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Femmes dans le courtage 2026

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Le jour où Samia a décidé de ne plus conseiller les produits des autres

Samia a 42 ans. Pendant douze ans, elle a été conseillère en assurance dans une agence générale à Marseille. Elle connaissait les contrats par cœur, gérait un portefeuille de 800 clients, signait régulièrement les meilleures performances de son agence. Mais son salaire n’a jamais dépassé 2 400 euros net. Quand elle a demandé une augmentation pour la troisième fois, son responsable lui a répondu : “Les grilles, c’est les grilles.”

En septembre 2024, elle a démissionné. En janvier 2025, elle a obtenu sa capacité professionnelle IAS niveau 1 après une formation de 150 heures. En mars 2025, elle s’est inscrite à l’ORIAS. En avril, elle a signé sa première convention de courtage. En décembre 2025, elle a facturé 73 000 euros de commissions. En 2026, elle est en passe de dépasser les 110 000 euros.

“Je n’ai rien inventé”, dit-elle. “Je fais exactement le même métier qu’avant. Sauf qu’aujourd’hui, je travaille pour moi. Et je gagne trois fois plus.”

L’histoire de Samia n’est pas isolée. Le courtage en assurance se féminise. Les chiffres le confirment, les parcours le démontrent, et le marché le réclame. Mais cette évolution reste trop lente, freinée par des mécanismes qui n’ont rien à voir avec la compétence. Cet article fait le point sur la place des femmes dans le courtage en 2026 : les données, les parcours, les atouts, les obstacles, et les leviers pour accélérer le mouvement.

Reunion professionnelle dans le courtage en assurance

Les chiffres : où en est la féminisation du courtage ?

Le courtage en France : un secteur encore masculin

Selon les données de l’ORIAS et les études de la profession publiées en 2025 et 2026, voici l’état des lieux :

Indicateur201820222026 (estimé)
Part des femmes parmi les courtiers inscrits à l’ORIAS (COA)22 %27 %32 %
Part des femmes parmi les mandataires (MIA)35 %38 %41 %
Part des femmes dirigeantes de cabinets de courtage14 %18 %23 %
Part des femmes dans le secteur de l’assurance (tous postes)60 %61 %62 %

Le contraste est frappant. Les femmes représentent plus de 60 % des effectifs du secteur de l’assurance au sens large (compagnies, mutuelles, agents, courtiers salariés). Mais elles ne représentent qu’un tiers des courtiers inscrits à l’ORIAS et moins d’un quart des dirigeantes de cabinets.

Une progression réelle mais insuffisante

La tendance est positive : la part des femmes parmi les courtiers inscrits a progressé de 10 points en huit ans (de 22 % en 2018 à 32 % en 2026). Soit environ 1,2 point par an. À ce rythme, la parité ne serait atteinte qu’en 2041.

Mais le rythme s’accélère. En 2024 et 2025, les nouvelles inscriptions féminines à l’ORIAS ont représenté 38 à 40 % des nouvelles inscriptions totales. Les femmes représentent donc une proportion croissante des nouveaux entrants dans le métier. Si cette tendance se maintient, la parité pourrait être atteinte plus tôt que prévu.

Les profils qui se lancent

Les femmes qui deviennent courtières en 2026 ne correspondent pas à un profil unique. Mais certaines tendances se dégagent des données de la profession :

  • Âge moyen au moment de la création : 38 ans (contre 35 ans pour les hommes)
  • Reconversion professionnelle : 65 % des femmes qui deviennent courtières viennent d’un autre secteur (contre 50 % des hommes)
  • Secteurs d’origine les plus fréquents : banque et assurance (35 %), commerce et relation client (20 %), santé et social (12 %), immobilier (10 %), autres (23 %)
  • Niveau de diplôme : 72 % ont un bac+2 ou plus (contre 58 % des hommes)
  • Mode de création : 55 % démarrent en micro-entreprise, 30 % créent une société, 15 % rejoignent un réseau ou un mandataire

Pour un guide complet sur la reconversion vers le courtage, consultez notre article sur la reconversion vers le courtage.

Pourquoi le courtage attire de plus en plus de femmes

Un métier de relation et de conseil

Le courtage en assurance est fondamentalement un métier de conseil et de relation humaine. Vous écoutez un client, vous comprenez sa situation, vous analysez ses besoins, vous comparez les offres du marché, vous recommandez la meilleure solution, vous l’accompagnez dans le temps. Ce sont des compétences relationnelles et analytiques dans lesquelles les femmes excellent, comme le montrent régulièrement les études sur les performances commerciales.

Les statistiques de la profession le confirment : les courtières affichent en moyenne un taux de rétention clients supérieur de 5 à 8 points par rapport à leurs homologues masculins. Elles signent moins de contrats en première année, mais leurs clients restent plus longtemps. Sur une période de cinq ans, le revenu cumulé par client est équivalent, voire supérieur.

La flexibilité de l’entrepreneuriat

Le courtage en assurance offre une flexibilité que peu de métiers salariés permettent. Vous choisissez vos horaires, votre lieu de travail, vos clients, votre rythme. Cette flexibilité est un facteur d’attraction majeur pour les femmes, notamment celles qui ont des enfants.

Ce n’est pas une question de “conciliation vie professionnelle-vie personnelle” au sens où l’entend le discours corporate. C’est une question de liberté. La possibilité de travailler de chez soi le matin, de voir un client à 14 heures, de gérer un sinistre au téléphone à 16 heures, et d’être disponible pour ses enfants à 17 heures. Ou de travailler 10 heures par jour six jours sur sept si c’est ce que vous voulez. Le courtage permet les deux.

Un plafond de verre qui n’existe pas

Dans une agence générale ou une compagnie d’assurance, la progression de carrière dépend de la hiérarchie, des grilles salariales, et de mécanismes de promotion où les femmes sont systématiquement désavantagées. Les chiffres sont sans appel : dans les compagnies d’assurance en France, les femmes occupent 60 % des postes, mais seulement 25 % des postes de direction.

En courtage, il n’y a pas de plafond de verre. Votre revenu dépend directement de votre portefeuille, de vos compétences, et de votre travail. Personne ne décide à votre place si vous méritez une augmentation. Chaque contrat signé, chaque client fidélisé, chaque renouvellement génère une commission qui vous revient intégralement.

Un investissement initial accessible

Créer un cabinet de courtage ne nécessite pas un capital important. Les principaux coûts sont la formation (399 euros pour la formation IAS 150h de FormaCourtage), l’inscription à l’ORIAS (environ 250 euros), la RC professionnelle (500 à 2 000 euros/an), et éventuellement la garantie financière si vous encaissez les primes. Vous pouvez démarrer en micro-entreprise, à domicile, pour moins de 2 000 euros d’investissement initial.

Cette accessibilité est un facteur important pour les femmes en reconversion, qui ont souvent moins d’épargne disponible que les hommes pour créer une entreprise (l’écart salarial moyen entre hommes et femmes en France était encore de 14,9 % en 2025 selon l’INSEE).

Parcours et témoignages : des courtières racontent

Karine, 47 ans, ancienne infirmière libérale, courtière spécialisée santé

“J’ai été infirmière pendant vingt ans. J’adorais le soin, mais le rythme était devenu insoutenable. Les gardes, les nuits, les week-ends. À 45 ans, mon corps m’a dit stop. J’ai cherché une reconversion où mes compétences en santé seraient un atout, pas un handicap. Le courtage en assurance santé s’est imposé comme une évidence.”

“Aujourd’hui, je suis spécialisée en complémentaire santé pour les professionnels de santé libéraux. Je connais leurs contraintes, leurs besoins spécifiques, les risques de leur activité. Quand je parle avec un médecin ou une sage-femme, je ne leur récite pas une plaquette. Je comprends ce qu’ils vivent. Ça fait une différence énorme.”

“Mon chiffre d’affaires en 2026 est de 85 000 euros, principalement en santé et prévoyance. J’ai 320 clients, dont 90 % de professionnels de santé. Mon taux de rétention est de 94 %.”

Fatima, 36 ans, ancienne commerciale automobile, courtière généraliste

“J’ai vendu des voitures pendant huit ans. J’étais bonne. Mais à 34 ans, j’ai fait le calcul : avec les horaires du samedi, les objectifs mensuels, et le salaire qui plafonnait à 2 800 euros, j’allais faire la même chose pendant trente ans. J’ai demandé à un ami courtier combien il gagnait. Quand il m’a dit le chiffre, j’ai cru qu’il exagérait.”

“J’ai suivi la formation IAS 150h en trois mois, le soir et le week-end. En parallèle, j’ai constitué mon dossier ORIAS. Deux mois après la fin de ma formation, j’étais inscrite et j’avais signé trois conventions de courtage. J’ai commencé par l’assurance auto, parce que c’était mon univers. Puis j’ai élargi à l’habitation, puis à la santé.”

“Première année : 38 000 euros de commissions. Deuxième année : 72 000 euros. L’année n’est pas finie, mais je suis déjà à 95 000 euros. Et je travaille de chez moi, sans patron, sans grille salariale.”

Claire, 51 ans, ancienne directrice d’agence bancaire, courtière en assurance de prêt

“Après vingt-cinq ans dans la banque, j’ai été licenciée dans le cadre d’un plan social. À 49 ans, avec un profil de directrice d’agence, les offres d’emploi étaient rares. J’ai décidé de capitaliser sur mon expertise en crédit immobilier et en assurance emprunteur.”

“Le courtage en assurance de prêt, c’est un métier où la compétence technique fait la différence. Avec la loi Lemoine, les clients peuvent changer d’assurance emprunteur à tout moment. Il y a un marché énorme de contrats à renégocier. Je travaille avec des courtiers en crédit qui me transmettent des dossiers, et je traite aussi des clients en direct via mon site web.”

“En 2026, je gère un portefeuille de 450 contrats d’assurance emprunteur. Les commissions sont récurrentes : chaque contrat me génère des revenus pendant toute la durée du prêt. Mon revenu est stable et prévisible, ce qui était ma priorité après le choc du licenciement.”

Pour comprendre comment devenir courtier en assurance, consultez notre guide complet sur comment devenir courtier en assurance.

Les obstacles qui persistent

La progression est réelle, mais des freins subsistent. Les identifier est le premier pas pour les lever.

L’autocensure et le syndrome de l’imposteur

C’est l’obstacle le plus cité par les courtières interrogées. Avant de se lancer, beaucoup de femmes s’interrogent sur leur légitimité : “Est-ce que je suis assez compétente ?”, “Est-ce que je connais assez bien les produits ?”, “Est-ce que les clients vont me prendre au sérieux ?”. Ces questions, les hommes se les posent aussi, mais moins souvent et avec moins d’intensité.

Le résultat : les femmes attendent plus longtemps avant de se lancer (38 ans en moyenne contre 35 ans pour les hommes), elles se forment davantage avant de démarrer (ce qui est une bonne chose en soi, mais qui retarde le lancement), et elles fixent des objectifs de revenus initiaux plus prudents.

Ce que disent les chiffres : une fois lancées, les courtières atteignent des niveaux de revenus équivalents à ceux de leurs homologues masculins en trois à cinq ans. L’écart initial se comble rapidement grâce à un taux de fidélisation clients supérieur.

Le réseau professionnel initial

Le courtage est un métier de réseau. Pour obtenir vos premières conventions de courtage avec les compagnies, pour trouver vos premiers clients, pour échanger sur les bonnes pratiques, vous avez besoin d’un réseau professionnel. Or, les réseaux traditionnels du courtage (syndicats, associations, clubs d’affaires) sont historiquement masculins.

Les femmes qui arrivent dans le métier partent souvent avec un réseau professionnel plus restreint dans le secteur de l’assurance. Cela ne signifie pas qu’elles n’ont pas de réseau, mais qu’il est souvent dans un autre secteur (leur métier précédent). Il faut du temps pour construire un nouveau réseau, et ce temps a un coût en termes de développement commercial.

Le financement et l’accès au crédit

Les études montrent que les femmes entrepreneures obtiennent en moyenne des prêts bancaires 30 % inférieurs à ceux accordés aux hommes, à projet équivalent. Cet écart est partiellement expliqué par la différence de capital initial et de patrimoine, mais il reflète aussi des biais dans l’évaluation du risque par les banques.

Pour un cabinet de courtage, le besoin en financement initial est faible (1 500 à 5 000 euros). Mais pour les projets plus ambitieux (rachat de portefeuille, embauche, investissement dans des locaux), l’accès au financement reste un frein disproportionnément ressenti par les femmes.

Le regard des clients

C’est un sujet délicat, mais réel. Certains clients, notamment en assurance professionnelle et en courtage B2B, manifestent encore des réticences face à une courtière. Les témoignages sont nombreux : “Il m’a demandé si je pouvais lui passer le patron”, “Il a voulu vérifier mes chiffres avec un collègue masculin”, “Il m’a dit qu’il préférait traiter avec quelqu’un qui avait de l’expérience” (alors qu’elle en avait plus que n’importe qui dans la pièce).

Ces situations existent. Elles sont minoritaires, et elles diminuent année après année. Mais elles ont un impact psychologique disproportionné, surtout en début d’activité. La meilleure réponse est la compétence : un client qui obtient le meilleur contrat au meilleur prix grâce à vous ne se soucie plus de votre genre au bout du deuxième rendez-vous.

La charge mentale entrepreneuriale

Créer et gérer un cabinet de courtage, c’est être à la fois commercial, conseiller, gestionnaire, comptable, communicant. Quand vous ajoutez à cela la charge mentale domestique et parentale, qui reste inégalement répartie en France (les femmes assurent encore 72 % des tâches domestiques selon l’INSEE), la charge totale peut devenir écrasante.

Ce n’est pas un problème spécifique au courtage. C’est un problème structurel de la société française. Mais il affecte particulièrement les femmes entrepreneures, qui n’ont pas les filets de sécurité du salariat (congé maternité indemnisé, RTT, horaires encadrés).

Les réseaux et dispositifs d’accompagnement

Heureusement, l’écosystème se structure pour accompagner les femmes dans l’entrepreneuriat et le courtage.

Réseaux féminins dans l’assurance

Plusieurs réseaux fédèrent les femmes du secteur de l’assurance et du courtage :

  • Femmes en Assurance (FEA) : réseau professionnel créé en 2019 qui réunit des professionnelles de l’assurance (compagnies, courtage, agents). Événements, mentorat, formations
  • Assurelles : réseau informel de courtières qui organisent des rencontres régionales et partagent des bonnes pratiques sur un groupe privé
  • Les Premières : incubateur national dédié aux femmes entrepreneures, avec des programmes spécifiques pour les professions réglementées
  • Réseau Entreprendre au Féminin : accompagnement et prêt d’honneur pour les créatrices d’entreprise (y compris courtage)

Aides financières spécifiques

Plusieurs dispositifs ciblent spécifiquement les femmes créatrices d’entreprise :

DispositifMontantConditions
Garantie Égalité Femmes (ex-FGIF)Garantie de prêt jusqu’à 50 000 eurosFemmes créatrices ou repreneuses d’entreprise
Prêt d’honneur Initiative France3 000 à 50 000 euros (prêt à taux zéro)Projet de création ou reprise viable
ACRE (Aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise)Exonération partielle de cotisations sociales pendant 1 anDemandeurs d’emploi, bénéficiaires RSA, etc.
Bourse French Tech TremplinJusqu’à 42 000 euros de subventionEntrepreneurs issus de la diversité (dont femmes de quartiers prioritaires)

Mentorat et accompagnement

Le mentorat est un levier puissant pour accélérer le développement d’un cabinet. Avoir une courtière expérimentée comme mentore permet de bénéficier de son réseau, de ses erreurs, de ses conseils opérationnels. Plusieurs programmes de mentorat existent dans le secteur :

  • Les syndicats professionnels (Planète CSCA, AGEA) proposent des programmes de parrainage pour les nouveaux courtiers
  • Les réseaux de courtage (mandataires, grossistes) organisent des sessions de mentorat collectif
  • Des plateformes génériques comme “Mentorshow” ou “Startup Mentors France” proposent un accompagnement individuel

Les spécialisations où les femmes performent particulièrement bien

Les données de la profession montrent que certaines spécialisations concentrent une proportion plus élevée de courtières, souvent avec d’excellents résultats.

Santé et prévoyance

Les femmes représentent environ 45 % des courtiers spécialisés en santé et prévoyance, contre 32 % en moyenne dans le courtage. La dimension humaine de ces produits (protéger la famille, anticiper les accidents de la vie, accompagner dans la maladie) correspond à des compétences relationnelles où les courtières excellent.

Les courtières spécialisées en santé affichent en moyenne un taux de multi-équipement supérieur de 12 % à celui de leurs homologues masculins. Elles proposent plus systématiquement des garanties prévoyance en complément de la complémentaire santé.

Assurance de personnes et patrimoine

Le conseil patrimonial nécessite une écoute approfondie, une capacité à comprendre les situations familiales complexes, et une aptitude à expliquer des mécanismes techniques (assurance vie, PER, succession) en termes simples. Autant de compétences où les courtières excellent régulièrement dans les enquêtes de satisfaction client.

Courtage digital et courtage à distance

Le courtage digital (prospection en ligne, visioconférence, signature électronique) attire une proportion croissante de femmes. La possibilité de travailler intégralement à distance supprime les contraintes géographiques et horaires qui freinent certaines femmes dans le courtage traditionnel.

Les courtières digitales représentent environ 42 % des courtiers qui opèrent principalement en ligne, soit 10 points de plus que la moyenne du courtage.

Ce que le secteur peut faire pour accélérer la féminisation

Visibiliser les modèles

Le premier levier est la représentation. Quand une femme envisage de devenir courtière, elle cherche des modèles. Si les seuls visages qu’elle voit dans les conférences, les magazines professionnels, et les réseaux sociaux du courtage sont masculins, le message implicite est clair : “Ce n’est pas pour vous.”

Les syndicats professionnels, les réseaux de courtage, les organismes de formation, et les médias spécialisés ont une responsabilité : mettre en avant les courtières qui réussissent, non pas comme des exceptions remarquables, mais comme des professionnelles parmi d’autres.

Adapter les programmes de formation

Les formations au courtage (y compris la formation IAS 150h) doivent inclure des modules sur l’entrepreneuriat féminin : les dispositifs d’aide spécifiques, les réseaux de soutien, les stratégies pour surmonter les biais. Pas comme un sujet à part, mais comme un élément intégré du parcours.

Chez FormaCourtage, nous faisons le choix d’intégrer ces éléments dans nos modules de création de cabinet et de développement commercial. Parce que former des courtiers, c’est aussi former des entrepreneurs. Et que l’entrepreneuriat ne peut pas ignorer la réalité des inégalités de genre.

Faciliter le congé maternité des courtières TNS

Le congé maternité des travailleuses non salariées reste un sujet difficile. L’indemnité journalière versée par la Sécurité Sociale des Indépendants est d’environ 60 euros par jour (soit environ 1 800 euros par mois), ce qui est insuffisant pour de nombreuses courtières. Surtout, l’absence d’activité pendant deux à trois mois se traduit par une perte de commissions de renouvellement et une érosion du portefeuille.

Des solutions existent mais sont peu connues :

  • Souscrire une prévoyance TNS Madelin avec des indemnités journalières complémentaires en cas de maternité
  • Préparer un “tampon de trésorerie” avant la maternité (six mois de charges fixes)
  • Déléguer la gestion du portefeuille à un collègue courtier pendant l’absence (avec un accord écrit)
  • Négocier avec les compagnies partenaires pour éviter la perte des conventions en cas d’inactivité temporaire

Combattre les biais inconscients

Les biais inconscients sont partout : dans les entretiens avec les compagnies partenaires, dans les clubs d’affaires, dans les rendez-vous clients. Les combattre commence par les identifier. Des formations aux biais inconscients existent pour les équipes dirigeantes des compagnies d’assurance et des réseaux de courtage. Elles sont encore trop rares.

Perspectives : le courtage féminin en 2030

Les tendances actuelles permettent de tracer quelques projections :

Indicateur20262030 (projection)
Part des femmes parmi les courtiers (COA)32 %40 à 42 %
Part des femmes dirigeantes de cabinets23 %30 à 33 %
Part des nouvelles inscriptions féminines ORIAS40 %45 à 48 %
Revenu moyen des courtières vs courtiers87 %92 à 95 %

La parité n’est pas encore atteinte, mais la dynamique est claire. Le courtage en assurance offre aux femmes un cadre où la compétence prime sur le genre, où la flexibilité permet de concilier vie professionnelle et vie personnelle, et où les revenus sont directement liés à la valeur créée.

Pour les femmes qui envisagent cette voie, le marché n’a jamais été aussi favorable. La demande de conseil en assurance augmente, les barrières à l’entrée diminuent, et les réseaux de soutien se structurent. Le courtage recrute. Et il a besoin de toutes les compétences disponibles, sans distinction de genre.

Pour découvrir les chiffres du marché du courtage et les opportunités actuelles, consultez notre article sur le marché du courtage en chiffres en 2026.

Etudiante en formation e-learning pour devenir courtiere

Passer à l’action : les étapes concrètes

Si vous êtes une femme et que cet article vous a convaincue que le courtage est une voie crédible, voici les étapes concrètes pour vous lancer :

  1. Validez votre projet : renseignez-vous sur le métier, rencontrez des courtiers et des courtières en activité, évaluez votre motivation
  2. Obtenez votre capacité professionnelle : la formation IAS 150h de FormaCourtage est accessible à distance, à votre rythme, pour 399 euros. Elle vous donne le niveau IAS 1, le plus complet
  3. Inscrivez-vous à l’ORIAS : l’Organisme pour le Registre unique des Intermédiaires en Assurance, banque et finance
  4. Souscrivez votre RC professionnelle : obligatoire pour exercer
  5. Signez vos premières conventions de courtage : auprès des compagnies d’assurance qui vous intéressent
  6. Rejoignez un réseau : réseau féminin, syndicat professionnel, ou réseau de courtage
  7. Lancez-vous : trouvez vos premiers clients et construisez votre portefeuille

Le courtage n’attend pas que vous soyez parfaite. Il attend que vous soyez compétente et déterminée. Et ça, ça ne dépend que de vous.

FAQ : femmes dans le courtage en assurance

Le courtage en assurance est-il un métier adapté aux femmes ?

Le courtage en assurance n’est pas un “métier d’homme” ni un “métier de femme”. C’est un métier de compétence, de relation et de conseil. Les femmes qui exercent le courtage obtiennent des résultats équivalents, voire supérieurs, à ceux de leurs homologues masculins, notamment en termes de fidélisation clients. Le métier offre une flexibilité horaire et géographique qui convient à de nombreuses situations personnelles. En 2026, 32 % des courtiers inscrits à l’ORIAS sont des femmes, et cette proportion augmente chaque année.

Quels sont les revenus d’une courtière en assurance ?

Les revenus d’une courtière sont identiques à ceux d’un courtier : ils dépendent du portefeuille, de la spécialisation, et du volume d’affaires. En moyenne, une courtière généraliste gagne entre 35 000 et 55 000 euros la première année, entre 50 000 et 80 000 euros la deuxième année, et peut dépasser 100 000 euros à partir de la troisième année. Les courtières spécialisées (santé, prévoyance, patrimoine) atteignent souvent des niveaux supérieurs. L’écart de revenus entre courtières et courtiers est de 13 % en 2026 (87 % du revenu moyen masculin), mais il se réduit chaque année.

Existe-t-il des aides financières pour les femmes qui créent un cabinet de courtage ?

Oui. La Garantie Égalité Femmes (ex-FGIF) garantit jusqu’à 50 000 euros de prêt bancaire pour les créatrices d’entreprise. Les prêts d’honneur d’Initiative France (3 000 à 50 000 euros à taux zéro) sont accessibles à toutes les créatrices. L’ACRE offre une exonération partielle de cotisations sociales la première année. Des bourses spécifiques (French Tech Tremplin) ciblent les entrepreneuses issues de la diversité. Par ailleurs, la formation IAS 150h est finançable par le CPF, Pôle Emploi, ou les OPCO.

Comment concilier maternité et courtage en assurance ?

Le congé maternité des travailleuses non salariées donne droit à des indemnités journalières d’environ 60 euros/jour versées par la Sécurité Sociale des Indépendants. Pour compléter cette indemnisation, il est recommandé de souscrire une prévoyance TNS avec des garanties maternité, de constituer un tampon de trésorerie de six mois avant l’arrêt, et d’organiser la délégation de votre portefeuille à un collègue courtier pendant l’absence. Le courtage à distance facilite aussi la reprise progressive de l’activité après l’accouchement.

Quelles spécialisations sont les plus porteuses pour les courtières ?

Les courtières performent particulièrement bien dans la santé et la prévoyance (45 % de femmes parmi les spécialistes), l’assurance de personnes et le conseil patrimonial, et le courtage digital. Ces spécialisations valorisent les compétences relationnelles, l’écoute et la capacité à expliquer des mécanismes complexes en termes accessibles. Les marges de commissions y sont généralement supérieures aux produits IARD (auto, habitation), ce qui compense un volume de contrats parfois inférieur.

Comment trouver un réseau de courtières pour être accompagnée ?

Plusieurs réseaux fédèrent les femmes de l’assurance et du courtage : Femmes en Assurance (FEA), Assurelles, Les Premières (incubateur national), Réseau Entreprendre au Féminin. Les syndicats professionnels (Planète CSCA, AGEA) proposent aussi des programmes de parrainage ouverts à tous. Sur LinkedIn, des groupes dédiés aux femmes dans l’assurance réunissent plusieurs milliers de membres. N’hésitez pas à contacter directement des courtières en activité dans votre région : la solidarité professionnelle est forte dans ce métier.

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