Un courtier en assurance est rémunéré surtout par des commissions que l’assureur lui verse sur la prime payée par le client, une commission la première année puis une commission de gestion chaque année tant que le contrat reste en vigueur. En précompte, la commission de la première année est versée dès la signature, à un taux plus élevé, par exemple 30 % puis 10 % en santé individuelle ou 40 % puis 15 % en prévoyance. Le courtier peut aussi facturer des honoraires au client, à condition de l’en informer. Cette page explique ces mécanismes, donne la grille des taux par famille de produits, avec les valeurs retenues par notre calculateur de revenus, et rappelle ce que la DDA vous oblige à dire au client.

Comment est rémunéré un courtier en assurance ?
Le client paie une prime à l’assureur. Une partie de cette prime rémunère l’intermédiaire qui a placé le contrat, c’est la commission. Le client ne la paie pas en plus, elle est déjà comprise dans le tarif. Le taux s’applique en général à la prime hors taxes, la taxe sur les conventions d’assurance Source : Code général des impôts, 2024 n’étant pas commissionnée. Votre convention de courtage précise l’assiette exacte.
Cinq formes de rémunération coexistent dans un cabinet de courtage.
| Forme de rémunération | Qui la verse | Quand | Ce qu’elle rémunère |
|---|---|---|---|
| Commission de la première année | L’assureur, sur la prime | La première année du contrat, ou dès la signature en précompte | La recherche du client, le conseil, la mise en place |
| Commission de gestion (récurrente) | L’assureur, sur la prime | Chaque année suivante, tant que le contrat vit | Le suivi du client et du contrat |
| Surcommission ou bonus de production | L’assureur | En fin d’année, si vous dépassez des seuils | Le volume et la qualité du portefeuille |
| Commission via une plateforme ou un grossiste | La plateforme, sur la commission qu’elle reçoit | Selon son accord avec vous | L’apport du client, sans convention directe avec l’assureur |
| Honoraires | Le client, directement | À la prestation | Un conseil ou un service facturé à part |
Sur la durée, la commission de gestion pèse le plus. Elle s’additionne d’une année sur l’autre, chaque contrat qui reste en portefeuille continue de rapporter. À l’inverse, chaque résiliation la fait disparaître. Les contrats auto, habitation et complémentaire santé individuelle peuvent être résiliés à tout moment après un an, et l’assurance emprunteur à tout moment Source : Légifrance, 2022-02-28 . La fidélité de vos clients compte donc autant que le taux affiché. Notre calculateur retient par exemple 87 % de contrats auto et habitation gardés chaque année, 85 % en santé et 90 % en prévoyance.
Précompte ou linéaire, quelle différence ?
Pour un même produit, l’assureur peut proposer deux façons de verser la commission. Le choix figure dans la convention, parfois produit par produit.
- Linéaire, un taux versé au fil des paiements du client, par exemple 20 % de la prime chaque année.
- Précompte, la commission de toute la première année versée dès la signature, à un taux plus élevé, puis un taux plus faible, par exemple 40 % puis 15 %. Il est surtout proposé en santé, en prévoyance et en assurance emprunteur.
Exemple avec les valeurs du calculateur, un contrat de prévoyance individuelle à 800 € de prime annuelle hors taxes, qui reste en vigueur cinq ans.
| Année | Précompte (40 % puis 15 %) | Linéaire (20 % chaque année) |
|---|---|---|
| Année 1 | 320 €, versés à la signature | 160 € |
| Années 2 à 5 | 120 € par an | 160 € par an |
| Cumul sur 3 ans | 560 € | 480 € |
| Cumul sur 5 ans | 800 € | 800 € |
Le précompte donne de la trésorerie à un cabinet qui démarre et rapporte davantage sur les trois premières années. En contrepartie, la convention prévoit une clause de reprise. Si le client résilie tôt, le plus souvent dans la première année, l’assureur reprend tout ou partie de la commission avancée, en général en la déduisant de vos versements suivants. France Assureurs recommande de limiter le taux de la première année à trois fois le taux suivant, hors prévoyance et retraite, ce que respecte le 30 % puis 10 % retenu en santé. Le linéaire construit un revenu plus régulier. Beaucoup de courtiers combinent les deux selon le produit.
Quels sont les taux de commission par produit ?
Voici la grille que nous retenons. Les taux sont exprimés en pourcentage de la prime annuelle hors taxes, sauf pour l’assurance vie. La dernière colonne donne la valeur utilisée par notre calculateur, en linéaire et, quand il existe, en précompte.
| Famille de produits | Première année | Années suivantes | Retenu par notre calculateur |
|---|---|---|---|
| Auto et habitation | 10 à 25 % | 5 à 15 % | 16 % puis 12 % |
| Santé individuelle | 15 à 30 % | 5 à 20 % | 20 % chaque année, ou 30 % puis 10 % en précompte |
| Prévoyance individuelle | 20 à 40 % | 10 à 20 % | 20 % chaque année, ou 40 % puis 15 % en précompte |
| Assurance emprunteur | 20 à 40 % | 10 à 20 % | 20 % chaque année, ou 40 % puis 15 % en précompte |
| Multirisque pro, RC Pro et décennale | 15 à 25 % | 8 à 15 % | 20 % puis 15 % |
| Santé et prévoyance collectives | 8 à 15 % | 5 à 12 % | 10 % chaque année |
| Assurance vie, capitalisation et PER | 1 à 4 % des versements | 0,2 à 0,5 % de l’encours par an | 2 % des versements, puis 0,5 % de l’encours |
Auto et habitation. Ce sont des produits d’entrée chez le client. La commission par contrat est modeste, car les primes le sont (environ 420 € hors taxes en moyenne pour un mélange des deux), et les clients changent souvent d’assureur. Leur intérêt est d’ouvrir la relation, puis de proposer une couverture santé, prévoyance ou emprunteur.
Santé, prévoyance et emprunteur. Les taux sont plus élevés parce que le conseil est plus technique, avec le recueil des besoins, le questionnaire médical et le choix des garanties. Le haut de la fourchette correspond le plus souvent à un précompte. En emprunteur, la résiliation à tout moment rend la reprise bien réelle, d’où l’intérêt des honoraires de dossier.
Professionnels et entreprises. La multirisque professionnelle, la RC Pro et la décennale portent sur des primes plus élevées qu’en particulier, environ 2 000 € par client dans notre calculateur, et un même client détient souvent plusieurs contrats. En santé et prévoyance collectives, le taux est bas, mais il s’applique aux cotisations de toute une entreprise.
Assurance vie. La rémunération ne porte pas sur une prime annuelle. Le courtier perçoit une part des frais prélevés sur les versements, puis une part des frais de gestion prélevés chaque année sur l’encours. Avec 2 % de droits d’entrée, un versement de 30 000 € rapporte 600 € à l’ouverture, puis 0,5 % par an sur un encours qui grandit.
Ces taux ne disent pas à eux seuls ce que gagne un courtier. Le revenu dépend aussi du nombre de contrats, des primes, des départs de clients et des charges du cabinet. Avec ces valeurs, un courtier généraliste qui signe 10 contrats par mois réalise environ 28 900 € de chiffre d’affaires la première année et 52 700 € la troisième. Le détail figure dans notre article sur le salaire et les revenus du courtier en assurance.
Combien garde un grossiste ou une plateforme ?
Au démarrage, vous n’aurez pas toujours accès aux assureurs en direct, beaucoup demandent un volume minimum avant de signer une convention. Une plateforme de courtage, ou un courtier grossiste, a déjà signé ces conventions. Elle reçoit la commission de l’assureur et se rémunère dessus.
La plupart des plateformes publient directement le taux courtier, c’est-à-dire la commission qui vous revient, en pourcentage de la prime. C’est ce taux qui compte pour vous, et ce sont des taux courtier que retient notre calculateur. Si une convention exprime au contraire votre part en pourcentage de la commission de l’assureur, convertissez-la en pourcentage de la prime pour comparer les offres.
En échange de sa marge, la plateforme apporte un accès à plusieurs assureurs avec un seul accord, des outils de tarification, la gestion d’une partie des contrats et souvent l’absence de seuil de volume. Avant de signer, vérifiez quatre points.
- Le taux courtier, produit par produit, la première année comme les années suivantes.
- Le mode de versement, précompte ou linéaire, et les conditions de reprise.
- La propriété du portefeuille, et la possibilité de transférer vos clients si vous quittez la plateforme.
- Le rythme de versement et le détail des relevés de commissions.
Une stratégie fréquente consiste à démarrer avec une ou deux plateformes, puis à signer des conventions directes avec les assureurs chez qui votre production se concentre. Notre guide sur les compagnies avec lesquelles débuter compare ces deux voies.
Quand facturer des honoraires en plus des commissions ?
Les honoraires sont payés directement par le client, pour une prestation qui n’est pas, ou pas entièrement, rémunérée par une commission. Voici les cas les plus courants.
- Un dossier d’assurance emprunteur, avec la comparaison des offres et les démarches auprès de la banque.
- L’audit des contrats d’une entreprise ou d’un particulier, avec un rapport de recommandations.
- Un conseil donné sans placement de contrat.
Vous pouvez cumuler honoraires et commissions sur un même client, à condition de l’informer des deux et de lui annoncer le montant des honoraires avant la prestation. Notre calculateur retient 20 € par contrat auto ou habitation, 40 € en santé et en prévoyance, et 100 € pour un dossier d’assurance emprunteur ou un contrat professionnel. Une lettre de mission qui décrit le travail et le prix évite tout malentendu. Les méthodes de tarification, forfait, taux horaire ou abonnement annuel, sont détaillées dans notre guide pour fixer les honoraires du courtier.
Côté fiscal, les commissions de courtage sont exonérées de TVA. Le régime des honoraires dépend de la prestation, et l’imposition du cabinet de son statut. Ces points sont traités dans notre guide sur la comptabilité d’un cabinet de courtage.
Que devez-vous dire au client sur votre rémunération ?
La directive sur la distribution d’assurances (DDA), transposée aux articles L. 521-1 et suivants du Code des assurances, encadre la transparence de la rémunération. Avant la conclusion du contrat, vous indiquez au client, sur papier ou sur un autre support durable, deux informations.
- La nature de votre rémunération, honoraires payés directement par le client, commission incluse dans la prime, autre type de rémunération (un avantage économique par exemple), ou combinaison de ces formes.
- Lorsque le client vous paie des honoraires, leur montant, ou à défaut leur méthode de calcul.
En revanche, le montant exact de votre commission n’a pas à être communiqué de façon systématique. Pour l’assurance vie et la capitalisation, l’information sur les frais est plus détaillée et couvre aussi les coûts liés à la distribution.
La DDA pose aussi une règle de fond. Vous devez agir au mieux des intérêts du client, et votre rémunération ne doit pas vous en détourner. Concrètement, votre recommandation part des besoins recueillis par écrit, jamais du niveau de commission. En pratique, la nature de votre rémunération figure dans votre document d’entrée en relation, remis dès le premier contact.
Comment négocier et suivre vos commissions ?
Les taux de la grille ne sont pas figés. Quatre éléments jouent en votre faveur lors des revues annuelles avec vos partenaires.
- Un volume concentré sur quelques assureurs plutôt que dispersé sur dix.
- Une sinistralité maîtrisée sur votre portefeuille.
- L’ancienneté du partenariat.
- Une spécialisation qui apporte à l’assureur une clientèle homogène.
Lors de la signature, lisez la convention au-delà du taux de la première année, en regardant le taux de gestion, le précompte ou le linéaire, la clause de reprise, l’assiette de calcul, les seuils de surcommission, les délais de versement, la propriété du portefeuille et le préavis de résiliation. Un point de plus sur la commission de gestion compte davantage sur la durée qu’un point de plus la première année. Les clauses à négocier sont détaillées dans notre guide sur les conventions avec les compagnies.
Enfin, contrôlez chaque relevé de commissions. Les erreurs les plus fréquentes sont un contrat jamais commissionné, un taux de base appliqué à la place du taux négocié ou une commission de gestion oubliée au renouvellement. Un tableur suffit au début. Au-delà de quelques centaines de contrats, un logiciel de gestion rapproche automatiquement les relevés et vos contrats. Les solutions sont présentées dans notre guide des outils et CRM pour courtiers.
Que faut-il pour percevoir des commissions ?
Une compagnie ne signe de convention qu’avec un intermédiaire immatriculé à l’ORIAS. Pour exercer comme courtier en assurance, vous devez justifier de la capacité professionnelle de niveau 1, souvent obtenue par une formation de 150 heures dont le programme est fixé par l’arrêté du 23 juin 2008 modifié Source : Légifrance, 2008-06-23 . S’y ajoutent une RC Pro, l’adhésion à une association professionnelle agréée et l’inscription à l’ORIAS, à 25 € par catégorie et par an Source : ORIAS, 2024 .
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