Le choix qui détermine toute votre carrière
Nadia, 34 ans, ex-commerciale dans l’automobile, veut se lancer dans le courtage en assurance. Elle a passé trois semaines à chercher des informations en ligne. Elle a lu des dizaines de pages sur la formation IAS. Et elle est plus confuse qu’au départ. Niveau 1, niveau 2, niveau 3 : elle pense que c’est une question de difficulté. Que le niveau 1 est le plus facile, le 3 le plus avancé. Qu’il faut commencer par le bas et monter progressivement.

Nadia se trompe. Et elle n’est pas la seule. C’est l’erreur la plus répandue chez les personnes qui découvrent le secteur de l’intermédiaire en assurance. Les niveaux IAS ne sont pas des échelons de compétence. Ce ne sont pas des grades à gravir. Ce sont des catégories professionnelles qui correspondent à des statuts juridiques distincts, définis par la loi.
Soyons clairs dès le départ : le niveau IAS que vous choisissez ne détermine pas votre “niveau” de compétence. Il détermine votre statut professionnel, votre degré d’autonomie, votre rapport aux compagnies d’assurance, et la trajectoire de toute votre carrière. Choisir le mauvais niveau, c’est partir dans la mauvaise direction. Et corriger le tir en cours de route, c’est perdre du temps et de l’argent.
Cet article vous donne toutes les clés pour comprendre les différences entre les niveaux IAS 1, 2 et 3, et faire le bon choix en connaissance de cause.
Le cadre légal : d’où viennent ces niveaux ?
Avant de comparer les niveaux, il faut comprendre d’où ils viennent. Les niveaux IAS ne sont pas une invention des organismes de formation. Ils sont définis par la réglementation française, et plus précisément par l’arrêté du 26 septembre 2018 (référence ECOT1818066A), pris en application du Code des assurances.
Cet arrêté fixe les conditions de capacité professionnelle exigées pour exercer l’activité d’intermédiaire en assurance (IAS). Il définit trois niveaux de formation, chacun correspondant à une ou plusieurs catégories d’intermédiaires inscrites au registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance (ORIAS).
Les quatre catégories d’intermédiaires définies par l’article R511-2 du Code des assurances sont :
- COA : courtier en assurance ou en réassurance
- AGA : agent général d’assurance
- MIA : mandataire d’intermédiaire en assurance
- MA : mandataire d’assurance
Chaque catégorie est associée à un niveau de formation minimum. Le niveau 1 est requis pour les courtiers (COA). Le niveau 2 pour les agents généraux (AGA). Le niveau 3 pour les mandataires (MIA et MA). C’est une question de statut juridique, pas de compétence.
La directive européenne sur la distribution d’assurance (DDA), transposée en droit français en 2018, est venue renforcer ce cadre en imposant une obligation de formation continue de 15 heures par an pour tous les intermédiaires, quel que soit leur niveau. Nous y reviendrons.
Pour une vue d’ensemble du cadre réglementaire et des obligations de chaque statut, consultez notre comparatif détaillé entre courtier, agent général et mandataire.
IAS Niveau 1 : le statut du courtier indépendant
Le niveau 1 est le niveau requis pour exercer en tant que courtier en assurance (catégorie COA au registre ORIAS). C’est le statut le plus autonome de la distribution d’assurance.
Ce que le niveau 1 permet
Le courtier est un intermédiaire qui agit pour le compte de ses clients. Il n’est lié à aucune compagnie d’assurance par un contrat d’exclusivité. Il signe des conventions de courtage avec les assureurs de son choix, compare les offres du marché, et recommande les solutions les plus adaptées aux besoins de chaque client.
Concrètement, avec un niveau 1, vous pouvez :
- Créer votre propre cabinet de courtage en assurance
- Signer des conventions de courtage avec autant d’assureurs que vous le souhaitez
- Constituer votre propre portefeuille clients, qui vous appartient et prend de la valeur
- Distribuer tous les types de produits d’assurance : IARD, santé, prévoyance, assurance vie, retraite, protection juridique, etc.
- Mandater des collaborateurs (MIA) qui travaillent sous votre responsabilité
- Exercer sur l’ensemble du territoire national, sans restriction géographique
- Fixer librement votre stratégie commerciale, vos tarifs de conseil et vos spécialisations
Le courtier est un entrepreneur. Son portefeuille lui appartient. Sa valorisation augmente avec le temps. C’est un actif patrimonial qui peut être revendu au moment de la cessation d’activité, généralement à hauteur de 2 à 3 fois le montant des commissions annuelles récurrentes.
Les obligations associées au niveau 1
L’autonomie du courtier s’accompagne d’obligations proportionnelles :
- Formation IAS de 150 heures (programme complet des 5 UV)
- Inscription ORIAS en catégorie COA (frais annuels d’environ 25 euros)
- Assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro) obligatoire, avec un montant minimum de couverture de 1 500 000 euros par sinistre et 2 000 000 euros par année
- Garantie financière d’un montant minimum de 115 000 euros, obligatoire si vous encaissez des fonds destinés à être versés à un assureur ou à un assuré
- Formation continue DDA de 15 heures par an minimum
- Respect du devoir de conseil et des obligations d’information préalable prévues par le Code des assurances
Pour un guide étape par étape sur la création d’un cabinet de courtage, consultez notre article Comment devenir courtier en assurance.
Le profil type du futur courtier
Le courtage attire des profils très divers, mais avec des traits communs : goût de l’entrepreneuriat, aisance commerciale, volonté de construire quelque chose à son nom. On y retrouve beaucoup de commerciaux en reconversion (automobile, immobilier, banque), d’anciens salariés de compagnies d’assurance qui veulent prendre leur indépendance, et de jeunes diplômés qui préfèrent l’entrepreneuriat au salariat.
Revenons à Nadia. Elle a un profil commercial solide, 10 ans d’expérience en négociation, et elle veut être son propre patron. Le niveau 1 est fait pour elle. Pas parce que c’est “le plus dur”, mais parce que c’est le statut qui correspond à son projet professionnel : l’indépendance totale.
IAS Niveau 2 : le statut de l’agent général
Le niveau 2 est le niveau requis pour exercer en tant qu’agent général d’assurance (catégorie AGA au registre ORIAS). C’est un statut très différent du courtage, même si la formation initiale couvre le même volume horaire.
Ce que le niveau 2 permet
L’agent général représente une seule compagnie d’assurance. Il est lié à son mandant par un traité de nomination qui définit son secteur géographique, les produits qu’il peut distribuer, ses objectifs de production et ses conditions de rémunération. Contrairement au courtier qui agit pour le client, l’agent général agit pour l’assureur.
Avec un niveau 2, vous pouvez :
- Exercer comme agent général pour une compagnie d’assurance
- Bénéficier d’un portefeuille existant au démarrage (cession du portefeuille par l’agent sortant)
- Distribuer les produits de votre compagnie mandante
- Accéder à la marque, aux outils informatiques et au support technique de la compagnie
- Bénéficier d’une couverture RC Pro et garantie financière par votre mandant
Les différences clés avec le niveau 1
La différence fondamentale est l’indépendance. L’agent général est lié à une compagnie. Le courtier est libre. Voici les conséquences concrètes de cette différence :
- Exclusivité : l’agent général distribue quasi exclusivement les produits de sa compagnie (sauf dérogation pour les risques non couverts). Le courtier compare le marché entier.
- Propriété du portefeuille : l’agent général bénéficie d’un droit de présentation de sa clientèle, mais le portefeuille appartient juridiquement à la compagnie. Le portefeuille du courtier lui appartient en pleine propriété.
- Investissement initial : l’agent général doit généralement acheter un droit de présentation (souvent entre 50 000 et 300 000 euros). Le courtier démarre avec un investissement bien plus faible (quelques milliers d’euros pour la RC Pro, la garantie financière et les premiers frais de fonctionnement).
- Cadre de travail : l’agent général évolue dans un cadre structuré, avec des objectifs et un reporting à la compagnie. Le courtier est totalement libre de sa stratégie.
- Rémunération : les commissions de l’agent général sont fixées par le traité de nomination. Le courtier négocie ses commissions directement avec chaque assureur.
Le profil type de l’agent général
L’agence générale convient aux personnes qui recherchent un cadre plus sécurisant, qui disposent d’un capital de départ significatif, et qui sont à l’aise avec l’idée de représenter une seule marque. C’est un modèle qui offre une stabilité supérieure au courtage, en contrepartie d’une liberté moindre.
C’est aussi un statut en évolution. Depuis plusieurs années, le nombre d’agents généraux diminue en France, les compagnies regroupant les portefeuilles et favorisant des agences plus grandes. Le métier reste viable, mais la tendance de fond est à la consolidation.
IAS Niveau 3 : le statut du mandataire
Le niveau 3 est le niveau requis pour exercer en tant que mandataire d’intermédiaire en assurance (MIA) ou mandataire d’assurance (MA). C’est le statut qui offre le moins d’autonomie, mais aussi celui qui est le plus accessible en termes de conditions de démarrage.
Ce que le niveau 3 permet
Le mandataire travaille sous la responsabilité d’un autre intermédiaire (courtier pour le MIA) ou d’une compagnie d’assurance (pour le MA). Il distribue des produits d’assurance dans le cadre d’un mandat qui définit le périmètre de son activité.
Avec un niveau 3, vous pouvez :
- Exercer comme collaborateur indépendant d’un courtier (statut MIA)
- Distribuer les produits d’assurance des partenaires de votre mandant
- Démarrer votre activité sans RC Pro ni garantie financière propres (couvertes par le mandant)
- Vous former au métier de terrain avant, éventuellement, de devenir courtier
- Percevoir un pourcentage des commissions générées (généralement entre 50% et 80%, selon les accords avec votre mandant)
Les limites du niveau 3
Le mandataire n’est pas indépendant. Voici les contraintes principales :
- Pas de portefeuille propre : les clients appartiennent au mandant, pas au mandataire. Si vous quittez votre mandant, vous repartez sans portefeuille.
- Périmètre limité : vous ne pouvez distribuer que les produits autorisés par votre mandant, dans les conditions qu’il définit.
- Dépendance commerciale : votre activité dépend entièrement de la qualité des produits, des outils et du support fournis par votre mandant.
- Pas de valorisation patrimoniale : contrairement au courtier qui construit un actif revendable, le mandataire ne capitalise pas sur son travail de la même manière.
Le niveau 3 comme tremplin
Beaucoup de professionnels utilisent le statut de mandataire comme une étape avant de devenir courtier. C’est une approche pragmatique : vous apprenez le métier sur le terrain, vous générez des revenus, et vous préparez votre transition vers le courtage. Le jour où vous vous sentez prêt, vous passez le niveau 1 et vous créez votre propre cabinet.
C’est d’ailleurs une trajectoire courante. Plusieurs courtiers établis ont commencé comme mandataires pendant un ou deux ans avant de se lancer en indépendant. Le niveau 3 n’est pas une impasse, c’est un point de départ possible.
Cela dit, si vous savez dès le départ que votre objectif est le courtage indépendant, il est plus efficace de passer directement le niveau 1. La formation couvre le même programme et le même nombre d’heures. Autant viser le bon statut dès le début.
Le programme de formation : identique pour les 3 niveaux
C’est l’un des points qui crée le plus de confusion. Les trois niveaux IAS (1, 2 et 3) exigent le même volume de formation : 150 heures. Et le programme est le même. Il est structuré en 5 unités de valeur (UV), définies par l’arrêté du 26 septembre 2018.
Voici le détail :
| Unité de valeur | Intitulé | Durée |
|---|---|---|
| UV1 | Savoirs généraux (droit, cadre juridique, déontologie) | 56 heures |
| UV2 | Assurances de personnes, prévoyance et santé | 24 heures |
| UV3 | Assurance vie et capitalisation | 24 heures |
| UV4 | Contrats collectifs | 16 heures |
| UV5 | Assurances de biens et de responsabilité | 30 heures |
| Total | 150 heures |
UV1 : Savoirs généraux (56 heures)
C’est le socle de la formation. Plus d’un tiers du volume horaire total. Cette unité couvre l’ensemble du cadre juridique, réglementaire et éthique de l’intermédiaire en assurance.
Les thèmes principaux :
- Les principes fondamentaux du droit des assurances : formation du contrat, exécution, sinistre, résiliation
- Le cadre juridique de la distribution d’assurance et la directive DDA (2016/97/UE)
- Les obligations d’information et le devoir de conseil (articles L521-1 et suivants du Code des assurances)
- La protection du consommateur : réclamations, médiation, ACPR
- La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT), conformément aux obligations prévues par le Code monétaire et financier
- Les règles de gouvernance et de surveillance des produits (POG, Product Oversight and Governance)
- La fiscalité applicable aux produits d’assurance
- Les notions de base en gestion de patrimoine et en finance
- La déontologie et l’éthique professionnelle de l’intermédiaire
Cette UV est dense, mais elle est absolument fondamentale. C’est elle qui vous donne le réflexe juridique nécessaire pour exercer : savoir ce que vous pouvez faire, ce que vous devez faire, et ce qui est interdit. Un intermédiaire qui ne maîtrise pas le cadre légal s’expose à des sanctions de l’ACPR, à des recours clients, et à la radiation de l’ORIAS.
UV2 : Assurances de personnes, prévoyance et santé (24 heures)
Cette unité couvre les produits d’assurance destinés à protéger les personnes contre les risques de la vie : décès, incapacité de travail, invalidité, frais de santé.
Les thèmes principaux :
- Les contrats de prévoyance individuelle : temporaire décès, garantie des accidents de la vie (GAV), indemnités journalières
- Les contrats de complémentaire santé : individuelle et collective, contrat responsable
- La protection sociale obligatoire : régime général de la Sécurité sociale, régime des indépendants (SSI)
- Les mécanismes de tarification : tables de mortalité, questionnaires médicaux, sélection du risque
- Les garanties, exclusions et limites courantes dans les contrats de prévoyance
- Le conseil adapté selon la situation familiale, professionnelle et financière du client
C’est une UV à fort enjeu commercial. La prévoyance et la santé représentent une part importante de l’activité de la plupart des courtiers. C’est aussi un domaine où le devoir de conseil est particulièrement critique : une mauvaise couverture prévoyance peut avoir des conséquences dramatiques pour un client et sa famille.
UV3 : Assurance vie et capitalisation (24 heures)
L’assurance vie est le placement préféré des Français, avec plus de 1 900 milliards d’euros d’encours. Cette unité vous donne les compétences pour distribuer ces produits en conformité avec la réglementation.
Les thèmes principaux :
- Les différents types de contrats d’assurance vie : monosupport (fonds en euros), multisupport (unités de compte), euro-croissance
- Les contrats de capitalisation et leur spécificité fiscale
- La fiscalité de l’assurance vie : pendant la vie du contrat (rachats partiels, avances) et en cas de décès (article 990 I et 757 B du CGI)
- L’épargne retraite : PER individuel, PER d’entreprise collectif (PERECO), PER d’entreprise obligatoire (PERO)
- Les anciens dispositifs : PERP, contrats Madelin, article 83, PERCO
- Les obligations d’information spécifiques à l’assurance vie : DIC (Document d’Information Clé), rapport annuel, relevé de situation
- Le profil investisseur et l’adéquation produit-client (test d’adéquation)
- Les règles de commercialisation à distance et le droit de rétractation (30 jours)
L’assurance vie est un levier de rémunération majeur pour les courtiers. Les commissions sur les contrats d’assurance vie (frais de gestion, frais d’entrée) peuvent représenter une source de revenus récurrente importante. C’est aussi un domaine où les erreurs de conseil peuvent coûter cher, tant au client qu’au professionnel.
UV4 : Contrats collectifs (16 heures)
Cette unité est centrée sur les contrats d’assurance souscrits par les entreprises pour le compte de leurs salariés.
Les thèmes principaux :
- Les contrats santé et prévoyance d’entreprise : régime de base, options, garanties
- Les obligations légales de l’employeur : Accord National Interprofessionnel (ANI) du 11 janvier 2013, conventions collectives, maintien des garanties
- Le contrat responsable et ses contraintes de remboursement
- La portabilité des droits en cas de départ du salarié (article L911-8 du Code de la Sécurité sociale)
- La mise en place, la gestion et le renouvellement des contrats collectifs
- La réponse aux appels d’offres et la négociation avec les assureurs
- L’analyse des comptes de résultats techniques et la sinistralité
Le marché des contrats collectifs est un segment à forte valeur ajoutée. Les courtiers spécialisés en entreprise gèrent des portefeuilles importants et perçoivent des commissions substantielles. C’est aussi un marché exigeant en termes de compétences techniques et de rigueur dans le suivi.
UV5 : Assurances de biens et de responsabilité (30 heures)
Dernière unité, la plus volumineuse après l’UV1. Elle couvre les assurances IARD (Incendie, Accidents et Risques Divers), qui représentent le quotidien de beaucoup de courtiers.
Les thèmes principaux :
- L’assurance habitation : multirisque habitation (MRH), garanties de base et extensions
- L’assurance automobile : responsabilité civile obligatoire, garanties facultatives, conventions d’indemnisation (IRSA, IDA)
- L’assurance des professionnels et des entreprises : multirisque professionnelle, responsabilité civile exploitation, RC produits
- La responsabilité civile : principes généraux (articles 1240 et suivants du Code civil), RC professionnelle, RC des mandataires sociaux
- Les assurances de construction : dommages-ouvrage, garantie décennale, responsabilité civile décennale
- La protection juridique
- Les principes d’indemnisation : valeur de remplacement, vétusté, franchise, plafond de garantie
- La gestion des sinistres : déclaration, expertise, indemnisation, recours
L’IARD est souvent le premier contact du courtier avec ses clients. C’est le produit d’appel par excellence. Un client qui vient pour son assurance auto ou sa MRH peut ensuite être conseillé sur sa prévoyance, sa santé, son épargne. C’est pourquoi cette UV est importante même pour ceux qui envisagent de se spécialiser dans d’autres domaines.
Pour une description complète du programme de formation, consultez notre article Formation IAS 150h : tout ce que vous devez savoir.
Tableau comparatif complet des 3 niveaux
Voici le comparatif qui clarifie tout. Les différences entre les niveaux IAS ne se situent pas dans la formation, mais dans le statut et les perspectives de carrière.
| Critère | Niveau 1 (COA) | Niveau 2 (AGA) | Niveau 3 (MIA/MA) |
|---|---|---|---|
| Durée de formation | 150 heures | 150 heures | 150 heures |
| Programme | 5 UV identiques | 5 UV identiques | 5 UV identiques |
| Catégorie ORIAS | COA (courtier) | AGA (agent général) | MIA ou MA (mandataire) |
| Indépendance | Totale | Partielle (lié à une compagnie) | Faible (lié à un mandant) |
| Portefeuille | Propriété pleine du courtier | Droit de présentation | Appartient au mandant |
| Choix des produits | Multi-compagnies | Mono-compagnie (sauf exceptions) | Limité au périmètre du mandant |
| RC Pro | À souscrire soi-même | Couverte par la compagnie | Couverte par le mandant |
| Garantie financière | Obligatoire si encaissement de fonds | Couverte par la compagnie | Couverte par le mandant |
| Investissement initial | Faible (3 000 à 10 000 euros) | Élevé (50 000 à 300 000 euros) | Très faible (formation uniquement) |
| Potentiel de revenus | Illimité (entrepreneuriat) | Élevé mais cadre (commissions fixées) | Modéré (partage de commissions) |
| Valorisation patrimoniale | Forte (portefeuille revendable) | Moyenne (droit de présentation) | Aucune |
| Formation continue DDA | 15h/an | 15h/an | 15h/an |
Ce tableau doit être votre référence. Imprimez-le, gardez-le sous les yeux, et relisez-le chaque fois que vous hésitez sur votre orientation.
La confusion la plus répandue : niveau = difficulté
C’est la question que tout le monde pose, et à laquelle peu de gens répondent honnêtement. La majorité des personnes qui découvrent les niveaux IAS pensent que le niveau 1 est “débutant”, le niveau 2 “intermédiaire”, et le niveau 3 “avancé”. C’est complètement faux.
Les niveaux IAS ne sont pas des niveaux de difficulté. Ce ne sont pas des échelons. Ce ne sont pas des étapes à franchir dans l’ordre. Ce sont des catégories professionnelles parallèles, qui correspondent à des métiers différents.
Pensez-y comme ceci : un médecin généraliste et un médecin spécialiste ne font pas le même métier. Mais personne ne dit que le généraliste est “niveau 1” et le spécialiste “niveau 3”. Ce sont deux parcours distincts, chacun avec ses spécificités.
C’est exactement la même logique pour les niveaux IAS :
- Niveau 1 = courtier = entrepreneur indépendant = autonomie maximale
- Niveau 2 = agent général = mandataire d’une compagnie = cadre structuré
- Niveau 3 = mandataire = collaborateur d’un courtier ou d’un assureur = départ accessible
Le programme de formation est le même. Le nombre d’heures est le même. L’examen est le même. La seule chose qui change, c’est ce que vous faites avec votre attestation une fois que vous l’avez obtenue : soit vous créez votre cabinet, soit vous signez un traité de nomination avec une compagnie, soit vous devenez mandataire d’un courtier.
Comment choisir le bon niveau IAS
Le choix du niveau IAS dépend de votre projet professionnel, pas de votre “niveau” actuel. Voici une grille de décision simple et pragmatique.
Choisissez le niveau 1 si :
- Vous voulez créer votre propre cabinet de courtage
- Vous voulez être totalement indépendant dans le choix de vos partenaires assureurs
- Vous voulez construire un portefeuille qui vous appartient et que vous pourrez revendre
- Vous avez un tempérament entrepreneurial et vous êtes à l’aise avec la prospection commerciale
- Vous acceptez d’assumer les obligations (RC Pro, garantie financière, conformité) en échange de la liberté totale
- Vous visez un potentiel de revenus sans plafond
Le niveau 1 est aussi le bon choix si vous hésitez. Car il vous ouvre toutes les portes : avec un niveau 1, vous pouvez devenir courtier, mais aussi mandater des collaborateurs, et vous avez la légitimité pour exercer dans toutes les branches de l’assurance.
Pour une estimation réaliste des revenus possibles en courtage, consultez notre article sur le salaire et les revenus du courtier en assurance.
Choisissez le niveau 2 si :
- Vous souhaitez représenter une compagnie d’assurance spécifique
- Vous préférez un cadre structuré avec le support d’un grand groupe
- Vous disposez du capital nécessaire pour acheter un droit de présentation de portefeuille
- Vous êtes à l’aise avec l’idée de distribuer les produits d’une seule marque
- Vous recherchez la stabilité d’un portefeuille existant au démarrage
Le niveau 2 est un bon choix pour les personnes qui ont déjà une relation avec une compagnie d’assurance (ancien salarié, stagiaire, collaborateur) et qui souhaitent prolonger cette relation dans un cadre d’indépendance relative.
Choisissez le niveau 3 si :
- Vous voulez tester le métier avant de vous engager en tant que courtier
- Vous n’avez pas le capital nécessaire pour démarrer seul
- Vous souhaitez apprendre le terrain sous l’encadrement d’un professionnel expérimenté
- Vous envisagez le mandatariat comme une étape transitoire vers le courtage
- Vous voulez exercer rapidement avec des obligations administratives réduites
Le niveau 3 est le point d’entrée le plus accessible. Mais gardez en tête que c’est aussi le statut qui offre le moins d’autonomie et de potentiel de valorisation à long terme.
Matrice de décision rapide
| Votre situation | Niveau recommandé | Raison |
|---|---|---|
| Vous voulez être votre propre patron | Niveau 1 (COA) | Indépendance et portefeuille propre |
| Vous avez un capital de démarrage important | Niveau 2 (AGA) | Portefeuille existant au démarrage |
| Vous voulez tester le métier d’abord | Niveau 3 (MIA) | Faible investissement, accompagnement |
| Vous êtes en reconversion professionnelle | Niveau 1 (COA) | Meilleur retour sur investissement à terme |
| Vous êtes jeune diplômé sans expérience | Niveau 3 puis 1 | Apprentissage terrain puis indépendance |
| Vous êtes déjà salarié en assurance | Niveau 1 (COA) | Vous avez déjà les compétences terrain |
| Vous voulez distribuer de l’assurance à titre accessoire | Niveau 3 (MA) | Suffisant pour l’activité accessoire |
Arbre décisionnel : votre niveau IAS en 5 questions

Si la matrice ne suffit pas, voici un arbre de décision en cinq questions qui vous mène au niveau adapté en moins de deux minutes. Suivez les branches dans l’ordre, sans sauter d’étapes.
Question 1 : voulez-vous distribuer de l’assurance à titre principal (votre métier de tous les jours) ou à titre purement accessoire (par exemple en complément d’une activité d’agent immobilier ou de concessionnaire automobile) ?
- À titre accessoire uniquement → arrêtez ici, vous relevez du niveau 3 réduit à 20 heures (article L511-1 III du Code des assurances). Cet article ne traite pas de votre cas en détail. Passez à la question suivante uniquement si l’assurance est votre activité principale ou majoritaire.
- À titre principal → passez à la question 2.
Question 2 : voulez-vous être votre propre patron, choisir vos partenaires assureurs, et construire un portefeuille qui vous appartienne ?
- Oui, je veux l’autonomie complète → vous visez le statut de courtier (COA). Allez directement à la question 5.
- Non, je préfère un cadre encadré → passez à la question 3.
Question 3 : disposez-vous d’un capital de 50 000 à 300 000 euros pour acheter un droit de présentation de portefeuille auprès d’une compagnie d’assurance ?
- Oui, et je suis à l’aise avec une exclusivité avec une seule compagnie → vous visez le statut d’agent général (AGA). Allez à la question 5.
- Non, je n’ai pas ce capital → passez à la question 4.
Question 4 : voulez-vous démarrer rapidement avec un investissement minimal, quitte à travailler sous la responsabilité d’un courtier ou d’une compagnie pendant un à trois ans avant de devenir indépendant ?
- Oui, le mandatariat me convient → vous visez le statut de mandataire (MIA si sous courtier, MA si sous compagnie). Allez à la question 5.
- Non, je préfère attendre d’avoir le capital pour devenir courtier directement → revenez à la question 2 avec un horizon différent.
Question 5 : quelle formation devez-vous suivre ?
Quel que soit votre niveau cible (1, 2 ou 3 à titre principal), la réponse est unique : la formation IAS 150 heures complète, conforme à l’arrêté du 26 septembre 2018. Le programme, la durée, l’examen et l’attestation sont identiques. Seul le statut associé à votre inscription ORIAS change ensuite.
C’est la raison pour laquelle nous insistons : ne choisissez pas un organisme qui propose des programmes “allégés” pour le niveau 3 alors que votre projet est à titre principal. L’attestation ne sera pas reconnue par l’ORIAS dans ce cas.
Vous avez identifié votre niveau ? Démarrer la formation IAS 150h dès cette semaine
Le coût de la formation et le retour sur investissement
La formation IAS 150 heures représente un investissement. Voyons les chiffres en détail.
Le coût de la formation
Les tarifs varient selon les organismes de formation et les modalités (e-learning, présentiel, mixte). Voici les fourchettes constatées en 2026 :
| Modalité | Fourchette de prix | Durée d’accès |
|---|---|---|
| E-learning solo (autonomie complète) | 300 à 600 euros | 3 à 6 mois |
| E-learning accompagné (suivi pédagogique) | 450 à 900 euros | 6 à 12 mois |
| E-learning intégral (accompagnement complet, accès illimité) | 800 à 1 500 euros | 12 mois à illimité |
| Présentiel | 1 500 à 3 000 euros | 3 à 6 semaines |
| Mixte (e-learning + sessions presentielles) | 1 000 à 2 500 euros | 2 à 4 mois |
L’e-learning est devenu la modalité dominante pour la formation IAS 150h. Les raisons sont simples : flexibilité (vous vous formez à votre rythme, où vous voulez, quand vous voulez), coût inférieur au présentiel, et qualité pédagogique qui a considérablement progressé ces dernières années.
Chez formacourtage., nous proposons trois formules adaptées à chaque profil. La formule Solo à 399 euros pour ceux qui sont autonomes, la formule Accompagnée à 490 euros pour ceux qui souhaitent un suivi pédagogique, et la formule Intégrale à 890 euros pour un accompagnement complet avec accès illimité. Découvrez nos formules en détail sur notre page formation.
Les financements possibles
Plusieurs dispositifs permettent de financer tout ou partie de la formation :
- Compte Personnel de Formation (CPF) : si la formation est éligible, vous pouvez utiliser vos droits CPF pour la financer. Vérifiez l’éligibilité auprès de votre organisme de formation.
- Aide de Pôle emploi (France Travail) : les demandeurs d’emploi peuvent bénéficier de financements complémentaires (AIF, POEI, etc.).
- Plan de développement des compétences : si vous êtes salarié, votre employeur peut financer votre formation dans le cadre de son plan de formation.
- OPCO : les opérateurs de compétences de votre branche professionnelle peuvent cofinancer la formation.
- Autofinancement : pour une formation en e-learning à moins de 500 euros, l’investissement reste modeste au regard du potentiel de revenus du métier.
Le retour sur investissement
Soyons concrets. Un courtier en assurance, après deux à trois ans d’activité, génère en moyenne un chiffre d’affaires annuel compris entre 40 000 et 80 000 euros. Les courtiers les plus performants dépassent les 100 000 euros dès la troisième année. Les courtiers spécialisés (santé collective, prévoyance d’entreprise, risques industriels) peuvent atteindre des niveaux de rémunération nettement supérieurs.
Même en prenant l’hypothèse la plus conservatrice, une formation à 400 euros qui vous permet de générer 40 000 euros par an a un retour sur investissement de 100 pour 1. C’est probablement l’un des meilleurs investissements professionnels que vous puissiez faire.
Pour une analyse détaillée des revenus possibles selon les spécialisations, consultez notre article sur le salaire et les revenus du courtier en assurance.
La formation continue DDA : une obligation pour tous les niveaux
Depuis la transposition de la directive européenne sur la distribution d’assurance (DDA, directive 2016/97/UE), tous les intermédiaires en assurance, quel que soit leur niveau, sont soumis à une obligation de formation continue.
Les règles
- Volume : 15 heures minimum par an
- Qui est concerné : tous les intermédiaires inscrits à l’ORIAS (COA, AGA, MIA, MA) et leurs salariés qui participent directement à la distribution d’assurance
- Contenu : la formation doit porter sur des sujets en lien avec l’activité exercée. L’ACPR recommande de couvrir les évolutions réglementaires, les nouveaux produits, la protection du consommateur, et les compétences techniques spécifiques à la branche.
- Justification : l’intermédiaire doit pouvoir justifier le suivi de ces 15 heures en cas de contrôle de l’ACPR. Une attestation de formation et un suivi du temps passé sont nécessaires.
- Sanction : le non-respect de cette obligation peut entraîner des sanctions de l’ACPR, pouvant aller jusqu’à l’interdiction d’exercer.
En pratique
La formation continue DDA peut prendre plusieurs formes :
- Formations en ligne (e-learning, webinaires)
- Formations presentielles (séminaires, conférences, ateliers)
- Participation à des colloques professionnels
- Formation interne (pour les cabinets disposant de leur propre programme)
L’important est de pouvoir documenter les heures suivies et leur contenu. Gardez systématiquement les attestations de formation, les certificats de completion, et les preuves de participation.
Cette obligation s’applique dès la première année d’inscription à l’ORIAS. Elle est identique pour les trois niveaux IAS. Que vous soyez courtier, agent général ou mandataire, vous devez suivre 15 heures de formation continue chaque année, sans exception.
Les étapes concrètes après l’obtention de votre niveau IAS
Vous avez terminé votre formation et obtenu votre attestation. Et maintenant ? Les étapes suivantes dépendent du niveau choisi.
Après le niveau 1 : devenir courtier
- Obtenez votre attestation de formation : elle est délivrée par votre organisme de formation à l’issue de la validation du programme (quiz final, seuil de réussite de 70%)
- Choisissez votre structure juridique : SAS, SARL, EURL, micro-entreprise. Chaque forme a ses avantages et ses contraintes. Consultez un expert-comptable.
- Immatriculez votre société : greffe du tribunal de commerce, obtention du SIRET
- Souscrivez votre RC Pro : auprès d’un assureur spécialisé dans la couverture des intermédiaires en assurance. Comparez les offres.
- Obtenez votre garantie financière : auprès d’un établissement bancaire ou d’une compagnie d’assurance habilitée (obligatoire uniquement si vous encaissez des fonds)
- Inscrivez-vous à l’ORIAS : en catégorie COA, sur le site orias.fr. L’inscription est conditionnée à la présentation de votre attestation de formation, de votre RC Pro et de votre garantie financière.
- Signez vos premières conventions de courtage : avec les compagnies d’assurance dont vous souhaitez distribuer les produits
- Lancez votre activité : prospection, premiers rendez-vous clients, premiers contrats
Pour un guide détaillé de l’inscription ORIAS, consultez notre article Inscription ORIAS : guide étape par étape.
Après le niveau 2 : devenir agent général
- Obtenez votre attestation de formation
- Identifiez une compagnie d’assurance qui recrute des agents généraux dans votre zone géographique
- Candidatez et passez le processus de sélection de la compagnie (entretiens, tests, analyse de votre profil)
- Négociez votre traité de nomination : secteur, portefeuille, conditions financières
- Achetez le droit de présentation de portefeuille auprès de l’agent sortant
- Inscrivez-vous à l’ORIAS en catégorie AGA
- Démarrez votre activité avec le soutien de votre compagnie mandante
Après le niveau 3 : devenir mandataire
- Obtenez votre attestation de formation
- Trouvez un mandant : courtier ou compagnie d’assurance qui recrute des mandataires
- Signez votre contrat de mandat : périmètre d’activité, conditions de rémunération, obligations réciproques
- Inscrivez-vous à l’ORIAS en catégorie MIA ou MA (votre mandant peut s’occuper de cette démarche)
- Démarrez votre activité sous la responsabilité de votre mandant
La passerelle entre les niveaux : est-ce possible ?
Oui, et c’est un point important. Les niveaux IAS ne sont pas des cases définitives. Vous pouvez passer d’un niveau à l’autre au cours de votre carrière.
De mandataire à courtier (niveau 3 vers niveau 1)
C’est la transition la plus courante. Si vous avez obtenu un niveau 3 et que vous souhaitez devenir courtier, vous devez simplement vous inscrire à l’ORIAS en catégorie COA. Votre formation de 150 heures est la même, votre attestation est valable. Les conditions supplémentaires sont la RC Pro et la garantie financière.
En pratique, si votre attestation de formation mentionne le programme complet de 150 heures conforme à l’arrêté du 26 septembre 2018, vous disposez de la capacité professionnelle requise pour le niveau 1. Aucune formation supplémentaire n’est nécessaire.
D’agent général à courtier (niveau 2 vers niveau 1)
Même logique. L’agent général qui souhaite devenir courtier peut le faire en s’inscrivant à l’ORIAS en catégorie COA, sous réserve de remplir les conditions d’assurance (RC Pro, garantie financière). La formation est la même, aucun complément n’est exigé.
La clé : la formation de 150 heures est universelle
C’est la bonne nouvelle. Quelle que soit la raison pour laquelle vous avez passé votre formation IAS 150h, l’attestation obtenue vous donne accès à tous les statuts. Le “niveau” indiqué sur votre inscription ORIAS n’est pas une limite, c’est un choix. Vous pouvez changer de catégorie en cours de carrière sans reprendre la formation depuis zéro.
C’est d’ailleurs une raison de plus pour choisir un organisme de formation sérieux, qui délivre une attestation conforme à l’arrêté du 26 septembre 2018 et reconnue par l’ORIAS sans discussion.
Les erreurs à éviter dans le choix de votre niveau IAS
Après avoir accompagné des centaines de personnes dans leur parcours vers l’intermédiaire en assurance, voici les erreurs les plus fréquentes.
Erreur 1 : confondre niveau et difficulté
Nous l’avons dit, mais cela mérite d’être répété. Les niveaux ne sont pas des grades. Le niveau 1 n’est pas “plus dur” que le niveau 3. La formation est la même. La différence, c’est le métier que vous exercerez ensuite.
Erreur 2 : choisir le niveau 3 par défaut, “pour commencer doucement”
Si votre objectif est le courtage, passez directement le niveau 1. Commencer par le niveau 3 “pour voir” est souvent une perte de temps. Vous suivrez la même formation, vous passerez le même examen, mais vous vous retrouverez avec un statut de mandataire alors que vous vouliez être indépendant. Et surtout, vous ne capitaliserez pas sur le portefeuille que vous construirez en tant que mandataire, puisqu’il ne vous appartiendra pas.
Erreur 3 : ne pas vérifier la conformité de la formation
Toutes les formations IAS ne se valent pas. Vérifiez que l’organisme de formation délivre une attestation conforme à l’arrêté du 26 septembre 2018, que le programme couvre bien les 5 UV réglementaires, et que l’attestation sera acceptée par l’ORIAS. Une formation non conforme, c’est du temps et de l’argent perdus.
Erreur 4 : négliger la formation continue
Obtenir votre attestation IAS n’est que le début. L’obligation de formation continue DDA (15 heures par an) démarre dès votre inscription à l’ORIAS. Prévoyez-la dans votre budget et votre planning dès le départ.
Erreur 5 : sous-estimer les obligations du courtier
Le statut de courtier (niveau 1) est le plus libre, mais aussi le plus exigeant en termes d’obligations. RC Pro, garantie financière, conformité ACPR, LCB-FT, devoir de conseil, traitement des réclamations. Assurez-vous de bien comprendre ces obligations avant de vous lancer, et prévoyez le budget nécessaire.
Les chiffres du marché de l’intermédiaire en assurance
Pour éclairer votre décision, voici quelques données sur le marché de l’intermédiaire en assurance en France.
Nombre d’intermédiaires inscrits à l’ORIAS (données 2025)
| Catégorie | Nombre approximatif |
|---|---|
| Courtiers (COA) | environ 28 000 |
| Agents généraux (AGA) | environ 12 000 |
| Mandataires d’intermédiaires (MIA) | environ 45 000 |
| Mandataires d’assurance (MA) | environ 20 000 |
Le nombre de courtiers est en augmentation régulière depuis 10 ans. Le nombre d’agents généraux est en baisse. Le nombre de mandataires est stable. La tendance de fond est claire : le marché s’oriente vers plus d’indépendance et plus de comparaison, ce qui favorise le modèle du courtage.
Le marché de l’assurance en France
L’assurance représente un marché de plus de 230 milliards d’euros de cotisations annuelles en France. Les intermédiaires (courtiers, agents généraux, mandataires) distribuent environ 40% de ce volume. C’est un marché massif, structurellement porteur, et qui offre des opportunités réelles pour les nouveaux entrants motivés et bien formés.
L’évolution du métier
Le secteur de l’intermédiaire en assurance est en pleine transformation :
- Digitalisation : les outils de comparaison, de souscription en ligne et de gestion à distance se généralisent
- Consolidation : les petits cabinets de courtage se regroupent pour atteindre une taille critique
- Spécialisation : les courtiers généralistes laissent de plus en plus la place à des courtiers spécialisés (santé collective, risques professionnels, expatriés, TNS, etc.)
- Conformité : les exigences réglementaires augmentent chaque année, ce qui favorise les professionnels bien formés
- Concurrence : les comparateurs en ligne et les insurtechs modifient les habitudes des clients, mais ne remplacent pas le conseil personnalisé d’un courtier compétent
Ces évolutions créent des opportunités pour les nouveaux entrants qui comprennent le digital, qui se spécialisent, et qui misent sur la qualité du conseil plutôt que sur le volume.
Formation IAS en e-learning : le choix dominant en 2026
La grande majorité des formations IAS 150h se fait désormais en e-learning. Et pour cause : les avantages sont nombreux.
Pourquoi l’e-learning domine
- Flexibilité : vous vous formez à votre rythme, le soir, le week-end, pendant vos pauses. Pas besoin de poser des congés ou de vous déplacer.
- Coût : une formation en e-learning coûte en moyenne 3 à 5 fois moins cher qu’une formation en présentiel.
- Accessibilité : vous pouvez suivre la formation depuis n’importe où en France, sans contrainte géographique.
- Qualité pédagogique : les plateformes modernes proposent des contenus interactifs, des quiz d’auto-évaluation, un suivi de progression, et un accompagnement pédagogique.
- Traçabilité : le suivi du temps passé par module est automatisé, ce qui facilite la justification de l’assiduité auprès de l’ORIAS. Cette traçabilité est d’ailleurs une obligation réglementaire : l’organisme de formation doit pouvoir justifier que l’apprenant a bien suivi les 150 heures.
Ce qu’il faut vérifier avant de choisir une formation en e-learning
- Conformité réglementaire : l’organisme est-il déclaré auprès de la DREETS ? L’attestation délivrée est-elle conforme à l’arrêté du 26 septembre 2018 ?
- Programme complet : les 5 UV sont-elles couvertes avec le bon volume horaire (56h + 24h + 24h + 16h + 30h = 150h) ?
- Suivi d’assiduité : la plateforme enregistre-t-elle le temps passé par module ? C’est obligatoire.
- Évaluation finale : un quiz final est-il prévu ? Le seuil de réussite est-il clairement défini ?
- Support pédagogique : avez-vous accès à un accompagnement en cas de difficulté ?
- Avis et retours : que disent les anciens apprenants ?
Chez formacourtage., notre formation IAS 150h est 100% en e-learning, conforme à l’arrêté du 26 septembre 2018, avec suivi d’assiduité automatisé et quiz final. Elle vous prépare aux trois niveaux IAS avec le même programme complet. Consultez nos formules et inscrivez-vous.
Le cas particulier du niveau 3 à 20 heures : une autre réalité
Attention à ne pas confondre deux choses. Il existe, dans certaines références réglementaires, un niveau 3 de 20 heures destiné aux professionnels qui distribuent de l’assurance à titre purement accessoire. Ce niveau réduit concerne principalement les agents immobiliers, les concessionnaires automobiles, ou les agences de voyage qui proposent des assurances complémentaires à leur activité principale.
Ce niveau de 20 heures ne permet pas d’exercer comme intermédiaire en assurance à titre principal. Il ne permet pas de s’inscrire à l’ORIAS en catégorie COA, AGA ou MIA. Il est réservé à une distribution accessoire et limitée, dans le cadre de l’article L511-1 III du Code des assurances.
Si votre projet est de faire de l’intermédiaire en assurance votre activité principale, c’est le programme de 150 heures qui s’applique, quel que soit le niveau (1, 2 ou 3) que vous visez.
FAQ : les questions les plus posées sur les niveaux IAS
Les niveaux IAS 1, 2 et 3 correspondent-ils à des niveaux de difficulté ?
Non. Les trois niveaux IAS correspondent à des catégories professionnelles différentes, pas à des niveaux de difficulté. Le programme de formation est le même (150 heures, 5 UV identiques) pour les trois niveaux. Le niveau 1 est requis pour les courtiers (COA), le niveau 2 pour les agents généraux (AGA), et le niveau 3 pour les mandataires (MIA/MA). La différence se situe dans le statut juridique et le degré d’autonomie, pas dans la complexité de la formation.
Peut-on passer du niveau 3 au niveau 1 sans refaire la formation ?
Oui. Si votre attestation de formation couvre le programme complet de 150 heures conforme à l’arrêté du 26 septembre 2018, elle est valable pour tous les niveaux. Pour passer du statut de mandataire (niveau 3) à celui de courtier (niveau 1), vous devez simplement remplir les conditions supplémentaires : RC Pro, garantie financière (si encaissement de fonds), et inscription à l’ORIAS en catégorie COA. Aucune formation supplémentaire n’est nécessaire.
Quel niveau IAS choisir si je veux devenir courtier en assurance ?
Le niveau 1. C’est le seul qui vous permet de vous inscrire à l’ORIAS en catégorie COA (courtier en assurance). Le niveau 1 vous donne l’autonomie totale : choix des partenaires assureurs, portefeuille en propriété, liberté commerciale. Si votre objectif est le courtage, ne passez pas par le niveau 3 “pour commencer”. La formation est la même, autant viser directement le bon statut. Pour en savoir plus, consultez notre guide Comment devenir courtier en assurance.
Combien coûte la formation IAS 150h ?
Les tarifs varient selon la modalité. En e-learning, comptez entre 300 et 900 euros selon le niveau d’accompagnement. En présentiel, les prix vont de 1 500 à 3 000 euros. Chez formacourtage., nos formules vont de 399 euros (Solo) à 890 euros (Intégral). Plusieurs financements sont possibles : CPF, France Travail, OPCO, plan de formation employeur. Découvrez nos tarifs détaillés.
La formation continue DDA de 15h/an est-elle obligatoire pour tous les niveaux ?
Oui. Depuis la transposition de la directive européenne sur la distribution d’assurance (DDA, directive 2016/97/UE), tous les intermédiaires inscrits à l’ORIAS, quelle que soit leur catégorie (COA, AGA, MIA, MA), doivent suivre au moins 15 heures de formation continue par an. Cette obligation s’applique dès la première année d’inscription et doit pouvoir être justifiée en cas de contrôle de l’ACPR.
Quelle est la différence entre le niveau 3 de 150 heures et le niveau 3 de 20 heures ?
Le niveau 3 de 150 heures est destiné aux personnes qui souhaitent exercer l’intermédiaire en assurance à titre principal (mandataire d’intermédiaire ou mandataire d’assurance). Le niveau de 20 heures est réservé aux professionnels qui distribuent de l’assurance à titre accessoire (agents immobiliers, concessionnaires automobiles, etc.), dans le cadre de l’article L511-1 III du Code des assurances. Si votre objectif est de faire de l’assurance votre métier principal, c’est le programme de 150 heures qui s’applique.
Combien de temps faut-il pour terminer la formation IAS 150h en e-learning ?
En e-learning, la durée dépend de votre rythme. La plupart des apprenants terminent la formation en 2 à 4 mois, en y consacrant quelques heures par jour ou par semaine. Les personnes qui se forment à temps plein peuvent la boucler en 4 à 6 semaines. Chez formacourtage., nos formules offrent un accès de 6 mois (Solo), 12 mois (Accompagnée) ou illimité (Intégral) pour vous laisser la flexibilité nécessaire.
La décision est entre vos mains
Revenons à Nadia. Après avoir lu cet article, elle comprend désormais que les niveaux IAS ne sont pas des échelons de difficulté. Elle sait que le niveau 1 est fait pour elle : elle veut être indépendante, construire son propre portefeuille, choisir ses partenaires assureurs. Elle sait que la formation est la même quel que soit le niveau, et que c’est son projet professionnel qui détermine le bon choix.
Elle sait aussi que le courtage est un métier exigeant, mais que le retour sur investissement d’une formation à quelques centaines d’euros est exceptionnel. Que le marché de l’assurance est porteur. Que la réglementation protège les professionnels sérieux et élimine les amateurs.
Les trois niveaux IAS existent pour une raison simple : le marché de la distribution d’assurance a besoin de courtiers indépendants, d’agents généraux liés aux compagnies, et de mandataires qui travaillent sous la responsabilité d’un professionnel. Chaque statut a sa place, sa logique et son utilité.
Votre travail, maintenant, est de déterminer lequel correspond à votre projet. Les faits sont là. Les chiffres sont là. Le cadre légal est clair.
Pourquoi démarrer maintenant la formation IAS 150h
Trois raisons concrètes de ne pas reporter votre inscription :
- La formation est universelle. Que vous visiez le niveau 1, 2 ou 3 à titre principal, c’est le même programme. En vous inscrivant aujourd’hui, vous gardez toutes les portes ouvertes pour votre statut futur.
- L’e-learning permet d’avancer à votre rythme. Vous pouvez démarrer ce week-end et boucler la formation en 8 à 12 semaines à raison de 12 à 18 heures par semaine. Pas besoin de poser de congés.
- Le coût est dérisoire face au potentiel de revenus. Pour 399 euros (formule Solo), vous obtenez l’attestation qui ouvre l’accès à un métier dont les revenus médians dépassent 60 000 euros bruts annuels après trois à cinq ans d’exercice. Aucun autre investissement professionnel n’a un tel ratio rendement / risque.
La formation formacourtage. IAS 150h est conforme à l’arrêté du 26 septembre 2018, déclarée à la DREETS, avec suivi d’assiduité automatisé et quiz final. Elle prépare aux trois niveaux IAS avec le même programme complet, et elle est éligible CPF, France Travail et OPCO.
Choisissez votre formule et démarrez : Découvrir la formation IAS 150h éligible CPF Démarrer la formation IAS dès cette semaine
Si vous êtes prêt à vous lancer, commencez votre parcours vers l’intermédiaire en assurance. La formation est la même pour les trois niveaux. C’est votre ambition qui fera la différence.