Beaucoup de personnes qui envisagent le courtage en assurance ne veulent pas quitter immédiatement leur emploi. La question revient sans cesse, est-il possible de tester l’activité, de se constituer une première clientèle et un premier revenu, tout en gardant la sécurité d’un salaire. La réponse est oui, et c’est même une façon prudente de démarrer. Voici ce que vous devez savoir avant de vous lancer.
Peut-on cumuler un emploi salarié et une activité de courtier en assurance ?
Sur le plan de la réglementation de l’assurance, rien ne l’interdit. Le statut de courtier en assurance n’exige aucune exclusivité. Vous pouvez donc être salarié dans un secteur quelconque et exercer, en parallèle, une activité de courtage en assurance sous votre propre immatriculation.
Ce cumul est très courant chez les personnes en reconversion. Il permet de construire une activité progressivement, sans renoncer d’un coup à la stabilité d’un salaire, et de vérifier que le métier vous convient avant d’en faire votre activité principale.
Quelles conditions devez-vous remplir pour exercer ?
Le fait d’exercer à temps partiel ne change rien aux obligations. Elles sont identiques à celles d’un courtier à temps plein.
Vous devez justifier de la capacité professionnelle IAS niveau 1, obtenue par une formation de 150 heures. Vous devez remplir la condition d’honorabilité, prouvée par un extrait de casier judiciaire compatible avec l’exercice. Vous devez vous immatriculer à l’ORIAS dans la catégorie correspondant à votre activité. Vous devez enfin souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle, et une garantie financière si vous encaissez des fonds pour le compte de vos clients.
Pour comprendre en détail ces étapes, consultez notre guide de l’inscription à l’ORIAS et notre article sur la RC pro du courtier.
Votre contrat de travail peut-il vous en empêcher ?
C’est ici que se situe le vrai point de vigilance, et il ne vient pas de la réglementation assurance mais de votre relation avec votre employeur actuel. Trois éléments de votre contrat de travail doivent être vérifiés.
La clause d’exclusivité vous interdit d’exercer toute autre activité professionnelle pendant la durée de votre contrat. Si elle figure dans votre contrat, vous devez obtenir l’accord de votre employeur ou attendre la fin de cette clause.
La clause de non-concurrence ne joue en principe qu’à la fin du contrat, mais soyez attentif à sa portée si votre emploi actuel touche au secteur de l’assurance ou de la finance.
Le devoir de loyauté s’impose à tout salarié, même sans clause spécifique. Il vous interdit notamment d’exercer une activité concurrente de celle de votre employeur ou de détourner sa clientèle. Tant que votre activité de courtage ne concurrence pas votre employeur, ce devoir n’est pas un obstacle.
Faut-il demander l’accord de votre employeur ?
En dehors d’une clause d’exclusivité, la loi ne vous oblige pas à demander une autorisation pour créer une activité indépendante à côté de votre emploi. Vous restez toutefois tenu au devoir de loyauté. Une règle particulière existe pour les agents publics, dont le cumul d’activités est plus encadré et suppose généralement une déclaration à leur administration.
Dans le doute, relisez votre contrat et, si nécessaire, sécurisez votre situation par un accord écrit avec votre employeur. Cette précaution évite tout litige ultérieur.
Quel statut juridique choisir pour démarrer en parallèle ?
Pour une activité de courtage exercée à côté d’un salaire, la micro-entreprise est le statut le plus souple. Elle offre une comptabilité allégée, des cotisations sociales calculées sur le chiffre d’affaires réellement encaissé, et une création rapide. Tant que votre activité démarre, vous ne payez de cotisations que sur ce que vous gagnez réellement.
Si votre activité se développe et que vos revenus de courtage augmentent, vous pourrez basculer vers une société, par exemple une SASU ou une EURL, mieux adaptée à des volumes plus importants. Pour choisir, lisez notre comparatif sur le statut du courtier en micro-entreprise.
Combien de temps faut-il y consacrer ?
Démarrer en parallèle suppose de dégager du temps de façon régulière, en soirée et le week-end au début. Les premiers mois servent à vous former, à obtenir votre immatriculation, puis à nouer des partenariats avec des compagnies et à constituer une première clientèle.
L’avantage de ce démarrage progressif est réel. Vous montez en compétence et en portefeuille sans pression financière immédiate, puisque votre salaire couvre vos charges personnelles. Beaucoup de courtiers installés ont commencé ainsi avant de passer à temps plein une fois leur activité suffisamment solide.
Et la question des revenus et des cotisations ?
Vos revenus de courtage s’ajoutent à votre salaire et sont soumis aux cotisations sociales de votre statut indépendant, ainsi qu’à l’impôt sur le revenu. Le cumul de deux sources de revenus a des conséquences sur votre imposition, qu’il est utile d’anticiper avec un expert-comptable dès que l’activité génère des commissions régulières. Pour un ordre de grandeur des revenus possibles, consultez notre article sur le salaire et les revenus du courtier.
Se former d’abord, se lancer ensuite
Que vous visiez le temps partiel ou le temps plein, la première étape reste la même, obtenir la capacité professionnelle IAS niveau 1. C’est elle qui conditionne votre immatriculation à l’ORIAS et donc votre droit d’exercer.
Notre formation IAS 150h est 100 % en ligne et se suit à votre rythme, ce qui la rend particulièrement adaptée à un projet mené en parallèle d’un emploi. Vous avancez le soir et le week-end, sans contrainte d’horaire, et vous obtenez l’attestation qui ouvre les portes du registre ORIAS. Découvrez le programme sur notre page formation IAS 150h.