Romain a son attestation. Et maintenant ?
Romain, 36 ans, vient d’obtenir sa capacité professionnelle IAS niveau 1. Son attestation est entre ses mains. 150 heures de formation, un examen validé à 84/100, et cette certitude : il veut devenir courtier en assurance à son compte. Pas salarié, pas mandataire. Patron de son propre cabinet.

Sauf que Romain ne sait pas par où commencer. Micro-entreprise ou SAS ? Faut-il un local ? Combien coûte la RC Pro ? Comment obtenir ses premières conventions de courtage ? Et surtout, combien de temps avant de signer son premier client ?
C’est la question que tout le monde pose, et à laquelle peu de gens répondent honnêtement. La plupart des guides en ligne restent vagues, mélangent les statuts, oublient les coûts réels. Ce guide est différent. Il couvre chaque étape, chaque coût, chaque décision, avec les chiffres que vous allez réellement rencontrer.
Si vous n’avez pas encore votre capacité professionnelle, commencez par notre guide pour devenir courtier en assurance. Si vous avez déjà votre attestation IAS ou votre diplôme, vous êtes au bon endroit.
Voici le chemin complet pour passer de l’attestation de formation à votre premier client.
Étape 1 : choisir votre statut juridique
Le choix du statut juridique est la première décision concrète. Elle conditionne vos charges sociales, votre fiscalité, votre responsabilité, et même la façon dont vos partenaires assureurs vous percevront. Ne la prenez pas à la légère, mais ne la laissez pas non plus vous bloquer pendant des semaines.
Quatre options méritent votre attention. Chacune a ses avantages et ses limites.
La micro-entreprise : simple, rapide, limitée
La micro-entreprise (ex auto-entreprise) est le statut le plus simple pour démarrer. Vous pouvez la créer en ligne en 15 minutes sur le site de l’URSSAF, sans capital, sans statuts, sans publication d’annonce légale. C’est gratuit.
Les avantages sont réels :
- Création instantanée et gratuite
- Comptabilité simplifiée (un simple livre de recettes suffit)
- Charges sociales calculées sur le chiffre d’affaires réel (pas de charges si pas de revenus)
- Franchise de TVA en dessous de 36 800 euros de CA annuel (seuil 2025-2026 pour les prestations de services)
- Déclaration trimestrielle ou mensuelle, au choix
Les limites sont tout aussi réelles :
- Plafond de chiffre d’affaires : 77 700 euros par an pour les prestations de services. Au-delà, vous basculez automatiquement en entreprise individuelle classique ou devez créer une société
- Aucune déduction de charges (loyer, outils, frais de déplacement). Vous payez des charges sur votre CA brut, pas sur votre bénéfice
- Responsabilité illimitée sur vos biens personnels (sauf résidence principale protégée par la loi depuis 2015)
- Image parfois moins professionnelle auprès de certains assureurs partenaires
- Pas de possibilité de s’associer
Le taux de charges sociales en micro-entreprise pour une activité de courtage (BNC, prestations de services) est de 21,1 % du chiffre d’affaires. Ajoutez la contribution à la formation professionnelle (0,2 %) et l’impôt sur le revenu (soit au barème progressif, soit au versement libératoire à 2,2 % si vous y êtes éligible).
La micro-entreprise convient si vous démarrez seul, que vous testez l’activité en parallèle d’un emploi salarié, ou que vous voulez valider votre marché avant d’investir dans une structure plus lourde.
L’EURL : l’entreprise individuelle en société
L’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) est la version à associé unique de la SARL. Elle offre une protection de votre patrimoine personnel (responsabilité limitée aux apports) tout en gardant un cadre juridique bien connu et documenté.
Les avantages :
- Responsabilité limitée au montant de vos apports
- Possibilité de déduire vos charges réelles (loyer, outils, frais professionnels)
- Statut de gérant TNS (travailleur non salarié) : charges sociales plus basses qu’un président de SAS
- Possibilité d’opter pour l’impôt sur les sociétés (IS) pour optimiser votre fiscalité à mesure que vos revenus augmentent
- Cadre juridique stable et prévisible
Les limites :
- Gérant TNS affilié au régime général depuis 2020, mais avec des couvertures sociales historiquement plus faibles (pas d’assurance chômage, prévoyance à souscrire soi-même)
- Formalisme : statuts à rédiger, dépôt de capital, publication d’annonce légale
- Coût de création : 200 à 500 euros en autonome, 1 000 à 2 000 euros avec un avocat ou un expert-comptable
- Régime social du gérant parfois complexe à optimiser sans accompagnement
- Transformation en SARL nécessaire si vous prenez un associé
Les charges sociales du gérant d’EURL au régime TNS représentent environ 40 à 45 % de la rémunération nette versée. C’est significatif, mais inférieur aux charges d’un président de SAS.
La SAS/SASU : la flexibilité maximale
La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) est devenue le statut préféré des créateurs d’entreprise en France. Et pour cause : elle offre une flexibilité remarquable dans l’organisation, la répartition des bénéfices et l’évolution de la structure.
Les avantages :
- Responsabilité limitée aux apports
- Président assimilé salarié : couverture sociale du régime général (sauf assurance chômage), bulletins de paie, cotisations retraite du régime général
- Possibilité de se verser des dividendes à flat tax (30 %) en complément ou à la place d’une rémunération
- Grande liberté statutaire : vous organisez la gouvernance comme vous le souhaitez
- Image professionnelle solide auprès des assureurs partenaires
- Facilité pour intégrer un associé plus tard (transformation en SAS multi-associés sans changer de forme juridique)
- Possibilité d’accueillir des investisseurs si vous développez un cabinet ambitieux
Les limites :
- Charges sociales élevées sur la rémunération du président : environ 65 à 80 % du salaire net (cotisations patronales et salariales cumulées)
- Si vous ne vous versez aucune rémunération pour minimiser les charges, vous n’acquerrez aucun droit à la retraite ni à la protection sociale
- Coût de création plus élevé : comptez 300 à 500 euros en autonome (greffe, annonce légale, dépôt de capital), 1 500 à 2 500 euros avec un professionnel
- Comptabilité obligatoirement tenue par un expert-comptable dans la pratique (bilan, compte de résultat, liasse fiscale)
- Formalisme annuel : assemblée générale, approbation des comptes, dépôt au greffe
La stratégie la plus courante en SASU est de combiner une rémunération modeste (pour avoir une protection sociale de base) et des dividendes (taxés à 30 % flat tax, sans charges sociales). Cette optimisation est légale et largement pratiquée, mais elle nécessite de générer suffisamment de bénéfices pour être pertinente.
La SARL : si vous démarrez à plusieurs
Si vous créez votre cabinet avec un associé, la SARL est le choix naturel. Elle fonctionne comme l’EURL mais avec plusieurs associés. Le gérant majoritaire est TNS (mêmes avantages et limites que le gérant d’EURL), le gérant minoritaire est assimilé salarié.
La SARL est pertinente si vous lancez le cabinet à deux, avec des rôles clairs (l’un gère le commercial, l’autre la gestion). Elle impose cependant un cadre plus rigide que la SAS pour l’organisation interne.
Tableau comparatif des statuts juridiques
| Critère | Micro-entreprise | EURL | SASU | SARL |
|---|---|---|---|---|
| Charges sociales | 21,1 % du CA | 40-45 % de la rémunération | 65-80 % de la rémunération | 40-45 % (gérant majoritaire) |
| Responsabilité | Illimitée | Limitée aux apports | Limitée aux apports | Limitée aux apports |
| Plafond CA | 77 700 euros | Aucun | Aucun | Aucun |
| Coût de création | 0 euro | 200-500 euros | 300-500 euros | 200-500 euros |
| Coût avec accompagnement | 0 euro | 1 000-2 000 euros | 1 500-2 500 euros | 1 000-2 000 euros |
| Complexité comptable | Très faible | Moyenne | Élevée | Moyenne |
| Protection sociale | Minimale | TNS (à compléter) | Régime général | TNS gérant majoritaire |
| Dividendes | Non | Oui (IS) | Oui (flat tax 30 %) | Oui (soumis à charges au-delà de 10 % du capital pour le gérant majoritaire) |
| Image professionnelle | Correcte | Bonne | Très bonne | Bonne |
| Évolution (associés) | Impossible | Transformation SARL | Ajout simple | Déjà prévue |
La recommandation concrète
Si vous testez l’activité en parallèle d’un emploi salarié ou que vous voulez valider votre marché avec un investissement minimal, démarrez en micro-entreprise. Vous pourrez basculer en société plus tard, quand vos revenus le justifieront.
Si vous vous lancez à temps plein avec la conviction de faire du courtage votre métier principal, créez une SASU. La flexibilité, la protection du patrimoine, la crédibilité auprès des partenaires et la possibilité d’optimiser entre rémunération et dividendes en font le meilleur choix pour un cabinet de courtage ambitieux.
Si vous êtes deux, la SARL ou la SAS selon vos préférences de régime social.
Ne passez pas trois mois sur cette décision. Choisissez, avancez, et ajustez plus tard si nécessaire. Le statut juridique est un outil, pas une fin en soi.
Étape 2 : créer votre société
Une fois votre choix fait, la création administrative est plus simple qu’on ne le pense. Voici le processus étape par étape.
Pour la micro-entreprise
La procédure est entièrement en ligne :
- Rendez-vous sur le Guichet Unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), qui remplace les anciens CFE depuis janvier 2023
- Créez votre compte et remplissez le formulaire de déclaration d’activité
- Choisissez le code APE 66.22Z (activités des agents et courtiers d’assurances)
- Déclarez votre activité en BNC (bénéfices non commerciaux) pour le courtage en assurance
- Optez pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu si votre revenu fiscal de référence de l’année N-2 ne dépasse pas le seuil (27 478 euros par part en 2025)
- Recevez votre numéro SIRET sous 1 à 2 semaines
Coût total : 0 euro.
Pour l’EURL ou la SASU
Le processus est plus complet mais reste accessible :
- Rédiger les statuts : vous pouvez utiliser des modèles en ligne (attention à leur qualité) ou faire appel à un avocat ou un expert-comptable. Les statuts définissent l’objet social (conseil et courtage en assurances), le siège social, le capital, les règles de fonctionnement
- Déposer le capital social : minimum 1 euro légal, mais prévoyez au moins 500 à 1 000 euros pour la crédibilité. Le dépôt se fait auprès d’une banque, d’un notaire ou d’un service en ligne dédié
- Publier une annonce légale : obligatoire, coût fixe d’environ 140 à 230 euros selon le département et la forme juridique
- Immatriculer la société via le Guichet Unique de l’INPI : transmission au greffe du tribunal de commerce, qui délivre votre extrait Kbis sous 3 à 7 jours ouvrables
- Obtenir votre numéro SIRET et votre code APE (66.22Z)
- Ouvrir un compte bancaire professionnel : obligatoire pour les sociétés (EURL, SASU, SARL, SAS)
Les coûts de création par structure
| Poste de dépense | Micro-entreprise | EURL | SASU |
|---|---|---|---|
| Rédaction des statuts | Non applicable | 0 euro (modèle) à 1 500 euros (avocat) | 0 euro (modèle) à 2 000 euros (avocat) |
| Annonce légale | Non applicable | 140-200 euros | 140-230 euros |
| Immatriculation greffe | 0 euro | 60-70 euros | 60-70 euros |
| Dépôt de capital | Non applicable | Gratuit à 100 euros | Gratuit à 100 euros |
| Total sans accompagnement | 0 euro | 200-370 euros | 200-400 euros |
| Total avec professionnel | 0 euro | 1 000-2 000 euros | 1 500-2 500 euros |
Le délai réaliste
Comptez 1 à 3 semaines entre le moment où vous lancez les démarches et le moment où vous recevez votre Kbis. En micro-entreprise, c’est souvent opérationnel sous une semaine.
Un conseil : ne perdez pas de temps à chercher le nom parfait ou le logo idéal avant de vous immatriculer. Votre dénomination sociale peut être modifiée plus tard (moyennant des frais de modification statutaire). L’important est de lancer la machine administrative pendant que vous avancez sur les autres étapes en parallèle.
Étape 3 : remplir vos obligations professionnelles
C’est ici que le courtage en assurance se distingue de la plupart des autres activités. Le Code des assurances (articles L. 511-1 et suivants) impose aux intermédiaires en assurance un ensemble d’obligations strictes. Les ignorer, c’est s’exposer à des sanctions de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) et à l’impossibilité d’exercer.
L’assurance de responsabilité civile professionnelle (RC Pro)
L’article L. 512-6 du Code des assurances impose à tout courtier de souscrire une assurance RC Pro. Elle couvre les dommages causés à vos clients dans le cadre de votre activité : erreur de conseil, défaut d’information, faute professionnelle.
Les garanties minimales sont fixées par voie réglementaire :
- 1 500 000 euros par sinistre
- 2 000 000 euros par année d’assurance
En pratique, voici ce que vous devez savoir :
- Le coût annuel varie de 500 à 1 500 euros selon votre chiffre d’affaires prévisionnel, les branches d’assurance que vous commercialisez et l’assureur choisi
- Les courtiers débutants obtiennent généralement des tarifs autour de 500 à 800 euros la première année
- La prime augmente avec votre CA et votre portefeuille
- Certains courtiers grossistes incluent la RC Pro dans leur offre de partenariat, ce qui peut simplifier la démarche
- Vous devez pouvoir présenter votre attestation RC Pro à tout moment (vos clients, l’ORIAS, l’ACPR peuvent la demander)
Souscrivez votre RC Pro avant de demander votre inscription ORIAS. Sans elle, votre dossier sera refusé.
La garantie financière
La garantie financière est obligatoire si vous encaissez des fonds destinés à être versés à une entreprise d’assurance ou à des assurés (article L. 512-7 du Code des assurances). Son montant minimum est de 115 000 euros.
Concrètement, cette obligation s’applique si vous :
- Encaissez les primes d’assurance de vos clients avant de les reverser à la compagnie
- Gérez des fonds dans le cadre de sinistres
- Manipulez de l’argent pour le compte de tiers dans votre activité de courtage
Si vous travaillez uniquement en mandat d’encaissement (c’est la compagnie qui encaisse directement les primes du client, pas vous), la garantie financière n’est pas obligatoire. C’est le cas de la majorité des courtiers débutants, et c’est la configuration recommandée au démarrage.
Si vous devez la souscrire, comptez 300 à 800 euros par an. Elle est délivrée par une banque ou un assureur agréé.
L’inscription au registre ORIAS
L’ORIAS (Organisme pour le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance) est le registre obligatoire pour tout intermédiaire en assurance. Sans inscription, vous ne pouvez pas exercer légalement.
Le processus est détaillé dans notre guide complet de l’inscription ORIAS, mais voici le résumé :
Documents requis :
- Justificatif de capacité professionnelle (attestation de formation IAS 150h, diplôme, ou attestation d’expérience)
- Attestation de RC Pro en cours de validité
- Attestation de garantie financière (si applicable)
- Extrait Kbis de moins de 3 mois (ou avis de situation INSEE pour les micro-entrepreneurs)
- Attestation sur l’honneur d’honorabilité
- Pièce d’identité du dirigeant
Coût : 25 euros par an.
Délai : 2 à 4 semaines pour l’instruction du dossier. Votre numéro ORIAS sera votre carte d’identité professionnelle. Il figure sur le registre public consultable par n’importe qui sur orias.fr.
Votre numéro ORIAS devra apparaître sur tous vos documents commerciaux, votre site internet, vos cartes de visite et vos correspondances avec les clients.
Les procédures de lutte contre le blanchiment (LCB-FT)
Depuis la transposition de la 4e directive anti-blanchiment et les dispositions du Code monétaire et financier (articles L. 561-1 et suivants), les courtiers en assurance sont assujettis aux obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
En pratique, cela signifie que vous devez :
- Mettre en place une procédure interne de LCB-FT adaptée à votre activité
- Identifier et vérifier l’identité de vos clients (KYC, connaissance client)
- Évaluer le risque de blanchiment pour chaque client et chaque opération
- Déclarer toute opération suspecte à Tracfin (cellule de renseignement financier)
- Former vos collaborateurs (si vous en avez) à ces obligations
- Conserver les documents pendant 5 ans après la fin de la relation d’affaires
En tant que courtier débutant exerçant seul, vos obligations sont proportionnées à votre taille. Mais elles existent, et l’ACPR peut les contrôler. Rédigez une procédure écrite, même simple, et appliquez-la systématiquement.
La conformité RGPD
Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) s’applique à votre activité dès lors que vous collectez des données personnelles, ce qui est inévitable en courtage (nom, adresse, situation familiale, revenus, antécédents d’assurance, données de santé pour la prévoyance).
Vos obligations principales :
- Tenir un registre des traitements de données
- Informer vos clients de la collecte et de l’utilisation de leurs données (mentions légales, politique de confidentialité)
- Recueillir leur consentement quand c’est nécessaire
- Garantir la sécurité des données (mots de passe, chiffrement, sauvegardes)
- Permettre à vos clients d’exercer leurs droits (accès, rectification, suppression)
- Notifier la CNIL en cas de violation de données dans les 72 heures
En pratique, un document de politique de confidentialité, un registre des traitements (même sous forme de tableur) et des pratiques de sécurité basiques (mots de passe robustes, outils conformes) suffisent pour démarrer. Mais ne négligez pas ce sujet : les sanctions de la CNIL peuvent atteindre 4 % du chiffre d’affaires annuel.
La directive sur la distribution d’assurance (DDA)
La directive européenne DDA (directive 2016/97), transposée en droit français depuis 2018, renforce les obligations d’information et de conseil vis-à-vis de vos clients. En tant que courtier, vous êtes soumis à :
- L’obligation de conseil : vous devez analyser les besoins de votre client, lui recommander un contrat adapté et justifier votre recommandation
- Le devoir d’information préalable : avant la souscription, vous devez remettre un document d’information normalisé (IPID pour l’assurance non-vie, DIC pour les produits d’investissement fondés sur l’assurance)
- La transparence sur votre rémunération : vous devez informer le client de la nature de votre rémunération (commissions versées par l’assureur, honoraires facturés au client, ou les deux)
- La formation continue obligatoire : 15 heures par an minimum, conformément à l’arrêté du 26 septembre 2018
Ces obligations sont votre meilleur atout commercial. Un courtier qui documente son conseil, qui remet les documents obligatoires, qui explique sa rémunération, inspire confiance. Faites-en un avantage, pas une contrainte.
Étape 4 : obtenir vos conventions de courtage
Votre société est créée, votre RC Pro est souscrite, votre numéro ORIAS est actif. Vous êtes officiellement courtier en assurance. Mais sans conventions de courtage, vous ne pouvez rien vendre.
Qu’est-ce qu’une convention de courtage ?
Une convention de courtage est un contrat entre vous et une compagnie d’assurance (ou un courtier grossiste). Elle vous autorise à commercialiser leurs produits et fixe les conditions : gamme de produits accessibles, taux de commissions, conditions de souscription, outils mis à disposition, obligations réciproques.
Sans convention, pas de produit. Sans produit, pas de client. C’est aussi simple que cela.
Les deux voies pour accéder aux produits
Conventions directes avec les compagnies d’assurance
Vous négociez directement avec les compagnies (AXA, Allianz, Generali, AG2R, Swiss Life, Harmonie Mutuelle, etc.). C’est le graal à terme, car les commissions sont plus élevées (pas d’intermédiaire entre vous et l’assureur).
La réalité : en tant que courtier débutant sans portefeuille, obtenir des conventions directes est difficile. Les grandes compagnies exigent souvent un volume de production minimum, un historique d’activité, voire un portefeuille existant. Certaines compagnies régionales ou mutuelles sont plus accessibles, mais la gamme de produits sera limitée.
Conventions avec des courtiers grossistes
Le courtier grossiste (ou plateforme de courtage) joue le rôle d’intermédiaire entre vous et les compagnies. Il a négocié des conventions avec des dizaines d’assureurs et vous donne accès à leurs produits via sa plateforme.
Les avantages du grossiste :
- Accès immédiat à une large gamme de produits (santé, prévoyance, auto, habitation, RC Pro, emprunteur)
- Outils de souscription en ligne intégrés (devis, comparaison, signature électronique)
- Formation sur les produits
- Support technique et commercial
- Parfois, une RC Pro intégrée à leur offre partenaire
Les limites :
- Les commissions sont partagées entre vous et le grossiste (vous touchez généralement 50 à 80 % de la commission totale selon le produit et votre volume)
- Vous êtes dépendant de leur plateforme et de leurs choix de partenaires
- Moins de marge de négociation sur les conditions
La stratégie recommandée : commencez par 2 ou 3 courtiers grossistes pour avoir rapidement une gamme complète. En parallèle, demandez des conventions directes auprès des compagnies régionales ou des mutuelles accessibles. À mesure que votre production augmente, vous négocierez des conventions directes avec les grands assureurs et pourrez réduire votre dépendance aux grossistes.
Le délai réaliste pour constituer votre portefeuille de conventions
Comptez 2 à 6 semaines pour obtenir vos premières conventions via un courtier grossiste. Le processus comprend généralement un dossier de candidature, une vérification de votre numéro ORIAS et de votre RC Pro, parfois un entretien téléphonique.
Pour les conventions directes, c’est plus long : 1 à 3 mois, avec parfois des refus au début. Ne vous découragez pas. Chaque contrat signé via un grossiste renforce votre légitimité pour négocier en direct plus tard.
Objectif réaliste la première année : 5 à 10 conventions couvrant les principales branches (santé individuelle, prévoyance, assurance emprunteur, auto/habitation, RC Pro entreprise). C’est suffisant pour répondre à la majorité des demandes de vos clients.
Ce que vous devez évaluer dans une convention
- Taux de commissions : comparez les taux sur chaque type de produit. En santé individuelle, les commissions varient de 5 à 15 % de la prime annuelle en récurrent. En assurance emprunteur, elles peuvent atteindre 30 à 70 % de la première prime
- Commissions récurrentes vs commissions ponctuelles : privilégiez les produits qui versent une commission chaque année tant que le contrat est actif. C’est la base d’un revenu récurrent stable
- Outils fournis : comparateur de tarifs, espace de gestion, signature électronique, extranet. Des outils performants vous feront gagner un temps considérable
- Support : un interlocuteur dédié, une hotline produit, des formations régulières sur les nouveautés
- Délais de paiement : certains assureurs paient à 30 jours, d’autres à 90. En début d’activité, la trésorerie est critique
Pour mieux comprendre le modèle de rémunération du courtier, consultez notre article sur le salaire et les revenus du courtier en assurance.
Étape 5 : installer votre activité au quotidien
Votre cabinet est créé, vos obligations professionnelles sont remplies, vos conventions sont en cours. Il est temps de mettre en place les outils et l’organisation qui vous permettront de travailler efficacement.
Le lieu d’exercice
Trois options, chacune adaptée à une situation différente :
Le domicile : la solution la plus économique. La loi autorise l’exercice d’une activité professionnelle à votre domicile (article L. 631-7-2 du Code de la construction et de l’habitation pour les villes de plus de 200 000 habitants, avec des conditions spécifiques). En courtage, c’est tout à fait viable : la majorité de vos rendez-vous se font au domicile du client, en visioconférence, ou dans un café. Coût supplémentaire : 0 euro.
Le coworking : une solution intermédiaire qui offre une adresse professionnelle, un espace de travail confortable et un environnement stimulant. Comptez 150 à 400 euros par mois selon la ville et les services inclus. Utile si vous avez besoin de séparer vie professionnelle et vie personnelle, ou si vous recevez des clients en face-à-face régulièrement.
Le local dédié : justifié uniquement si vous recrutez des collaborateurs ou que vous avez un flux de clients physique important. Comptez 500 à 2 000 euros par mois en région, bien plus en région parisienne. À envisager à partir de la deuxième ou troisième année.
La recommandation : démarrez depuis votre domicile ou un coworking. N’engagez pas de frais fixes élevés avant d’avoir un flux de revenus stable. Chaque euro économisé en charge fixe est un euro qui vous laisse le temps de développer votre portefeuille sereinement.
Les outils essentiels
Un courtier en assurance a besoin d’un équipement numérique minimal mais fonctionnel. Voici ce qui est indispensable :
CRM (gestion de la relation client) : un outil pour suivre vos prospects, vos clients, vos relances, vos contrats. Des solutions comme HubSpot (version gratuite), Pipedrive (à partir de 15 euros/mois) ou des CRM spécialisés courtage sont disponibles. Ne négligez pas cet outil : sans CRM, vous perdrez des opportunités.
Comparateur de produits : si vos courtiers grossistes fournissent un comparateur intégré, utilisez-le. Sinon, il existe des solutions de marché. Le comparateur est votre outil de travail principal : il vous permet de présenter plusieurs devis à vos clients en quelques minutes.
Suite bureautique et email : Google Workspace (6 euros/mois) ou Microsoft 365 (6 euros/mois) pour votre email professionnel, vos documents et votre agenda. Utilisez une adresse email avec votre nom de domaine (prenom@votrecabinet.fr), pas une adresse Gmail personnelle.
Téléphone professionnel : un numéro dédié (fixe ou mobile) pour votre activité. Un forfait mobile professionnel coûte 15 à 30 euros par mois.
Signature électronique : pour faire signer les mandats de courtage, les bulletins d’adhésion et les documents réglementaires à distance. Des solutions comme Yousign ou DocuSign sont disponibles à partir de 10 à 25 euros par mois.
Site internet : un site vitrine présentant votre cabinet, vos services, vos coordonnées et votre numéro ORIAS. Même basique, il est indispensable pour votre crédibilité. Comptez 0 à 50 euros par mois selon la solution choisie.
Le compte bancaire professionnel
Obligatoire pour les sociétés (EURL, SASU, SARL, SAS), fortement recommandé pour les micro-entrepreneurs dès que votre CA dépasse quelques milliers d’euros.
Les banques en ligne proposent des comptes professionnels à partir de 0 à 15 euros par mois (Qonto, Shine, Blank). Les banques traditionnelles facturent 20 à 50 euros par mois avec généralement plus de services (chéquier, terminal de paiement, découvert autorisé).
La comptabilité
En micro-entreprise, la comptabilité est simplifiée : un livre de recettes et un registre des achats suffisent. Vous pouvez gérer cela seul avec un tableur ou une application dédiée.
En EURL, SASU ou SARL, la tenue d’une comptabilité complète est obligatoire. En théorie, vous pouvez la faire vous-même. En pratique, faites appel à un expert-comptable. Le coût est de 80 à 200 euros par mois selon la complexité de votre activité et les services inclus (déclarations fiscales, paies si vous avez des salariés, conseils d’optimisation).
Un bon expert-comptable spécialisé dans le courtage vous fera économiser bien plus que ses honoraires, notamment en optimisation fiscale et sociale.
Budget mensuel et annuel de fonctionnement
| Poste de dépense | Coût mensuel | Coût annuel |
|---|---|---|
| Expert-comptable (société) | 80-200 euros | 960-2 400 euros |
| Banque professionnelle | 0-50 euros | 0-600 euros |
| CRM | 0-30 euros | 0-360 euros |
| Email professionnel | 6-12 euros | 72-144 euros |
| Téléphone professionnel | 15-30 euros | 180-360 euros |
| Signature électronique | 10-25 euros | 120-300 euros |
| Site internet | 0-50 euros | 0-600 euros |
| Coworking (optionnel) | 0-400 euros | 0-4 800 euros |
| Fournitures et divers | 20-50 euros | 240-600 euros |
| Total (depuis le domicile) | 130-400 euros | 1 570-4 800 euros |
| Total (avec coworking) | 280-800 euros | 3 370-9 600 euros |
Ces chiffres n’incluent pas la RC Pro, la garantie financière, l’ORIAS et les charges sociales, qui sont traités séparément.
Étape 6 : trouver vos premiers clients
C’est le moment de vérité. Toute la préparation administrative, juridique et opérationnelle ne sert à rien sans clients. Voici les stratégies qui fonctionnent réellement pour un courtier en première année d’activité.
Votre réseau personnel : le levier numéro un
Soyons clairs : vos premiers clients viendront de votre entourage. Famille, amis, anciens collègues, voisins, contacts professionnels. Ce n’est pas du piston, c’est la réalité de tout métier de conseil et de proximité.
La démarche est simple :
- Informez votre entourage de votre nouvelle activité (un message clair, pas un pitch commercial agressif)
- Proposez un audit gratuit de leurs contrats d’assurance actuels (santé, habitation, auto, prévoyance)
- Montrez-leur concrètement ce que vous pouvez leur apporter : meilleures garanties, meilleur tarif, ou les deux
- Demandez des recommandations à chaque client satisfait
Un courtier qui démarre avec un réseau de 200 contacts personnels et qui en contacte 50 dans le premier mois peut raisonnablement signer 8 à 15 contrats. C’est un début solide.
La prospection locale
Le courtage en assurance est un métier de proximité, surtout au début. Les gens font confiance à un professionnel local, qu’ils peuvent rencontrer, qui connaît leur quartier, leur ville.
Actions concrètes :
- Participation aux événements locaux : salons de l’entrepreneur, forums de l’emploi, réunions de chambres de commerce (CCI, CMA), clubs d’affaires (BNI, clubs Rotary)
- Partenariats avec d’autres professionnels : agents immobiliers (assurance emprunteur, multirisque habitation), courtiers en crédit immobilier (assurance emprunteur), experts-comptables (RC Pro entreprise, prévoyance collective), conseillers en gestion de patrimoine (assurance vie)
- Prospection terrain : rendez-vous avec les commerçants et TPE de votre secteur pour proposer un audit de leurs contrats professionnels
- Distribution de cartes de visite et flyers dans les lieux de passage
La présence digitale
Même si vous n’êtes pas un expert du marketing digital, une présence en ligne minimale est indispensable en 2026 :
- Google Business Profile : créez votre fiche Google pour apparaître dans les recherches locales (“courtier assurance + votre ville”). C’est gratuit et extrêmement efficace
- LinkedIn : publiez régulièrement du contenu utile (conseils, décryptage de l’actualité assurance, témoignages). LinkedIn est le réseau le plus pertinent pour un courtier B2B, mais aussi pour le B2C sur des sujets comme la prévoyance ou l’assurance vie
- Site internet : même basique, il doit exister et présenter clairement vos services, votre parcours et vos coordonnées
Ne vous dispersez pas sur tous les réseaux sociaux. Choisissez un ou deux canaux et soyez régulier.
Les partenariats stratégiques
Les partenariats sont le levier de croissance le plus puissant pour un cabinet de courtage :
- Courtiers en crédit immobilier : chaque crédit immobilier nécessite une assurance emprunteur. Si un courtier en crédit vous recommande, c’est un flux régulier de clients qualifiés
- Agents immobiliers : au moment de la vente, les acquéreurs ont besoin d’une multirisque habitation et souvent d’un audit complet de leur couverture
- Experts-comptables : ils gèrent les entreprises locales et sont souvent interrogés sur les assurances professionnelles. Une convention de recommandation mutuelle est naturelle
- Conseillers en gestion de patrimoine (CGP) : pour les produits d’assurance vie, de capitalisation et de prévoyance haut de gamme
Le principe est simple : identifiez les professionnels qui sont en contact avec vos clients potentiels au moment où ils ont un besoin d’assurance, et proposez-leur un partenariat gagnant-gagnant.
Les objectifs réalistes en première année
Fixez-vous des objectifs mesurables :
- Mois 1-2 : 5 à 8 contrats (essentiellement réseau personnel)
- Mois 3-6 : 8 à 12 contrats par mois (réseau + premiers partenariats + prospection)
- Mois 7-12 : 12 à 20 contrats par mois (partenariats actifs + recommandations + digital)
Avec un panier moyen de 80 à 150 euros de commission annuelle récurrente par contrat, et 100 à 150 contrats signés la première année, vous pouvez atteindre 8 000 à 22 500 euros de commissions récurrentes annuelles en fin de première année. Ce n’est pas un salaire confortable immédiatement, mais c’est la construction de votre revenu récurrent : chaque année, votre base de commissions grossit sans effort supplémentaire.
Pour des projections plus détaillées, consultez notre analyse complète des revenus du courtier en assurance.
Le budget total pour lancer votre cabinet
Voici la synthèse de tous les coûts, du début de la formation jusqu’à la première année d’activité.
Budget de lancement (avant le premier client)
| Poste | Coût |
|---|---|
| Formation IAS 150h | 399 euros |
| Création de société (micro) | 0 euro |
| Création de société (SASU sans accompagnement) | 300-500 euros |
| Création de société (SASU avec avocat) | 1 500-2 500 euros |
| RC Pro (première année) | 500-1 500 euros |
| Inscription ORIAS | 25 euros |
| Garantie financière (si nécessaire) | 0 ou 300-800 euros |
| Total micro-entreprise | 924-1 924 euros |
| Total SASU (sans accompagnement) | 1 224-2 825 euros |
| Total SASU (avec accompagnement) | 2 424-5 225 euros |
Vous avez bien lu. Vous pouvez lancer un cabinet de courtage en assurance pour moins de 1 000 euros en micro-entreprise, ou pour 1 200 à 2 800 euros en SASU si vous gérez les démarches vous-même. C’est l’un des métiers les plus accessibles financièrement.
À titre de comparaison, ouvrir une franchise de restauration rapide coûte 150 000 à 300 000 euros. Un cabinet de courtage en assurance est un business à très faible capital de départ avec un potentiel de revenus récurrents élevé.
Prêt à obtenir votre capacité professionnelle ? Notre formation IAS 150h à 399 euros vous donne accès à l’ensemble du programme réglementaire, avec un accompagnement complet jusqu’à l’obtention de votre attestation.
Budget de fonctionnement annuel (première année)
| Poste | Coût annuel |
|---|---|
| RC Pro | 500-1 500 euros |
| ORIAS | 25 euros |
| Garantie financière | 0-800 euros |
| Expert-comptable (société) | 960-2 400 euros |
| Outils (CRM, email, téléphone, signature) | 400-900 euros |
| Banque professionnelle | 0-600 euros |
| Site internet | 0-600 euros |
| Formation continue DDA (15h/an) | 100-500 euros |
| Frais de déplacement | 500-2 000 euros |
| Total annuel (micro, depuis domicile) | 1 525-5 300 euros |
| Total annuel (SASU, depuis domicile) | 2 485-8 300 euros |
Le budget total pour la première année complète (lancement + fonctionnement) se situe donc entre 2 500 et 8 000 euros selon votre structure et vos choix. C’est un investissement remarquablement faible pour un métier qui peut générer 30 000 à 60 000 euros de revenus nets dès la deuxième ou troisième année, et bien davantage ensuite.
Le calendrier réaliste : de la formation au premier client
Voici un calendrier type pour un candidat qui s’engage à temps plein :
| Semaine | Action |
|---|---|
| Semaines 1-6 | Formation IAS 150h + passage de l’examen |
| Semaine 7 | Création de la société (ou micro-entreprise) |
| Semaine 7-8 | Souscription RC Pro + demande d’inscription ORIAS |
| Semaines 8-10 | Démarches auprès des courtiers grossistes (conventions de courtage) |
| Semaines 9-11 | Mise en place des outils (CRM, email, téléphone, site web) |
| Semaine 10-12 | Premières prises de contact (réseau personnel, prospection locale) |
| Semaine 10-14 | Premiers clients |
En 2 à 3 mois, vous pouvez passer de zéro à courtier en exercice avec vos premiers contrats signés. Si vous faites la formation en parallèle d’un emploi salarié, ajoutez 2 à 4 semaines au calendrier.
Pour comprendre en détail chaque étape du parcours, de la formation à l’exercice professionnel, consultez notre guide complet pour devenir courtier en assurance.
Les erreurs à éviter absolument
Des dizaines de courtiers débutants commettent les mêmes erreurs chaque année. Voici celles qui coûtent le plus cher :
Attendre d’être parfaitement prêt pour démarrer. Vous ne le serez jamais. La compétence se construit en pratiquant, pas en accumulant des certifications ou en peaufinant votre logo. Lancez-vous dès que vous avez votre ORIAS et au moins une convention de courtage.
Investir dans un local dès la première année. Un loyer de 800 euros par mois, c’est 9 600 euros par an qui sortent de votre trésorerie avant même d’avoir signé un seul contrat. Travaillez depuis chez vous ou un coworking. Le local viendra quand vos revenus le justifieront.
Négliger la prospection au profit de l’administratif. Beaucoup de nouveaux courtiers passent des semaines à perfectionner leur site web, leurs templates de devis, leur charte graphique, pendant que le téléphone ne sonne pas. La priorité absolue des six premiers mois est la prospection et la signature de contrats. Tout le reste est secondaire.
Sous-estimer le délai de constitution du revenu récurrent. Les commissions d’un courtier ne sont pas un salaire mensuel prévisible dès le départ. Les premiers mois sont maigres. Prévoyez une trésorerie personnelle de 3 à 6 mois de dépenses courantes avant de vous lancer à temps plein, ou démarrez en parallèle d’un emploi salarié.
Se disperser sur trop de branches d’assurance. Au début, spécialisez-vous sur 2 ou 3 produits que vous maîtrisez bien (santé individuelle, assurance emprunteur, multirisque habitation par exemple). Vous élargirerez votre gamme à mesure que vous monterez en compétence.
Oublier la formation continue. L’arrêté du 26 septembre 2018 impose 15 heures de formation continue par an à tout intermédiaire en assurance. Ce n’est pas optionnel. C’est aussi l’occasion de rester à jour sur les évolutions réglementaires et les nouveaux produits.
Ignorer les obligations réglementaires. La DDA, le devoir de conseil, la LCB-FT, le RGPD : ce ne sont pas des formalités optionnelles. L’ACPR réalise des contrôles, y compris auprès de petits cabinets. Une sanction peut aller jusqu’à l’interdiction d’exercer.
Ne pas demander de recommandations. Le bouche-à-oreille est le moteur de croissance le plus puissant d’un cabinet de courtage. Après chaque contrat signé, demandez à votre client s’il connaît quelqu’un qui pourrait bénéficier de vos services. Systématiquement.
Ce qui distingue le courtier de l’agent et du mandataire
Si vous hésitez encore entre le statut de courtier, d’agent général ou de mandataire, la distinction est fondamentale et mérite d’être comprise en profondeur.
Le courtier agit pour le compte de son client. L’agent général représente une seule compagnie. Le mandataire est lié à un ou plusieurs intermédiaires par un mandat. Les différences en termes d’indépendance, de rémunération et de perspectives sont considérables.
Nous avons rédigé un article complet sur les différences entre courtier, agent et mandataire qui détaille chaque statut, avec un tableau comparatif et des cas concrets.
La formation : votre point de départ
Tout commence par la capacité professionnelle. Sans elle, pas d’ORIAS, pas de convention, pas de client. La formation IAS 150h est la voie la plus directe pour l’obtenir, quel que soit votre parcours.
Le programme couvre les 5 unités de valeur définies par l’arrêté du 26 septembre 2018 :
- UV1 : Savoirs généraux (56h) incluant le cadre juridique, le droit du contrat d’assurance, la protection du consommateur
- UV2 : Assurances de personnes, prévoyance et santé (24h)
- UV3 : Assurance vie et capitalisation (24h)
- UV4 : Contrats collectifs (16h)
- UV5 : Assurance de biens et responsabilité (30h)
La formation se conclut par un examen de 100 questions. Le seuil de réussite est de 70 bonnes réponses.
Notre formation est proposée à 399 euros en accès solo, avec un accompagnement complet. Tout le programme réglementaire, les cours structurés par unité de valeur, les quiz d’entraînement par chapitre, et l’examen final. Vous pouvez la suivre à votre rythme, depuis chez vous, en 4 à 8 semaines.
Lancez votre parcours maintenant. Découvrez notre formation IAS 150h à 399 euros et obtenez votre capacité professionnelle pour créer votre cabinet de courtage.
Foire aux questions
Combien coûte la création d’un cabinet de courtage en assurance ?
Le budget total de lancement (formation + création de société + RC Pro + ORIAS) se situe entre 924 euros en micro-entreprise et 5 225 euros en SASU avec accompagnement juridique. Le budget de fonctionnement annuel varie de 1 525 à 8 300 euros selon votre structure et vos choix. C’est l’un des métiers les plus accessibles financièrement en termes d’investissement initial.
Faut-il un diplôme pour ouvrir un cabinet de courtage ?
Non. La loi prévoit trois voies pour justifier de la capacité professionnelle : un diplôme de niveau Master (finance, économie, droit, gestion), une expérience professionnelle de 4 ans dans le secteur (2 ans en encadrement), ou une formation IAS de 150 heures. La formation IAS est ouverte à tous, sans condition de diplôme, et constitue la voie la plus rapide et la plus accessible. Pour en savoir plus, consultez notre guide complet pour devenir courtier.
Quel statut juridique choisir pour un cabinet de courtage ?
La micro-entreprise est idéale pour tester l’activité avec un investissement minimal (plafond de 77 700 euros de CA). La SASU est recommandée si vous vous lancez à temps plein avec l’ambition de développer un cabinet pérenne (protection du patrimoine, optimisation fiscale, crédibilité auprès des partenaires). La SARL ou SAS convient si vous créez le cabinet à plusieurs.
Combien de temps faut-il pour lancer un cabinet de courtage ?
En partant de zéro (pas encore de formation), comptez 10 à 14 semaines pour être opérationnel : 4 à 6 semaines de formation IAS, 1 à 2 semaines pour la création de société, 2 à 4 semaines pour l’ORIAS et les conventions de courtage, le tout pouvant être mené en partie en parallèle. Vos premiers clients arrivent généralement entre le 2e et le 4e mois.
La garantie financière est-elle obligatoire pour un courtier débutant ?
Elle est obligatoire uniquement si vous encaissez des fonds pour le compte de tiers (primes d’assurance, indemnités de sinistres). Si vous travaillez en mandat d’encaissement (la compagnie encaisse directement), ce qui est le cas de la majorité des courtiers débutants, la garantie financière n’est pas requise. Son montant minimum est de 115 000 euros, et le coût de souscription est de 300 à 800 euros par an.
Combien gagne un courtier en assurance en première année ?
Les revenus en première année sont modestes et progressifs. Avec 100 à 150 contrats signés et un panier moyen de 80 à 150 euros de commission récurrente, vous pouvez atteindre 8 000 à 22 500 euros de commissions annuelles en fin d’année 1. La force du modèle est la récurrence : chaque année, votre base de commissions augmente. Dès la 2e ou 3e année, les courtiers actifs atteignent 30 000 à 60 000 euros de revenus nets. Notre article détaillé sur les revenus du courtier présente des projections complètes.
Peut-on créer un cabinet de courtage en parallèle d’un emploi salarié ?
Oui, à condition que votre contrat de travail ne contienne pas de clause d’exclusivité ou de non-concurrence applicable au secteur de l’assurance. La micro-entreprise est le statut idéal pour cette configuration : pas de charges fixes, charges sociales calculées uniquement sur le chiffre d’affaires réel, et gestion administrative minimale. Vous pouvez suivre la formation IAS en e-learning le soir et le week-end, puis développer votre portefeuille progressivement avant de quitter votre emploi salarié.
Pour aller plus loin
Ces ressources complètent l’installation et le développement du cabinet :