 000 euros de manque à gagner

Mehdi a 43 ans. Courtier en assurance à Strasbourg depuis six ans, il a construit un portefeuille de 340 clients. Il connaît chacun d’eux par son prénom. Il répond au téléphone en moins de deux sonneries. Ses clients l’adorent. Mais quand un consultant l’a aidé à analyser son portefeuille en janvier 2026, le constat a été brutal.

Sur ses 340 clients, 210 n’avaient qu’un seul contrat chez lui. Un seul. Une assurance auto. Ou une habitation. Ou une mutuelle. Parmi ces 210 clients mono-équipés, 180 avaient des besoins évidents en prévoyance, en assurance professionnelle, ou en épargne retraite. Des besoins que Mehdi n’avait jamais explorés parce qu’il était trop occupé à courir après de nouveaux clients.

Le consultant a fait le calcul : si Mehdi équipait 50 % de ces clients mono-équipés avec un seul produit supplémentaire (une prévoyance à 80 euros/mois de prime, soit une commission de 25 %), cela représenterait 90 contrats additionnels et environ 28 000 euros de commissions supplémentaires par an. Sans prospecter un seul nouveau client.

“J’avais de l’or sous les pieds et je marchais dessus tous les jours”, résume Mehdi. “Mon portefeuille n’était pas petit. Il était sous-exploité.”

La gestion de portefeuille est la compétence la plus sous-estimée du courtage en assurance. Les courtiers passent 80 % de leur temps à chercher de nouveaux clients et 20 % à gérer les clients existants. Les courtiers les plus rentables font l’inverse. Cet article vous donne les outils, les méthodes, et les stratégies pour transformer votre portefeuille en machine à revenus récurrents.

Bureau d'un courtier en assurance organisé pour la gestion de portefeuille

La segmentation ABC : classer vos clients par valeur

Le principe de la segmentation

Tous vos clients ne se valent pas. Certains vous génèrent 3 000 euros de commissions par an, d’autres 50 euros. Certains vous appellent chaque semaine pour poser une question, d’autres ne vous contactent qu’à l’échéance. Certains ont un potentiel de multi-équipement énorme, d’autres sont déjà équipés au maximum.

La segmentation ABC consiste à classer vos clients en trois catégories (A, B, C) en fonction de leur valeur actuelle et de leur potentiel. Cette classification détermine le niveau de service, la fréquence de contact, et l’effort commercial que vous consacrez à chaque client.

Comment définir les segments

Segment A : les clients stratégiques (15 à 20 % de votre portefeuille)

Ce sont vos meilleurs clients. Ils représentent généralement 60 à 70 % de vos commissions totales. Critères d’identification :

  • Commissions annuelles supérieures à 500 euros
  • Multi-équipés (3 produits ou plus)
  • Ancienneté supérieure à 2 ans
  • Bon payeur (pas d’impayés, pas de résiliation intempestive)
  • Fort potentiel de prescription (ils vous recommandent)

Segment B : les clients à développer (30 à 40 % de votre portefeuille)

Ce sont vos clients intermédiaires. Ils génèrent des commissions correctes mais ont un potentiel de croissance non exploité. Critères :

  • Commissions annuelles entre 150 et 500 euros
  • Mono-équipés ou bi-équipés
  • Besoins complémentaires identifiés mais non couverts
  • Potentiel de montée en gamme

Segment C : les clients d’entrée de gamme (40 à 50 % de votre portefeuille)

Ce sont vos petits clients. Ils génèrent peu de commissions individuelles, mais ils représentent le volume de votre portefeuille. Critères :

  • Commissions annuelles inférieures à 150 euros
  • Mono-équipés (souvent un seul contrat auto ou habitation)
  • Faible potentiel de développement à court terme
  • Certains sont en risque de départ (sensibles au prix)

Tableau de segmentation type

CritèreSegment ASegment BSegment C
Part du portefeuille (en nombre)15-20 %30-40 %40-50 %
Part des commissions60-70 %20-25 %10-15 %
Commissions moyennes par client800-3 000 euros200-500 euros50-150 euros
Nombre de produits moyen3 à 51 à 21
Fréquence de contact recommandée1 fois/trimestre + bilan annuel1 fois/semestre + échéance1 fois/an (échéance)
ObjectifFidéliser et prescrireMulti-équiperÉquipement ou montée en gamme

Comment implémenter la segmentation

Si vous utilisez un CRM, la segmentation peut être automatisée en fonction des commissions, du nombre de contrats, et de l’ancienneté. Si vous n’avez pas de CRM, un tableur suffit pour commencer. Pour choisir le bon outil, consultez notre guide sur les CRM et outils pour courtiers.

Exercice pratique : prenez votre liste de clients et classez-les en A, B, C en moins de deux heures. Vous serez surpris par la répartition. La plupart des courtiers découvrent que 15 % de leurs clients génèrent plus de 60 % de leurs commissions, et que 40 % de leurs clients ne génèrent presque rien.

Le multi-équipement : votre levier de croissance numéro 1

Pourquoi le multi-équipement est plus rentable que la prospection

Trouver un nouveau client coûte entre 5 et 25 fois plus cher que de vendre un produit supplémentaire à un client existant. Les chiffres du courtage le confirment :

ActionCoût moyenTaux de conversionCommission moyenne
Prospecter un nouveau client (froid)150-300 euros5-15 %Variable
Proposer un produit complémentaire à un client A20-50 euros (temps de préparation)30-50 %Variable
Proposer un produit complémentaire à un client B30-80 euros20-35 %Variable

Le client existant vous fait déjà confiance. Il n’a pas besoin d’être convaincu de votre compétence. Il a déjà signé un contrat avec vous. La barrière à l’achat est considérablement plus basse.

La matrice de multi-équipement

Voici une matrice qui identifie les produits complémentaires logiques pour chaque produit de base :

Produit de baseProduits complémentaires à proposer (par ordre de pertinence)
AutoHabitation, protection juridique, GAV (garantie des accidents de la vie)
HabitationAuto, GAV, scolaire, protection juridique
Santé (mutuelle)Prévoyance, PER (épargne retraite), obsèques
PrévoyanceSanté, PER, assurance emprunteur
Assurance pro (RC pro)Multirisque professionnelle, flotte auto, prévoyance TNS, santé collective
Assurance emprunteurHabitation, assurance vie, PER

Comment proposer le multi-équipement sans être intrusif

Le multi-équipement fonctionne quand il est présenté comme un conseil personnalisé, pas comme une vente forcée. Voici trois moments naturels pour proposer un produit complémentaire :

1. Le bilan annuel

Programmez un rendez-vous annuel avec chaque client A et B. Passez en revue ses contrats, vérifiez les garanties, signalez les évolutions de tarifs. Et à la fin : “J’ai regardé votre dossier. Vous êtes bien couvert en auto et en habitation. Par contre, vous n’avez pas de prévoyance. Si vous êtes en arrêt de travail demain, votre revenu tombe à zéro après 90 jours. On en parle ?”

2. L’événement de vie

Un client achète une maison ? Proposez l’assurance emprunteur et l’habitation. Il se marie ? Mettez à jour sa mutuelle et proposez une prévoyance couple. Il crée une entreprise ? Proposez la RC pro, la santé collective, le PER. Chaque événement de vie est une opportunité de multi-équipement.

3. Le renouvellement

Le renouvellement annuel est le moment où le client pense à son assurance. Profitez-en pour élargir la discussion : “Votre contrat auto se renouvelle le mois prochain. J’en profite pour vous proposer un point global sur votre couverture. Êtes-vous disponible pour un rendez-vous de 30 minutes ?”

Objectif de multi-équipement

Un bon objectif est d’augmenter le nombre moyen de produits par client de 0,3 à 0,5 par an. Si vous avez 300 clients avec un taux d’équipement moyen de 1,5 produit, passer à 2,0 produits en 12 mois représente 150 contrats supplémentaires. En commissions, cela peut représenter 15 000 à 40 000 euros de revenus additionnels selon les produits.

Taux d’équipement moyenNombre de contrats (300 clients)Commissions estimées (commission moyenne 200 euros)
1,5 produit/client450 contrats90 000 euros
2,0 produits/client600 contrats120 000 euros
2,5 produits/client750 contrats150 000 euros
3,0 produits/client900 contrats180 000 euros

Chaque demi-point de taux d’équipement représente 30 000 euros de commissions supplémentaires par an. C’est le meilleur ratio effort/résultat du courtage.

Le renouvellement : l’art de garder ses clients

Pourquoi le renouvellement est critique

Le taux de rétention (ou son inverse, le taux de chute) est l’indicateur le plus important de la santé de votre portefeuille. Un client qui part, c’est une commission récurrente perdue. Et il faut trouver un nouveau client pour le remplacer, ce qui coûte du temps et de l’argent.

Impact du taux de rétention sur votre portefeuille :

Taux de rétention annuelClients restants après 5 ans (base 300)Commissions perdues sur 5 ans (commission moyenne 200 euros)
95 % (excellent)232 clients13 600 euros
90 % (bon)177 clients24 600 euros
85 % (moyen)133 clients33 400 euros
80 % (faible)98 clients40 400 euros

Un écart de 10 points de rétention (85 % vs 95 %) représente une différence de près de 20 000 euros de commissions perdues sur 5 ans, sur un portefeuille de seulement 300 clients. Avec un portefeuille de 1 000 clients, l’écart dépasse 65 000 euros.

Les causes de départ des clients

Comprendre pourquoi les clients partent est la première étape pour les retenir.

Cause de départPart des départsPrévention
Prix (trouvé moins cher ailleurs)35-40 %Bilan annuel, renégociation proactive
Manque de contact (se sent oublié)20-25 %Programme de contact régulier
Sinistre mal géré15-20 %Accompagnement actif en sinistre
Événement de vie (déménagement, décès, etc.)10-15 %Suivi des événements de vie
Démarchage agressif5-10 %Fidélisation proactive

Le prix est la première cause de départ, mais ce n’est pas la seule. Et souvent, le départ “pour le prix” masque un manque de relation : le client part parce qu’il n’a aucune raison de rester, pas parce qu’il a trouvé 20 euros de moins ailleurs.

Stratégies de rétention par segment

Segment A : le traitement VIP

  • Appel ou email personnalisé à chaque anniversaire de contrat
  • Bilan complet annuel en rendez-vous (physique ou visio)
  • Suivi proactif des sinistres (vous appelez le client avant qu’il ne vous appelle)
  • Avantage de fidélité : négociation de tarifs préférentiels avec les compagnies
  • Programme de parrainage avec récompense

Segment B : le contact régulier

  • Email personnalisé à chaque échéance (deux mois avant)
  • Appel semestriel pour un point rapide
  • Proposition de multi-équipement annuelle
  • Newsletter mensuelle avec des conseils pertinents

Segment C : l’automatisation

  • Email automatique à l’échéance avec proposition de renouvellement
  • Newsletter mensuelle (même contenu que segment B)
  • Appel uniquement en cas de risque de départ identifié (sinistre, résiliation en cours)

Pour approfondir les stratégies de fidélisation, consultez notre guide sur fidéliser vos clients en assurance.

Le suivi des renouvellements : méthode opérationnelle

Le calendrier de renouvellement

Chaque mois, vous devez savoir exactement quels contrats arrivent à échéance dans les 60 à 90 jours suivants. C’est la base de votre gestion de portefeuille.

Process de renouvellement en 4 étapes :

Étape 1 : J-90 (trois mois avant l’échéance)

  • Identifier les contrats qui arrivent à échéance
  • Vérifier si le tarif de renouvellement est cohérent avec le marché
  • Si le tarif augmente significativement (>10 %), préparer une alternative

Étape 2 : J-60 (deux mois avant l’échéance)

  • Contacter le client (email + appel pour les segments A et B)
  • Informer des conditions de renouvellement
  • Si augmentation significative, proposer une renégociation ou une alternative
  • Proposer un bilan global et un multi-équipement si pertinent

Étape 3 : J-30 (un mois avant l’échéance)

  • Relancer les clients qui n’ont pas répondu
  • Finaliser les modifications ou les changements de contrat
  • Envoyer les documents de renouvellement

Étape 4 : J+15 (quinze jours après l’échéance)

  • Vérifier que le renouvellement a bien été enregistré par la compagnie
  • Confirmer au client par email
  • Mettre à jour le CRM

Les indicateurs de renouvellement à suivre

IndicateurDéfinitionObjectif
Taux de rétention globalClients renouvelés / clients à échéance> 90 %
Taux de rétention segment AIdem, segment A> 97 %
Taux de rétention segment BIdem, segment B> 92 %
Taux de rétention segment CIdem, segment C> 85 %
Taux de multi-équipement au renouvellementContrats additionnels signés lors des renouvellements / renouvellements traités> 10 %
Taux de réponse aux relancesClients ayant répondu / relances envoyées> 60 %

La croissance organique : trouver de nouveaux clients grâce à vos clients existants

Le parrainage structuré

Le parrainage est le canal d’acquisition le moins coûteux et le plus efficace. Un client satisfait qui recommande un courtier à un proche génère un lead qualifié, avec un taux de conversion supérieur à 50 %.

Comment structurer un programme de parrainage :

  • Définissez une récompense claire pour le parrain : réduction sur la prochaine échéance (20 à 50 euros), carte cadeau, ou tout autre avantage tangible
  • Définissez un avantage pour le filleul : remise sur le premier contrat, conseil gratuit, ou bilan offert
  • Communiquez régulièrement sur le programme : mentionnez-le dans vos emails, vos newsletters, et vos rendez-vous
  • Facilitez l’action : donnez au parrain un lien ou un code à transmettre, ou proposez-lui de vous donner directement les coordonnées du filleul (avec son accord)

Objectif réaliste : un courtier avec 300 clients devrait générer 20 à 40 parrainages par an, soit 10 à 20 nouveaux clients (taux de conversion parrainage de 50 %).

Les avis et témoignages

Les avis en ligne sont le parrainage digital. Un prospect qui lit 20 avis positifs sur votre fiche Google fait confiance à ces avis autant qu’à la recommandation d’un ami.

  • Demandez systématiquement un avis Google après chaque signature de contrat
  • Demandez un témoignage écrit ou vidéo à vos meilleurs clients (segment A)
  • Publiez les témoignages sur votre site web et vos réseaux sociaux
  • Répondez à tous les avis, positifs comme négatifs

Les événements de vie comme déclencheurs

Les événements de vie de vos clients sont des opportunités de croissance : un client qui déménage a besoin d’une nouvelle assurance habitation. Un client qui a un enfant a besoin d’une scolaire et d’une prévoyance renforcée. Un client qui crée une entreprise a besoin d’une RC pro.

Mais comment savoir quand un client vit un événement de vie ?

  • Les réseaux sociaux (LinkedIn, Facebook) signalent les changements de poste, les déménagements, les naissances
  • Vos échanges réguliers avec les clients A et B vous informent naturellement
  • Les formulaires de bilan annuel incluent une question sur les changements de situation
  • Les compagnies signalent parfois les avenants (changement d’adresse, modification de bénéficiaire)

La valorisation du portefeuille : construire un actif

Votre portefeuille est un actif financier

Un portefeuille de courtage est un actif patrimonial. Il peut être vendu, donné, transmis. Sa valeur dépend de la qualité et de la stabilité des commissions récurrentes qu’il génère.

Comment calculer la valeur de votre portefeuille

La méthode la plus courante est le multiple de commissions récurrentes annuelles. Le multiple dépend de la composition du portefeuille, de la stabilité des revenus, et du taux de rétention.

CritèreImpact sur la valorisation
Taux de rétention élevé (>90 %)Augmente le multiple
Taux de multi-équipement élevé (>2 produits/client)Augmente le multiple
Forte proportion de commissions vie/épargne/retraiteAugmente le multiple
Forte proportion de commissions IARDRéduit le multiple
Ancienneté moyenne des clients élevéeAugmente le multiple
Dépendance à un seul client ou à un seul produitRéduit le multiple
Zone géographique attractiveAugmente le multiple
Conventions de courtage transférablesAugmente le multiple

Multiples constatés en 2026 :

Type de portefeuilleMultiple de valorisation (sur commissions récurrentes annuelles)
IARD particuliers (auto, habitation)1,5 à 2,5 x
IARD professionnels2 à 3 x
Santé individuelle et collective2 à 3,5 x
Prévoyance2,5 à 3,5 x
Assurance vie et épargne retraite3 à 5 x
Mixte équilibré2 à 3 x

Exemple : un portefeuille mixte générant 80 000 euros de commissions récurrentes annuelles, avec un taux de rétention de 92 % et un taux de multi-équipement de 2,3 produits par client, se valorise entre 160 000 et 240 000 euros (multiple de 2 à 3).

Actions concrètes pour augmenter la valeur de votre portefeuille

  1. Augmentez le taux de rétention : chaque point de rétention gagné augmente le multiple de valorisation
  2. Augmentez le taux de multi-équipement : un portefeuille avec 3 produits par client vaut plus qu’un portefeuille avec 1,5 produit par client
  3. Développez les produits à forte valeur : assurance vie, prévoyance, PER. Ces produits ont les multiples de valorisation les plus élevés
  4. Réduisez la concentration : un portefeuille qui dépend de 5 gros clients est risqué. Diversifiez votre clientèle
  5. Documentez votre portefeuille : fichier client à jour, historique des contrats, notes de conseil. Un portefeuille bien documenté rassure l’acquéreur
  6. Sécurisez vos conventions de courtage : vérifiez que vos conventions sont transférables en cas de cession. Certaines compagnies imposent des clauses restrictives

Pour intégrer la valeur de votre portefeuille dans votre stratégie d’entreprise, consultez notre guide sur le business plan du cabinet de courtage.

Les outils de gestion de portefeuille

Le CRM : indispensable à partir de 100 clients

Un CRM (Customer Relationship Management) est un logiciel de gestion de la relation client. Il centralise toutes les informations sur vos clients, vos contrats, vos interactions, vos échéances, et vos commissions.

En dessous de 100 clients, un tableur bien structuré peut suffire. Au-delà, le CRM devient indispensable pour ne pas perdre le contrôle de votre portefeuille.

Ce que le CRM doit vous permettre de faire :

  • Voir la fiche complète d’un client en un clic (contrats, historique, sinistres, commissions)
  • Identifier les clients à échéance dans les 90 prochains jours
  • Identifier les clients mono-équipés avec un potentiel de multi-équipement
  • Automatiser les relances (emails de renouvellement, emails d’anniversaire)
  • Suivre vos commissions par client, par produit, par compagnie
  • Générer des rapports de performance (taux de rétention, taux de multi-équipement, évolution des commissions)

Pour choisir le CRM adapté à votre cabinet, consultez notre guide sur les CRM et outils pour courtiers.

Le tableau de bord mensuel

Chaque mois, prenez 30 minutes pour analyser votre tableau de bord. Les indicateurs essentiels :

IndicateurComment le calculerObjectif
Nombre total de clientsComptage CRMEn croissance
Nombre total de contratsComptage CRMEn croissance
Taux d’équipement moyenContrats / clients> 2,0
Commissions du moisRelevé compagniesEn croissance vs N-1
Commissions récurrentesCommissions hors acquisition> 50 % du total après 3 ans
Taux de chute du moisRésiliations / contrats< 1 %/mois
Nouveaux clients du moisComptage CRMObjectif personnel
Multi-équipements du moisContrats additionnels sur clients existants> 5/mois

Développer votre portefeuille : plan d’action sur 12 mois

Mois 1 à 3 : le diagnostic

  • Exportez votre fichier client et classez vos clients en A, B, C
  • Calculez votre taux d’équipement moyen actuel
  • Identifiez les 50 clients B avec le plus fort potentiel de multi-équipement
  • Mettez en place votre CRM si ce n’est pas déjà fait
  • Calculez votre taux de rétention des 12 derniers mois

Mois 4 à 6 : le multi-équipement

  • Contactez vos 50 clients B identifiés pour un bilan annuel
  • Proposez un produit complémentaire à chaque bilan
  • Objectif : 15 à 25 contrats additionnels en 3 mois
  • Lancez votre programme de parrainage
  • Automatisez les relances de renouvellement dans votre CRM

Mois 7 à 9 : la rétention

  • Analysez les départs des 12 derniers mois : causes, segments concernés
  • Mettez en place un process de renouvellement proactif (contact J-60)
  • Renégociez les tarifs en augmentation significative avec les compagnies
  • Proposez des alternatives aux clients les plus sensibles au prix
  • Contactez tous vos clients A pour un point personnalisé

Mois 10 à 12 : la croissance

  • Bilan annuel complet de votre portefeuille (clients, contrats, commissions, rétention)
  • Identifiez les 5 actions les plus rentables de l’année et doublez l’effort dessus
  • Fixez vos objectifs de l’année suivante (nombre de clients, taux d’équipement, taux de rétention, commissions cibles)
  • Intégrez des produits à forte valeur (prévoyance, PER, assurance vie) dans votre stratégie de multi-équipement

Au bout de 12 mois, vous devriez avoir augmenté votre taux d’équipement de 0,3 à 0,5 point, amélioré votre taux de rétention de 2 à 5 points, et généré 15 000 à 30 000 euros de commissions supplémentaires. Sans avoir dépensé un euro de publicité.

Se former pour mieux gérer son portefeuille

La gestion de portefeuille n’est pas une compétence innée. Elle s’apprend, se structure, et s’améliore avec le temps. La formation IAS 150h de FormaCourtage vous donne les fondamentaux du métier de courtier, y compris la gestion de la relation client, le devoir de conseil, et les stratégies de développement commercial. À 399 euros, c’est un investissement qui se rentabilise dès les premiers mois d’activité.

Pour les courtiers déjà en activité, les formations continues sur la gestion de portefeuille, le CRM, et les techniques de multi-équipement sont des investissements à fort retour. Chaque point de taux d’équipement gagné se traduit directement en commissions supplémentaires.

Équipe d'un cabinet de courtage en réunion de gestion de portefeuille

FAQ : gérer un portefeuille clients en courtage

À partir de combien de clients faut-il utiliser un CRM ?

Un CRM devient indispensable à partir de 100 clients environ. En dessous, un tableur bien structuré (Excel ou Google Sheets) peut suffire, à condition de le tenir à jour rigoureusement. Au-delà de 100 clients, le risque d’oublier des échéances, de perdre des informations, et de rater des opportunités de multi-équipement devient trop élevé. Les CRM spécialisés courtage coûtent entre 30 et 100 euros par mois, ce qui est largement rentabilisé par les contrats additionnels que vous signerez grâce à un meilleur suivi.

Quel est un bon taux de rétention en courtage ?

Un bon taux de rétention se situe au-dessus de 90 %. Les meilleurs courtiers atteignent 95 à 97 %. En dessous de 85 %, votre portefeuille se vide plus vite que vous ne le remplissez, ce qui rend la croissance très difficile. Le taux de rétention varie selon les produits : il est généralement plus faible en auto (80 à 85 %) et plus élevé en santé collective (92 à 97 %) et en assurance vie (95 à 98 %). Le taux global dépend donc de la composition de votre portefeuille.

Comment calculer la valeur de mon portefeuille pour une revente ?

La méthode standard est le multiple de commissions récurrentes annuelles. Le multiple varie de 1,5 à 5 fois selon la composition du portefeuille (IARD, santé, vie, prévoyance), le taux de rétention, le taux de multi-équipement, et la transférabilité des conventions de courtage. Un portefeuille mixte équilibré avec un bon taux de rétention se valorise généralement entre 2 et 3 fois les commissions annuelles. Faites évaluer votre portefeuille par un professionnel de la cession de cabinets pour obtenir une estimation précise.

Combien de produits par client faut-il viser ?

L’objectif est un taux d’équipement moyen de 2,5 à 3 produits par client. En dessous de 2, votre portefeuille est sous-exploité et vulnérable (un client mono-équipé part plus facilement qu’un client multi-équipé). Au-dessus de 3, vous êtes dans une situation excellente : vos clients sont fidèles, vos commissions sont élevées, et votre portefeuille a une forte valeur de revente. Chaque demi-point de taux d’équipement représente une augmentation significative de vos commissions récurrentes.

Le multi-équipement ne risque-t-il pas d’agacer mes clients ?

Non, à condition de le pratiquer comme un conseil et non comme une vente forcée. Un client qui vient de signer une assurance auto ne veut pas recevoir un appel commercial pour une mutuelle le lendemain. Mais le même client, trois mois plus tard, lors d’un bilan annuel, sera réceptif si vous lui dites : “J’ai remarqué que vous n’avez pas de prévoyance. Si vous êtes en arrêt plus de 90 jours, votre revenu tombe à zéro. Voulez-vous qu’on en parle ?” Le multi-équipement bien fait renforce la relation, parce qu’il montre que vous vous préoccupez de la situation globale du client.

Comment empêcher mes clients de partir à la concurrence sur le prix ?

La meilleure protection contre la guerre des prix est la relation. Un client qui a confiance en son courtier, qui se sent écouté, conseillé et suivi, ne partira pas pour 30 euros d’économie. Les actions concrètes : contactez vos clients régulièrement (pas seulement à l’échéance), accompagnez-les en cas de sinistre, informez-les des évolutions qui les concernent, et anticipez les augmentations de tarifs en proposant des alternatives avant que le client ne les découvre sur son avis d’échéance. La fidélisation se construit dans la durée, pas dans la dernière minute.

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