Vous accompagnez déjà vos clients sur le financement, pourquoi vous arrêter là ?
Vous êtes courtier en crédit immobilier. Chaque mois, vous accompagnez des dizaines de clients dans leur financement. Et à chaque dossier, la même question revient : et pour l’assurance emprunteur ? Vous orientez vers un partenaire, vous donnez un nom, vous laissez partir le client. Et avec lui, une commission que vous auriez pu encaisser vous-même.
Ce scénario se répète des centaines de fois par an dans les cabinets de courtage en crédit. Le client est là, devant vous. Il vous fait confiance. Il attend votre recommandation. Et vous le renvoyez ailleurs, parce que vous n’avez pas la capacité juridique de distribuer de l’assurance.
La réalité, c’est que le courtage en crédit et le courtage en assurance sont deux faces d’une même pièce. Les clients sont les mêmes. Les moments de vie sont les mêmes. Les besoins sont complémentaires. La seule chose qui sépare les deux activités, c’est une immatriculation supplémentaire à l’ORIAS et une formation de 150 heures.
Cet article est écrit pour vous, courtier en crédit, qui envisagez d’ajouter l’assurance à votre activité. Vous allez comprendre pourquoi c’est la décision la plus rentable que vous puissiez prendre en 2026, comment vous y prendre concrètement, et quels revenus supplémentaires vous pouvez raisonnablement espérer. Pas de promesses fantaisistes, pas de raccourcis. Les faits, les chiffres, et un plan d’action.
La synergie naturelle entre crédit et assurance
Le client est déjà dans votre bureau
C’est l’argument fondamental, et il suffit à justifier la démarche à lui seul. Quand un client vient vous voir pour un crédit immobilier, il a besoin d’une assurance emprunteur. C’est obligatoire dans 99 % des cas. Il a aussi besoin d’une assurance multirisque habitation pour le bien qu’il achète. Et souvent, ce moment de vie (achat immobilier, déménagement, nouveau départ) déclenche d’autres besoins : prévoyance, épargne, protection de la famille.
Vous n’avez pas besoin de prospecter pour trouver ces clients. Ils sont déjà là. Vous avez déjà payé le coût d’acquisition (publicité, site web, bouche-à-oreille, réseau). Vous avez déjà passé du temps à les connaître, à comprendre leur situation financière, leur projet de vie, leur composition familiale. Toutes ces informations sont exactement celles dont vous avez besoin pour leur proposer les bonnes couvertures d’assurance.
Le courtier en crédit qui n’a pas la casquette assurance laisse de l’argent sur la table à chaque dossier. C’est aussi simple que cela.
Le parcours client naturel
Prenons un cas concret. Un couple de 35 ans achète un appartement à 350 000 euros. Voici la chronologie de leurs besoins :
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Crédit immobilier (votre activité actuelle) : vous trouvez le meilleur taux, vous montez le dossier, vous accompagnez jusqu’à la signature notaire.
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Assurance emprunteur : obligatoire pour obtenir le crédit. Depuis la loi Lemoine de 2022, le client peut choisir librement son assurance à tout moment. Si vous êtes immatriculé COA, vous pouvez lui proposer une délégation d’assurance moins chère et mieux adaptée que celle de la banque.
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Assurance multirisque habitation (MRH) : obligatoire pour les copropriétaires, quasiment indispensable pour tous. Le client en a besoin avant la remise des clés.
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Prévoyance : le couple a deux enfants. Que se passe-t-il si l’un des deux est en arrêt longue durée ou en invalidité ? L’assurance emprunteur couvre le crédit, mais qui couvre le reste des charges ?
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Assurance auto : si le couple déménage, il change parfois de véhicule ou a besoin d’un second véhicule. C’est l’occasion de revoir les contrats existants.
Sans la casquette assurance, vous ne traitez que le point 1. Avec la double immatriculation, vous traitez les cinq. Et sur chacun de ces points, vous générez une commission.
Des moments de vie qui se répètent
Le crédit immobilier n’est pas le seul moment où vos clients ont besoin d’assurance. Si vous élargissez votre activité au crédit à la consommation ou au crédit professionnel, les synergies se multiplient :
| Moment de vie du client | Besoin crédit | Besoin assurance |
|---|---|---|
| Achat immobilier | Crédit immobilier | Emprunteur, MRH, prévoyance |
| Rachat de crédit | Restructuration | Nouvelle assurance emprunteur |
| Création d’entreprise | Crédit pro | RC Pro, multirisque pro, prévoyance TNS |
| Naissance d’un enfant | Prêt travaux, conso | Prévoyance, santé famille |
| Divorce / séparation | Rachat de soulte | Révision de toutes les couvertures |
| Départ à la retraite | Crédit senior | Santé senior, dépendance, obsèques |
| Achat véhicule | Crédit auto | Assurance auto |
Chaque ligne de ce tableau représente une opportunité commerciale double. Le client vient pour le crédit, vous repartez avec un dossier crédit et un ou plusieurs contrats d’assurance. Votre chiffre d’affaires par client augmente mécaniquement, sans effort de prospection supplémentaire.
La double immatriculation ORIAS : COBSP et COA
Comprendre les catégories
L’ORIAS (Organisme pour le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance) distingue plusieurs catégories d’intermédiaires. En tant que courtier en crédit, vous êtes immatriculé dans la catégorie COBSP (Courtier en opérations de banque et en services de paiement). Pour distribuer de l’assurance, vous devez ajouter la catégorie COA (Courtier en assurance).
Ce sont deux immatriculations distinctes, mais elles peuvent être portées par la même structure juridique, la même personne morale ou physique. Vous n’avez pas besoin de créer une nouvelle société. Vous ajoutez simplement une ligne à votre immatriculation existante.
Pour bien comprendre les différences entre toutes les catégories ORIAS et choisir celle qui vous correspond, consultez notre guide complet des catégories ORIAS : COA, MIA, AGA, MA.
Les conditions pour obtenir la catégorie COA
En tant que courtier en crédit déjà immatriculé COBSP, vous remplissez probablement déjà plusieurs conditions. Voici le détail complet :
| Condition | COBSP (déjà remplie) | COA (à ajouter) |
|---|---|---|
| Capacité professionnelle | Formation IOBSP | Formation IAS 150h (Niveau I) |
| Assurance RC Pro | Oui, pour le crédit | À étendre ou souscrire pour l’assurance |
| Garantie financière | Selon activité | Obligatoire si encaissement de fonds |
| Conditions d’honorabilité | Oui | Identique |
| Formation continue | 7h/an IOBSP | 15h/an IAS (DDA) |
La principale pièce manquante est la capacité professionnelle en assurance, c’est-à-dire la formation IAS de 150 heures. C’est le passage obligé, et c’est exactement ce que nous proposons chez FormaCourtage.
La procédure d’ajout de catégorie
La démarche est plus simple que vous ne le pensez. Vous n’avez pas besoin de refaire une immatriculation complète. Voici les étapes :
- Obtenir la capacité professionnelle IAS Niveau I (formation 150h).
- Souscrire ou étendre votre assurance RC Pro pour couvrir l’activité de courtage en assurance.
- Mettre en place la garantie financière si vous prévoyez d’encaisser des primes (ce qui est fréquent en assurance).
- Soumettre la demande d’ajout de catégorie COA sur le portail ORIAS, en joignant l’attestation de formation, l’attestation RC Pro, et le cas échéant l’attestation de garantie financière.
- Attendre la validation (généralement 2 à 4 semaines).
Pour un guide détaillé de la procédure d’inscription ORIAS, étape par étape, consultez notre article dédié : Inscription ORIAS : guide étape par étape.
Une fois la catégorie COA ajoutée, vous apparaissez sur le registre ORIAS avec les deux catégories. Vos clients et partenaires peuvent vérifier votre double compétence en ligne. Votre crédibilité s’en trouve renforcée.
Ce que la formation IAS apporte à un courtier en crédit
Vous n’êtes pas un débutant, mais vous avez des lacunes
Soyons honnêtes. En tant que courtier en crédit, vous connaissez déjà l’assurance emprunteur. Vous savez ce qu’est une quotité, une garantie PTIA, une exclusion de rachat. Mais l’assurance, c’est bien plus que l’emprunteur. La formation IAS 150h couvre cinq unités de valeur qui vont élargir considérablement votre champ de compétences.
Pour tout savoir sur le contenu, le format et la validation de cette formation, consultez notre guide complet sur la formation IAS 150h.
Les cinq unités de valeur et leur pertinence pour un courtier en crédit
UV1 : Savoirs généraux (56h)
Cette unité couvre l’environnement juridique et réglementaire de l’assurance. Le Code des assurances, le droit du contrat d’assurance, les obligations de l’intermédiaire (devoir de conseil, recueil des besoins, DDA). Pour un courtier en crédit, c’est essentiel. Vous connaissez la réglementation bancaire, mais la réglementation assurantielle a ses propres spécificités. Le devoir de conseil en assurance est encore plus exigeant qu’en crédit : vous devez formaliser le recueil des besoins, proposer un contrat adapté, et expliquer les garanties, les exclusions, et les limites.
Pour approfondir le sujet du devoir de conseil, notre article Devoir de conseil courtier vous donnera une vision complète des obligations.
UV2 : Assurances de personnes, prévoyance et santé (24h)
C’est le cœur de votre future activité complémentaire. La prévoyance (arrêt de travail, invalidité, décès) et la santé (complémentaire santé individuelle et collective) représentent des besoins universels de vos clients. Chaque emprunteur immobilier devrait aussi se poser la question de sa couverture prévoyance globale. Vous apprendrez à analyser un contrat de prévoyance, à identifier les carences et les franchises, à comparer les niveaux de garantie.
UV3 : Assurance vie et capitalisation (24h)
L’assurance vie est le placement préféré des Français, avec plus de 1 900 milliards d’euros d’encours. Quand vos clients finalisent un achat immobilier, ils ont souvent des questions sur l’épargne résiduelle, la transmission de patrimoine, la préparation de la retraite. Avec cette unité, vous serez capable de les conseiller sur les contrats d’assurance vie, les fonds euros, les unités de compte, et les dispositifs fiscaux associés.
UV4 : Contrats collectifs (16h)
Si vous travaillez avec des professionnels ou des TPE/PME (crédit professionnel, bail commercial), cette unité vous ouvre un marché considérable. La mutuelle d’entreprise obligatoire, la prévoyance collective, les contrats Madelin pour les TNS : autant de produits que vos clients professionnels doivent souscrire et pour lesquels ils ont besoin de conseil.
UV5 : Biens et responsabilité (30h)
MRH, assurance auto, RC Pro, multirisque professionnelle, protection juridique. C’est le socle de l’assurance IARD (Incendie, Accidents et Risques Divers). Chaque acheteur immobilier a besoin d’une MRH. Chaque entrepreneur a besoin d’une RC Pro. Vous apprendrez les mécanismes de tarification, les franchises, les plafonds de garantie, et les exclusions courantes.
Une formation compatible avec votre activité
Vous êtes en activité, vous avez des dossiers en cours, des clients à gérer. Vous ne pouvez pas disparaître pendant un mois. C’est exactement pour cette raison que FormaCourtage a conçu une formation 100 % en ligne, accessible 24h/24. Vous avancez à votre rythme, le soir, le week-end, entre deux rendez-vous. La formation est découpée en modules courts, avec des quiz de validation à chaque étape.
Le format e-learning vous permet de répartir vos 150 heures sur plusieurs semaines ou plusieurs mois, sans impacter votre production. La plupart des courtiers en crédit qui suivent notre formation la terminent en 6 à 10 semaines, en y consacrant 2 à 3 heures par jour.
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Les produits à distribuer en priorité quand on vient du crédit
Vous n’allez pas tout faire en même temps. La stratégie intelligente consiste à commencer par les produits qui sont dans la continuité directe de votre activité actuelle, puis à élargir progressivement.
Priorité 1 : l’assurance emprunteur (délégation et substitution)
C’est le fruit le plus accessible. Vous le connaissez déjà sur le plan technique. La loi Lemoine du 28 février 2022 permet à tout emprunteur de changer d’assurance de prêt à tout moment, sans frais, sans délai de préavis. C’est une révolution qui a ouvert un marché colossal.
En tant que courtier en crédit, vous avez un avantage décisif : vous connaissez les exigences des banques en matière de garanties minimales. Vous savez lire une fiche standardisée d’information (FSI). Vous pouvez identifier les équivalences de garanties et proposer un contrat en délégation qui respecte les critères de la banque tout en étant moins cher ou mieux adapté.
Ce que ça change avec l’immatriculation COA :
Sans la catégorie COA, vous pouvez informer votre client qu’il a le droit de déléguer son assurance emprunteur, mais vous ne pouvez pas lui vendre un contrat. Vous ne pouvez pas percevoir de commission de la part de l’assureur. Vous êtes limité au rôle d’informateur.
Avec la catégorie COA, vous devenez le distributeur. Vous signez des conventions de courtage avec des assureurs spécialisés en emprunteur. Vous proposez des devis personnalisés. Vous accompagnez le client dans la substitution. Et vous percevez une commission sur chaque contrat placé.
Les chiffres :
Un contrat d’assurance emprunteur sur un crédit de 250 000 euros sur 25 ans représente, selon le profil de l’emprunteur, entre 5 000 et 25 000 euros de primes totales. La commission courtier se situe généralement entre 15 et 25 % de la première année de prime, plus une commission de renouvellement annuelle de 3 à 8 %. Sur un portefeuille de 100 crédits par an, le potentiel est considérable.
Priorité 2 : la multirisque habitation (MRH)
Chaque acquéreur immobilier a besoin d’une MRH. En copropriété, c’est une obligation légale. En maison individuelle, c’est une évidence. Le client vous le demande souvent directement : “Et pour l’assurance habitation, vous pouvez vous en occuper aussi ?”
Aujourd’hui, vous répondez non. Demain, avec la catégorie COA, vous répondez oui.
La MRH n’est pas le produit le plus rémunérateur unitairement (commissions entre 10 et 20 % de la prime annuelle, sur des primes de 200 à 800 euros pour un appartement standard). Mais elle présente trois avantages stratégiques :
- Elle cimente la relation client. Le client qui a son crédit et son assurance chez vous ne va pas chercher ailleurs.
- Elle génère un revenu récurrent annuel, sans effort supplémentaire après la souscription.
- Elle vous donne une raison de recontacter le client chaque année (révision du contrat, mise à jour des garanties), ce qui ouvre la porte à d’autres ventes.
Priorité 3 : la prévoyance individuelle
C’est le produit où votre valeur ajoutée est la plus forte. Quand vous montez un dossier de crédit immobilier, vous analysez la situation financière du client en détail : revenus, charges, capacité d’endettement, reste à vivre. Vous êtes donc parfaitement positionné pour poser la question qui compte : “Si votre revenu s’arrête demain, combien de mois pouvez-vous tenir ?”
La prévoyance couvre les risques lourds : arrêt de travail, invalidité, décès. Pour un emprunteur, l’assurance emprunteur couvre le remboursement du crédit. Mais elle ne couvre pas les charges courantes, l’alimentation, l’éducation des enfants, le train de vie quotidien. Un contrat de prévoyance individuelle vient combler ce trou.
Les commissions en prévoyance sont attractives : 20 à 40 % de la première année de prime, avec des renouvellements de 5 à 15 %. Sur un contrat de prévoyance TNS à 2 000 euros/an, cela représente 400 à 800 euros de commission initiale et 100 à 300 euros par an de récurrence.
Priorité 4 : les produits professionnels
Si vous faites du crédit professionnel (crédit bail, affacturage, prêt de trésorerie, financement de matériel), vous avez accès à un vivier de clients entrepreneurs, artisans, commerçants, professions libérales. Ces professionnels ont des besoins d’assurance spécifiques et souvent mal couverts :
- RC Professionnelle (obligatoire pour de nombreuses professions)
- Multirisque professionnelle (locaux, stock, matériel)
- Prévoyance TNS (Madelin)
- Mutuelle d’entreprise (ANI, obligatoire pour les salariés)
- Homme-clé (garantie de pérennité de l’entreprise)
- Cyber-risques (marché en forte croissance)
Chacun de ces produits représente des commissions significatives et une fidélisation forte du client professionnel.
L’impact sur vos revenus : les vrais chiffres
Le calcul de base
Prenons un courtier en crédit qui réalise 120 dossiers de financement immobilier par an. C’est un volume réaliste pour un courtier établi depuis quelques années.
Sans la casquette assurance :
| Source de revenu | Volume | Commission moyenne | Total annuel |
|---|---|---|---|
| Crédit immobilier | 120 dossiers | 2 500 EUR | 300 000 EUR |
| Total | 300 000 EUR |
Avec la casquette assurance (première année d’ajout) :
| Source de revenu | Volume | Commission moyenne | Total annuel |
|---|---|---|---|
| Crédit immobilier | 120 dossiers | 2 500 EUR | 300 000 EUR |
| Assurance emprunteur (délégation) | 60 contrats (50 % de conversion) | 800 EUR | 48 000 EUR |
| MRH | 80 contrats (67 % de conversion) | 120 EUR | 9 600 EUR |
| Prévoyance | 20 contrats | 500 EUR | 10 000 EUR |
| Autres (auto, santé, PJ) | 15 contrats | 200 EUR | 3 000 EUR |
| Total | 370 600 EUR |
Soit une augmentation de 23 % du chiffre d’affaires dès la première année, avec un taux de conversion conservateur. Le client est déjà là. Vous ne prospectez pas. Vous proposez simplement un service supplémentaire à un client qui vous fait déjà confiance.
L’effet cumulatif des commissions récurrentes
C’est là où le modèle devient véritablement puissant. Contrairement au crédit immobilier, où la commission est versée une seule fois à la mise en place du prêt, les commissions d’assurance ont une composante récurrente. Chaque contrat placé continue de générer un revenu annuel tant que le client reste assuré.
Regardons la projection sur 5 ans, en supposant que vous ajoutez chaque année un volume similaire de contrats d’assurance, avec un taux de résiliation de 10 % par an sur le stock existant :
| Année | Commissions crédit (one-shot) | Commissions assurance (cumul) | Total | Progression vs année 0 |
|---|---|---|---|---|
| Année 0 (sans assurance) | 300 000 EUR | 0 EUR | 300 000 EUR | Référence |
| Année 1 | 300 000 EUR | 70 600 EUR | 370 600 EUR | +23 % |
| Année 2 | 300 000 EUR | 120 000 EUR | 420 000 EUR | +40 % |
| Année 3 | 300 000 EUR | 162 000 EUR | 462 000 EUR | +54 % |
| Année 4 | 300 000 EUR | 198 000 EUR | 498 000 EUR | +66 % |
| Année 5 | 300 000 EUR | 230 000 EUR | 530 000 EUR | +77 % |
En cinq ans, vos revenus d’assurance représentent près de 43 % de votre chiffre d’affaires total. Et contrairement au crédit, ces revenus ne dépendent pas de votre production du mois. Ils tombent automatiquement, chaque mois, grâce au stock de contrats accumulé.
Pour approfondir le sujet des revenus du courtier, consultez notre article Courtier en assurance : salaire et revenus.
Le potentiel du portefeuille existant
Autre point souvent négligé : vous avez déjà un portefeuille de clients existants. Tous les emprunteurs que vous avez accompagnés au cours des dernières années sont des clients potentiels pour l’assurance. Depuis la loi Lemoine, vous pouvez les recontacter pour leur proposer une délégation d’assurance emprunteur, une révision de leur MRH, ou un bilan prévoyance.
Si vous avez accompagné 500 clients en crédit au cours des 5 dernières années, et que vous arrivez à convertir ne serait-ce que 15 % d’entre eux en assurance, cela représente 75 contrats supplémentaires dès la première année, sans prospection nouvelle.
Les étapes pratiques pour ajouter l’assurance à votre activité
Étape 1 : valider la formation IAS 150h (semaines 1 à 10)
C’est le préalable incontournable. Sans la capacité professionnelle IAS Niveau I, impossible d’obtenir la catégorie COA à l’ORIAS. La formation couvre les 5 unités de valeur réglementaires, pour un total de 150 heures.
Chez FormaCourtage, la formation est 100 % en ligne. Vous pouvez la suivre en parallèle de votre activité de courtage en crédit. La plupart des courtiers en crédit la terminent en 6 à 10 semaines, en y consacrant environ 20 heures par semaine. Le quiz final comporte 100 questions, avec un seuil de réussite à 70 %.
À l’issue de la formation, vous recevez une attestation de capacité professionnelle conforme aux exigences de l’ORIAS.
Démarrer la formation IAS 150h
Étape 2 : adapter votre RC Pro (semaine 8 à 10)
Contactez votre assureur RC Pro actuel pour demander une extension de garantie couvrant l’activité de courtage en assurance. Deux scénarios possibles :
- Votre assureur RC Pro propose un avenant pour ajouter l’activité COA. C’est la solution la plus simple et souvent la moins coûteuse.
- Votre assureur RC Pro ne couvre pas l’activité d’intermédiation en assurance. Vous devez alors souscrire un second contrat ou changer de prestataire pour un contrat RC Pro qui couvre les deux activités (COBSP + COA).
Le surcoût moyen pour l’ajout de la couverture COA se situe entre 300 et 800 euros par an, selon le volume d’activité prévisionnel et les garanties choisies. Pour un guide complet sur la RC Pro, consultez notre article RC Pro courtier : guide complet.
Étape 3 : mettre en place la garantie financière (semaine 8 à 10)
La garantie financière est obligatoire si vous encaissez des fonds pour le compte de tiers (primes d’assurance). Dans la pratique, la majorité des courtiers en assurance encaissent des primes, ne serait-ce que ponctuellement.
Le montant minimum est fixé à 115 000 euros (article R. 512-14 du Code des assurances). Ce n’est pas une somme que vous devez bloquer sur un compte. C’est un engagement de cautionnement souscrit auprès d’un établissement financier ou d’un assureur. Le coût annuel se situe entre 400 et 1 200 euros selon le prestataire.
Pour un guide complet sur la garantie financière, consultez notre article Garantie financière courtier.
Étape 4 : demander l’ajout de la catégorie COA à l’ORIAS (semaine 10 à 11)
Connectez-vous à votre espace ORIAS. Soumettez une demande d’ajout de catégorie en joignant :
- L’attestation de capacité professionnelle IAS (délivrée par FormaCourtage)
- L’attestation de RC Pro couvrant l’activité COA
- L’attestation de garantie financière
- Les justificatifs d’honorabilité (extrait de casier judiciaire si non déjà fourni)
Le traitement prend généralement 2 à 4 semaines. Une fois la catégorie ajoutée, vous pouvez légalement commencer à distribuer de l’assurance.
Étape 5 : signer des mandats de courtage avec des assureurs (semaines 10 à 14)
En parallèle de la demande ORIAS, commencez à prospecter les compagnies d’assurance pour signer des conventions de courtage. En tant que nouveau COA, concentrez-vous sur les partenaires les plus accessibles :
- Les grossistes en assurance (courtiers grossistes) qui acceptent les nouveaux courtiers et offrent un accès à plusieurs compagnies via une seule convention.
- Les assureurs spécialisés en emprunteur, qui sont habitués à travailler avec des courtiers en crédit.
- Les compagnies généralistes qui proposent des gammes MRH, auto, santé, prévoyance avec des barèmes de commission transparents.
Visez 5 à 8 conventions au démarrage. Vous n’avez pas besoin de 30 partenaires pour commencer. L’objectif est de pouvoir proposer un choix suffisant à vos clients, sans vous disperser. Pour approfondir la question des mandats de courtage, consultez notre article Mandats courtage : comment les obtenir.
Étape 6 : mettre à jour vos outils et vos procédures (semaines 12 à 14)
Plusieurs éléments à adapter dans votre activité quotidienne :
- Documents contractuels : mettre à jour votre mandat de recherche pour inclure les produits d’assurance, créer un document d’entrée en relation (DER) conforme DDA, préparer les fiches de recueil des besoins en assurance.
- CRM : ajouter les champs relatifs à l’assurance dans votre outil de gestion (produits détenus, échéances, commissions récurrentes).
- Site web : mettre à jour vos pages pour mentionner l’activité de courtage en assurance, ajouter la mention ORIAS avec les deux catégories.
- Cartes de visite et signature mail : ajouter la mention “Courtier en assurance, catégorie COA” à côté de votre mention COBSP.
- Comptabilité : prévoir le suivi des commissions d’assurance (encaissement, lettrage, rapprochement avec les bordereaux des compagnies).
Étape 7 : former votre équipe (semaines 12 à 16)
Si vous avez des collaborateurs, ils doivent eux aussi disposer de la capacité professionnelle IAS pour présenter des produits d’assurance. La formation IAS Niveau I est requise pour toute personne directement en contact avec la clientèle sur les sujets d’assurance.
FormaCourtage propose des tarifs adaptés pour les équipes. N’hésitez pas à nous contacter pour un devis personnalisé.
Découvrir les offres de formation
Le cadre juridique et réglementaire de la double activité
Deux registrations, un seul cadre déontologique
Le courtier doublement immatriculé COBSP + COA est soumis à deux corps de règles :
- Pour l’activité crédit : le Code monétaire et financier, les directives de l’ACPR, les obligations IOBSP.
- Pour l’activité assurance : le Code des assurances, la DDA (Directive sur la Distribution d’Assurances), les obligations IAS.
Dans la pratique, les deux cadres partagent des principes communs : devoir de conseil, recueil des besoins du client, information préalable, prévention des conflits d’intérêts. Si vous êtes déjà rigoureux dans votre activité de courtage en crédit, l’adaptation au cadre assurantiel sera naturelle.
Le devoir de conseil renforcé
La DDA, transposée en droit français depuis 2018, impose un devoir de conseil exigeant. Avant toute recommandation de produit d’assurance, vous devez :
- Recueillir les exigences et les besoins du client (document formalisé).
- Recommander un produit cohérent avec ces besoins (recommandation personnalisée).
- Fournir un document d’information produit (IPID pour les assurances non-vie, DIC pour les produits d’investissement).
- Informer le client de votre statut, de vos liens avec les compagnies, et de votre mode de rémunération.
- Documenter l’ensemble du processus dans un dossier client consultable.
Cela représente un surcroît de formalisme par rapport au crédit, mais c’est aussi ce qui protège le courtier en cas de litige. Un dossier bien tenu est la meilleure assurance RC Pro qui soit.
La formation continue obligatoire
En tant que COBSP, vous êtes tenu à 7 heures de formation continue par an. En ajoutant la catégorie COA, vous devez ajouter 15 heures de formation continue en assurance (obligation DDA). Soit un total de 22 heures par an.
Ces 15 heures doivent porter sur des thématiques réglementaires : évolution du cadre juridique, produits d’assurance, protection du client, lutte contre le blanchiment, cybersécurité. FormaCourtage propose des modules de formation continue conformes aux exigences DDA. Consultez notre article Formation continue 15h : les règles pour tout comprendre.
Le contrôle de l’ACPR
L’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) supervise les intermédiaires en assurance et en banque. En tant que courtier doublement immatriculé, vous êtes susceptible de faire l’objet de contrôles sur vos deux activités. Les points les plus fréquemment vérifiés :
- La conformité de votre capacité professionnelle (formation initiale et continue).
- La qualité de vos dossiers de conseil (recueil des besoins, recommandation, information).
- La gestion des conflits d’intérêts (notamment quand vous recommandez un assureur partenaire).
- Le traitement des réclamations.
- La lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme (LCB-FT).
Rien de nouveau pour un courtier en crédit habitué à la rigueur réglementaire. Mais il est important d’adapter vos procédures internes pour couvrir les deux activités.
Comment intégrer l’assurance dans votre workflow crédit existant
Le bon moment pour parler assurance
La question du timing est cruciale. Vous ne voulez pas parler assurance trop tôt (le client est concentré sur son financement) ni trop tard (il a déjà souscrit ailleurs). Voici les moments optimaux dans le parcours de financement :
Moment 1 : l’étude de faisabilité
Lors du premier rendez-vous, quand vous analysez la capacité d’emprunt, vous recueillez déjà toutes les informations nécessaires : revenus, charges, situation familiale, patrimoine. C’est le moment de planter la graine : “Au moment de finaliser votre financement, nous reviendrons sur l’assurance emprunteur. Je pourrai vous proposer une solution souvent plus avantageuse que celle de la banque.”
Vous ne vendez rien à ce stade. Vous informez. Vous positionnez votre double compétence.
Moment 2 : l’obtention de l’accord de principe
Le client a obtenu un accord bancaire. Il est soulagé, enthousiaste. C’est le moment idéal pour aborder l’assurance emprunteur en délégation. Le client est réceptif, car il voit la concrétisation de son projet. Vous lui présentez un comparatif entre l’assurance groupe de la banque et une délégation externe.
Moment 3 : entre le compromis et la signature notaire
Pendant cette période (généralement 2 à 3 mois), le client a le temps de réfléchir. C’est le bon moment pour aborder les autres besoins : MRH (obligatoire avant la remise des clés), prévoyance, révision des contrats existants.
Moment 4 : après la signature
Le crédit est signé, le client est installé. Un mois ou deux après, prenez un rendez-vous bilan pour faire le point sur l’ensemble de sa couverture assurantielle. C’est une démarche de conseil qui renforce la relation et ouvre la porte à des ventes complémentaires.
Le recueil des besoins intégré
L’une des manières les plus efficaces d’intégrer l’assurance dans votre processus crédit est de fusionner vos recueils des besoins. Au lieu de deux formulaires séparés (un pour le crédit, un pour l’assurance), créez un document unique qui couvre l’ensemble des besoins du client :
- Situation personnelle et familiale (commun crédit + assurance)
- Revenus et charges (commun crédit + assurance)
- Patrimoine et endettement (commun crédit + assurance)
- Projet immobilier et financement (spécifique crédit)
- Couvertures d’assurance existantes (spécifique assurance)
- Besoins identifiés en assurance (emprunteur, MRH, prévoyance, santé, auto)
- Priorités et budget du client
Ce document unique présente un double avantage : il est plus efficace pour le client (un seul entretien au lieu de deux) et il vous donne une vision complète de la situation, ce qui renforce la qualité de votre conseil.
Le script de transition naturelle
Beaucoup de courtiers en crédit hésitent à parler assurance par peur de paraître “vendeurs”. La clé est d’aborder le sujet comme une extension naturelle de votre mission de conseil, pas comme une vente additionnelle. Voici un exemple de transition fluide :
“Monsieur et Madame Durand, votre financement est bien avancé. La banque vous a fait une proposition d’assurance emprunteur à 0.34 %. Avant de valider, je vous propose de regarder ensemble si on peut trouver mieux. Depuis la loi Lemoine, vous avez le droit de choisir librement votre assurance. En général, mes clients économisent entre 30 et 50 % sur cette ligne. Cela représente sur 25 ans une économie de plusieurs milliers d’euros. Voulez-vous qu’on regarde ça ensemble ?”
Le client ne peut pas dire non. Vous ne lui vendez rien. Vous lui proposez d’économiser de l’argent sur une dépense qu’il doit de toute façon engager. C’est du conseil pur.
Pour la MRH, la transition est tout aussi naturelle : “Pour la remise des clés, vous aurez besoin d’une attestation d’assurance habitation. Si vous voulez, je peux m’en occuper en même temps que le reste du dossier. Ça vous évite une démarche supplémentaire.”
Pour la prévoyance, c’est un peu plus délicat, car le besoin n’est pas immédiat. Mais le contexte du crédit s’y prête parfaitement : “En regardant votre dossier, je constate que votre couverture prévoyance mérite un point d’attention. L’assurance emprunteur couvre le remboursement du crédit en cas de problème, mais elle ne couvre pas vos autres charges. Avec deux enfants et un crédit de 1 800 euros par mois, il est prudent de vérifier que votre famille est protégée. C’est un sujet qu’on peut aborder maintenant ou lors d’un prochain rendez-vous, comme vous préférez.”
Vous laissez le choix au client. Vous ne forcez rien. Mais vous avez posé la question, et dans 80 % des cas, le client voudra en savoir plus.
L’empilement des commissions : le vrai levier de rentabilité
Comprendre le mécanisme
L’empilement des commissions (commission stacking) est le principe selon lequel un seul client génère plusieurs commissions issues de produits différents. C’est le levier de rentabilité le plus puissant du courtier doublement immatriculé.
Un client en financement immobilier peut générer les commissions suivantes :
| Produit | Commission initiale | Commission récurrente annuelle |
|---|---|---|
| Crédit immobilier | 2 000 à 4 000 EUR | 0 EUR (one-shot) |
| Assurance emprunteur | 400 à 1 200 EUR | 80 à 300 EUR |
| MRH | 40 à 120 EUR | 40 à 120 EUR |
| Prévoyance individuelle | 300 à 800 EUR | 75 à 250 EUR |
| Assurance auto | 60 à 200 EUR | 60 à 200 EUR |
| Protection juridique | 20 à 50 EUR | 20 à 50 EUR |
| Total | 2 820 à 6 370 EUR | 275 à 920 EUR/an |
Comparez avec le scénario actuel où vous ne percevez que la commission crédit : 2 000 à 4 000 euros, et rien de récurrent.
L’ajout de l’assurance ne double pas seulement votre commission initiale. Il crée un flux de revenus récurrents qui n’existait pas. Et ce flux croît chaque année avec l’accumulation des contrats en portefeuille.
Le coût d’acquisition par client chute
Votre coût d’acquisition client est le même, que vous vendiez uniquement du crédit ou du crédit plus de l’assurance. Le client est déjà devant vous. Vous avez déjà investi en publicité, en référencement, en réseau pour l’attirer. En ajoutant l’assurance, vous augmentez la valeur de chaque client sans augmenter le coût pour l’acquérir.
C’est un concept fondamental en stratégie commerciale : augmenter le revenu par client (ARPU, Average Revenue Per User) est toujours plus rentable que d’augmenter le nombre de clients. Car chaque nouveau client coûte de l’argent à acquérir (publicité, temps commercial, gestion administrative), alors qu’un produit supplémentaire à un client existant ne coûte presque rien en marginal.
La fidélisation par la multi-équipement
Un client qui a son crédit et son assurance chez vous a beaucoup moins de raisons de vous quitter. C’est un principe bien connu des banques : plus le client est multi-équipé (compte courant + épargne + crédit + assurance + carte bancaire), moins il a de chances de partir.
Le même mécanisme fonctionne pour le courtier. Un client mono-produit (crédit uniquement) ne vous recontacte qu’en cas de nouveau projet immobilier, soit en moyenne tous les 7 à 10 ans. Un client multi-équipé (crédit + emprunteur + MRH + prévoyance) a un point de contact avec vous au moins une fois par an (révision des contrats, échéance, sinistre). Cette fréquence de contact renforce la relation, génère du bouche-à-oreille, et crée des opportunités de ventes complémentaires.
La loi Lemoine : votre meilleur argument commercial
Ce que change la loi Lemoine pour un courtier en crédit
La loi Lemoine du 28 février 2022 a transformé le marché de l’assurance emprunteur. Trois mesures clés :
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Résiliation à tout moment : tout emprunteur peut changer d’assurance de prêt à tout moment, sans frais, sans préavis, dès le premier jour du contrat. Plus besoin d’attendre la date anniversaire.
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Suppression du questionnaire de santé : pour les prêts inférieurs à 200 000 euros par assuré dont le terme intervient avant le 60e anniversaire, le questionnaire de santé est supprimé. Cela facilite énormément la délégation pour une grande partie des emprunteurs.
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Droit à l’oubli renforcé : les anciens malades du cancer n’ont plus à déclarer leur pathologie 5 ans après la fin du protocole thérapeutique (contre 10 ans auparavant).
Ce que cela signifie pour votre activité
La loi Lemoine ouvre un marché énorme pour le courtier doublement immatriculé COBSP + COA. Non seulement vous pouvez proposer une délégation d’assurance à vos nouveaux clients (au moment du financement), mais vous pouvez aussi recontacter tous vos anciens clients pour leur proposer un changement d’assurance.
Prenons un exemple concret. Un client que vous avez financé il y a 3 ans a souscrit l’assurance groupe de sa banque à 0.36 %. Le marché a évolué. Vous pouvez lui proposer une délégation à 0.18 %, soit une économie de 50 % sur sa cotisation d’assurance. Sur un capital restant dû de 200 000 euros sur 22 ans, cela représente une économie de près de 8 000 euros.
Le client est ravi. Vous percevez une commission. Vous renforcez la relation. Et le client vous recommande à son entourage. C’est un cercle vertueux.
Le discours commercial
Quand vous recontactez un ancien client pour lui proposer un changement d’assurance emprunteur, le discours est simple et factuel :
“Bonjour, c’est [votre nom], le courtier qui a accompagné votre financement en [année]. Je vous appelle car, depuis la loi Lemoine, il est possible de changer d’assurance de prêt à tout moment. J’ai fait une simulation sur votre profil, et vous pourriez économiser [montant] euros sur la durée restante de votre crédit, avec des garanties équivalentes voire supérieures. Cela vous intéresse que je vous envoie le comparatif ?”
C’est du conseil. Pas de la vente agressive. Vous apportez une information utile à un client qui vous fait déjà confiance. Le taux de conversion sur ce type d’appel est généralement supérieur à 40 %.
La communication avec vos clients : annoncer votre nouvelle activité
Informer votre portefeuille existant
Quand vous obtenez votre immatriculation COA, c’est un événement commercial à exploiter. Voici les canaux à activer :
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Email à votre base clients : un message simple et professionnel, du type : “Nous élargissons nos services. En plus du courtage en crédit, notre cabinet est désormais immatriculé en courtage en assurance (catégorie COA, ORIAS n…). Cela signifie que nous pouvons désormais vous accompagner sur l’assurance emprunteur, la multirisque habitation, la prévoyance et l’ensemble de vos besoins en assurance. N’hésitez pas à nous contacter pour un bilan gratuit de vos couvertures.”
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Publication sur les réseaux sociaux : LinkedIn, Facebook, selon votre stratégie. Annoncez la nouvelle, expliquez la valeur ajoutée pour vos clients.
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Mise à jour de votre site web : ajoutez une page dédiée à vos services d’assurance, mettez à jour votre page “À propos” et vos mentions légales.
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Partenaires prescripteurs : informez vos apporteurs d’affaires (agents immobiliers, notaires, CGP, experts-comptables) que vous proposez désormais l’assurance. Cela peut élargir le périmètre de leurs recommandations.
Le bon ton à adopter
L’erreur serait de tomber dans le discours commercial agressif. Vos clients vous font confiance pour le crédit. Vous devez aborder l’assurance avec la même posture de conseil, la même objectivité, le même souci de leur intérêt.
Quelques principes :
- Toujours partir du besoin du client, jamais du produit. Ne dites pas “j’ai un super contrat MRH à vous proposer”. Dites “pour votre nouveau logement, avez-vous déjà prévu l’assurance habitation ? Je peux comparer plusieurs offres pour vous si vous le souhaitez.”
- Ne jamais forcer. Si le client dit qu’il est satisfait de son assureur actuel, respectez-le. Proposez simplement un comparatif gratuit, sans engagement. Dans beaucoup de cas, le client reviendra vers vous quelques semaines plus tard.
- Être transparent sur votre rémunération. La DDA l’impose, mais au-delà de l’obligation légale, la transparence renforce la confiance. “Je suis rémunéré par les compagnies d’assurance sous forme de commissions. Cela ne vous coûte rien de plus, et cela me permet de vous offrir ce service de conseil gratuit.”
Erreurs à éviter dans la transition
Erreur 1 : vouloir tout faire tout de suite
La tentation est de proposer toute la gamme d’assurance dès le premier mois. Assurance emprunteur, MRH, auto, santé, prévoyance, vie, pro, collective… C’est une erreur. Vous serez médiocre sur tout et excellent sur rien.
Commencez par l’assurance emprunteur et la MRH. Ce sont les deux produits les plus proches de votre activité actuelle, ceux où votre légitimité est la plus forte, et ceux où le besoin client est le plus immédiat. Maîtrisez-les parfaitement pendant 6 mois. Ensuite, ajoutez la prévoyance. Puis, progressivement, les autres lignes de produits.
Erreur 2 : négliger la formation continue
Obtenir la capacité IAS 150h est une condition nécessaire, mais pas suffisante. Le marché de l’assurance évolue en permanence : nouveaux produits, nouvelles réglementations, nouvelles jurisprudences. Si vous ne maintenez pas vos connaissances à jour, vous perdrez en compétence et en crédibilité.
Les 15 heures de formation continue annuelle ne sont pas une contrainte administrative. C’est un investissement dans la qualité de votre conseil. Prenez-les au sérieux.
Erreur 3 : sous-estimer le back-office assurance
Le courtage en assurance génère un volume administratif non négligeable : émission des contrats, suivi des avenants, gestion des sinistres, lettrage des commissions, rapprochement des bordereaux. Si vous n’anticipez pas cette charge, vous risquez d’être débordé.
Prévoyez des outils adaptés (logiciel de gestion courtage), des procédures claires, et éventuellement un renfort administratif si votre volume le justifie.
Erreur 4 : oublier de séparer les obligations réglementaires
Chaque activité a ses obligations propres. Le document d’entrée en relation (DER) en assurance n’est pas le même qu’en crédit. Le recueil des besoins en assurance ne suit pas le même format qu’en crédit. Les mentions légales sur votre site doivent couvrir les deux activités. Ne mélangez pas les deux cadres, même si la tentation de simplifier est forte.
Erreur 5 : négliger le suivi de portefeuille
En crédit, votre travail se termine à la mise en place du prêt. En assurance, il commence à la souscription. Le suivi des contrats en portefeuille (renouvellements, sinistres, révisions de garanties, recontacts annuels) est ce qui fait la différence entre un courtier qui empile des contrats et un courtier qui construit un portefeuille rentable et pérenne.
Mettez en place un calendrier de suivi : chaque client assuré doit être recontacté au moins une fois par an pour un point sur ses couvertures. C’est bon pour la relation, bon pour la conformité réglementaire, et bon pour les ventes complémentaires.
Foire aux questions
Puis-je exercer le courtage en crédit et en assurance avec la même société ?
Oui. La double immatriculation COBSP + COA peut être portée par la même personne morale ou physique. Vous n’avez pas besoin de créer une structure juridique distincte. Il suffit de demander l’ajout de la catégorie COA à votre immatriculation ORIAS existante. Votre objet social doit toutefois mentionner les deux activités. Vérifiez vos statuts et modifiez-les si nécessaire (simple formalité au greffe du tribunal de commerce).
Combien de temps faut-il pour obtenir la double immatriculation ?
Comptez 10 à 14 semaines au total. La formation IAS 150h prend entre 6 et 10 semaines selon votre rythme. Les démarches administratives (RC Pro, garantie financière, demande ORIAS) prennent 2 à 4 semaines supplémentaires. Vous pouvez paralléliser une partie de ces démarches avec la fin de la formation. Dans le meilleur des cas, vous pouvez être opérationnel en 10 semaines.
Quel est le coût total pour ajouter l’activité assurance ?
Le budget total se décompose ainsi : formation IAS 150h (à partir de 399 euros chez FormaCourtage), extension ou souscription RC Pro (300 à 800 euros/an), garantie financière (400 à 1 200 euros/an), frais ORIAS pour l’ajout de catégorie (25 euros). Soit un investissement initial de l’ordre de 1 200 à 2 500 euros, amortissable dès les premiers contrats d’assurance placés. Avec une seule délégation d’assurance emprunteur, vous couvrez l’intégralité de l’investissement.
La formation IAS est-elle différente quand on est déjà courtier en crédit ?
Le programme réglementaire est identique pour tous les candidats : 150 heures réparties en 5 unités de valeur. Il n’existe pas de dispense pour les courtiers en crédit. Cependant, votre expérience vous donne un avantage : vous maîtrisez déjà une partie des concepts financiers, vous connaissez le cadre réglementaire de l’intermédiation, et vous avez l’habitude de la relation client. La courbe d’apprentissage est donc plus rapide que pour un candidat sans expérience dans les métiers financiers.
Dois-je informer la banque de France ou l’ACPR de ma nouvelle activité ?
Non, pas directement. L’ORIAS se charge de la communication avec l’ACPR. Votre immatriculation ORIAS fait office de déclaration officielle. L’ACPR aura accès à vos informations via le registre ORIAS. Vous n’avez aucune démarche supplémentaire à faire auprès des autorités de contrôle. En revanche, vous devez informer vos partenaires bancaires de votre nouvelle activité, car certains contrats de courtage en crédit contiennent des clauses relatives aux activités complémentaires.
Les commissions crédit et assurance sont-elles imposées différemment ?
Non. Du point de vue fiscal, les commissions de courtage en crédit et en assurance sont traitées de la même manière. Ce sont des revenus professionnels soumis à l’impôt sur les sociétés (si vous êtes en société) ou à l’impôt sur le revenu dans la catégorie BIC ou BNC (selon votre statut). La TVA ne s’applique pas aux commissions d’intermédiation en assurance (exonération prévue à l’article 261 C du CGI), ce qui est un avantage par rapport aux commissions de crédit (qui peuvent être soumises à TVA selon les cas). Consultez votre expert-comptable pour adapter votre comptabilité.
Que se passe-t-il en cas de sinistre sur un contrat d’assurance que j’ai placé ?
En tant que courtier en assurance, vous avez un rôle de conseil et d’accompagnement, mais vous n’êtes pas l’assureur. La gestion du sinistre incombe à la compagnie d’assurance. Votre rôle est d’aider votre client à déclarer le sinistre, à constituer son dossier, et à suivre le traitement. C’est un service à forte valeur ajoutée qui fidélise le client. En cas de litige avec la compagnie, vous pouvez intervenir en médiateur. Votre responsabilité professionnelle peut être engagée si le sinistre révèle un défaut de conseil (par exemple, une garantie absente qui aurait dû être recommandée). C’est pourquoi la qualité du recueil des besoins initial est fondamentale.
Le plan d’action en résumé
Vous êtes courtier en crédit et vous souhaitez ajouter l’assurance à votre activité. Voici le chemin le plus direct :
- Semaines 1 à 10 : suivre la formation IAS 150h chez FormaCourtage, en parallèle de votre activité.
- Semaines 8 à 10 : souscrire ou étendre votre RC Pro et votre garantie financière.
- Semaines 10 à 12 : soumettre la demande d’ajout de catégorie COA à l’ORIAS.
- Semaines 10 à 14 : signer des conventions de courtage avec 5 à 8 assureurs.
- Semaines 12 à 14 : mettre à jour vos outils, documents, et site web.
- Semaine 14 : commencer à proposer l’assurance à vos clients, en commençant par l’emprunteur et la MRH.
- Mois 4 à 6 : ajouter progressivement la prévoyance et les produits professionnels.
- Mois 6 à 12 : recontacter votre portefeuille existant pour des délégations d’assurance emprunteur (loi Lemoine).
En moins de 4 mois, vous pouvez être opérationnel. En un an, l’assurance peut représenter 20 à 30 % de votre chiffre d’affaires. En trois ans, elle peut dépasser les 40 %, avec une composante récurrente qui sécurise votre activité et lisse vos revenus tout au long de l’année.
Le crédit immobilier est cyclique. Quand les taux montent, les volumes baissent. Quand le marché immobilier ralentit, vos dossiers se raréfient. L’assurance, elle, est un marché de stock. Chaque contrat placé continue de produire des revenus année après année, indépendamment du cycle immobilier. C’est la meilleure diversification que vous puissiez apporter à votre cabinet.
Pour devenir courtier en assurance et comprendre le parcours complet, lisez notre guide Comment devenir courtier en assurance.
Démarrer la formation IAS 150h et obtenir votre double immatriculation