Dans quel marché mettez-vous les pieds ?
Avant de vous lancer dans le courtage, une question s’impose : dans quel marché mettez-vous les pieds ? L’assurance en France, c’est un secteur de plus de 230 milliards d’euros de primes collectées chaque année. C’est le troisième marché européen, derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne. Et le cinquième au niveau mondial.

Ce n’est pas un petit marché de niche. C’est une industrie massive, profondément ancrée dans l’économie française, qui emploie directement plus de 150 000 personnes et fait vivre des dizaines de milliers d’intermédiaires. Chaque ménage français dépense en moyenne plus de 3 500 euros par an en assurances, tous types confondus. Chaque entreprise, de la micro-entreprise au groupe du CAC 40, a besoin d’assurances pour fonctionner.
Et pourtant, malgré cette taille colossale, le marché reste accessible aux nouveaux entrants. Des milliers de courtiers s’inscrivent chaque année au registre de l’ORIAS. La raison est simple : l’assurance n’est pas un marché où le gagnant rafle tout. C’est un marché de relations, de proximité, de conseil. Un courtier qui connaît son métier et qui sait parler à ses clients trouvera toujours sa place.
Ce panorama complet va vous donner les chiffres, les tendances et les analyses dont vous avez besoin pour comprendre le marché de l’assurance en France en 2026. Pas des généralités copiées d’un rapport sectoriel, mais une lecture opérationnelle, ancrée dans la réalité du terrain.
Les chiffres clés du marché français de l’assurance
Le marché français de l’assurance a dépassé les 230 milliards d’euros de primes collectées en 2025, selon les données publiées par France Assureurs (anciennement Fédération Française de l’Assurance, FFA). Ce chiffre place la France au troisième rang européen et au cinquième rang mondial.
Poids du marché par grande branche
| Segment | Primes collectées (estimation 2025-2026) | Part du marché total | Tendance |
|---|---|---|---|
| Assurance vie et capitalisation | 130 milliards d’euros | 55 à 57% | Hausse modérée |
| IARD (incendie, accidents, risques divers) | 70 milliards d’euros | 29 à 31% | Hausse soutenue |
| Santé et prévoyance | 50 milliards d’euros | 21 à 23% | Hausse forte |
La somme dépasse 100% car certains contrats sont classés différemment selon les sources, et certains produits chevauchent plusieurs catégories (par exemple, les contrats de prévoyance collective peuvent être comptés en assurance de personnes et en santé selon le périmètre retenu).
Position de la France dans le marché mondial
| Rang | Pays | Primes totales (estimations) |
|---|---|---|
| 1 | États-Unis | 2 800 milliards d’euros |
| 2 | Chine | 700 milliards d’euros |
| 3 | Japon | 400 milliards d’euros |
| 4 | Royaume-Uni | 320 milliards d’euros |
| 5 | France | 230 milliards d’euros |
Ce classement fluctue selon les années et les taux de change, mais la France se maintient solidement dans le top 5 mondial. Le taux de pénétration de l’assurance (primes rapportées au PIB) se situe autour de 9%, l’un des plus élevés au monde. Les Français sont fortement assurés, bien plus que la moyenne européenne.
Indicateurs macroéconomiques clés
Quelques chiffres supplémentaires pour cadrer le panorama :
- Le nombre de contrats en portefeuille sur le marché français dépasse les 500 millions (tous types confondus).
- Le secteur de l’assurance représente environ 3,5% du PIB français.
- Les provisions techniques des assureurs français dépassent les 2 500 milliards d’euros, ce qui en fait l’un des plus gros réservoirs d’épargne en Europe.
- L’encours de l’assurance vie a lui seul dépasse les 1 900 milliards d’euros fin 2025, un record historique.
Ces chiffres impressionnent, mais ce qui compte pour vous en tant que futur courtier, c’est ce qu’ils signifient concrètement : il y a une masse énorme de contrats à gérer, à renouveler, à optimiser. Et les clients ont besoin d’intermédiaires compétents pour les accompagner.
L’assurance vie : le poids lourd du marché
L’assurance vie reste, de loin, le premier segment du marché français. Avec plus de 130 milliards d’euros de cotisations annuelles et un encours dépassant les 1 900 milliards d’euros, c’est le placement préféré des Français.
Pourquoi l’assurance vie pèse autant
Plusieurs facteurs expliquent cette domination. Le cadre fiscal de l’assurance vie est particulièrement favorable en France, notamment après 8 ans de détention. Les Français l’utilisent autant comme outil d’épargne que comme instrument de transmission patrimoniale. Et les employeurs alimentent massivement les contrats collectifs de retraite supplémentaire.
La collecte nette (cotisations moins prestations) est redevenue positive ces dernières années, après une période de décollecte liée aux taux bas. La remontée des taux d’intérêt a rendu les fonds en euros de nouveau attractifs, et les assureurs ont relevé les taux de rendement servis. En parallèle, les unités de compte continuent de progresser dans les allocations.
Ce que cela représente pour un courtier
L’assurance vie est un segment où le courtage est historiquement présent, en particulier sur les contrats haut de gamme et la gestion de patrimoine. La rémunération repose sur des frais d’entrée (1 à 4% du capital investi) et des commissions de gestion récurrentes (0,2 à 0,5% de l’encours annuel).
Le PER (Plan d’Épargne Retraite), créé par la loi PACTE, est venu dynamiser ce segment. La collecte sur les PER individuels et collectifs dépasse désormais les 20 milliards d’euros par an. Pour un courtier généraliste, c’est une opportunité de diversification intéressante, à condition de maîtriser les spécificités techniques et fiscales de ces produits.
Si vous envisagez de vous lancer dans le courtage avec une composante patrimoine, l’UV3 de la formation IAS 150h couvre précisément l’assurance vie et la capitalisation. C’est une base indispensable.
L’IARD : le socle du courtage généraliste
L’IARD (Incendie, Accidents et Risques Divers) représente environ 70 milliards d’euros de primes collectées en France. C’est le terrain de jeu naturel du courtier généraliste. Auto, habitation, multirisque professionnelle, responsabilité civile, construction, transport : l’IARD couvre une palette immense de risques.
Les segments de l’IARD en détail
| Sous-segment IARD | Primes estimées | Croissance annuelle |
|---|---|---|
| Automobile | 22 milliards d’euros | 2 à 3% |
| Habitation (MRH) | 12 milliards d’euros | 3 à 5% |
| Multirisque professionnelle | 8 milliards d’euros | 4 à 6% |
| Construction (DO, RC décennale) | 5 milliards d’euros | 3 à 5% |
| RC générale | 6 milliards d’euros | 3 à 4% |
| Transport | 3 milliards d’euros | 2 à 3% |
| Autres risques (cyber, agricole, etc.) | 14 milliards d’euros | 5 à 10% |
La dynamique des prix en IARD
Le marché IARD connaît depuis 2022-2023 un cycle de durcissement tarifaire. Après des années de stabilité relative, les primes augmentent. Plusieurs facteurs se combinent :
L’inflation des coûts de réparation automobile (pièces détachées, main-d’œuvre) pousse les primes auto à la hausse. La sinistralité climatique (tempêtes, inondations, sécheresse, grêle) pèse lourdement sur les résultats des assureurs en habitation et en risques agricoles. Le coût des matériaux de construction a augmenté, renchérissant les sinistres en dommages aux biens. Et la jurisprudence en matière de responsabilité civile tend à élargir les cas d’indemnisation.
Pour un courtier, ce durcissement du marché est à double tranchant. D’un côté, les clients mécontents de leurs hausses de primes cherchent des alternatives et sont plus enclins à consulter un courtier. De l’autre, les compagnies sont plus sélectives sur les risques qu’elles acceptent, ce qui complique le placement de certains dossiers.
L’IARD professionnel : le segment le plus rentable pour un courtier
Si l’auto et la MRH des particuliers représentent le plus gros volume, c’est l’assurance des professionnels et des entreprises qui offre les meilleures marges pour un courtier. Les primes sont plus élevées, les commissions plus généreuses, et le besoin de conseil est réel.
Un artisan qui a besoin d’une RC Pro, d’une multirisque pro et d’une garantie décennale ne va pas souscrire en ligne en cinq minutes. Il a besoin d’un courtier qui comprend son activité, qui identifie ses risques spécifiques et qui négocie les bonnes garanties avec les bonnes compagnies.
Le marché des PME et TPE est particulièrement sous-équipé en conseil d’assurance. Beaucoup de petites entreprises ont des contrats inadaptés, souscrits par défaut auprès de leur banque ou d’un agent généraliste qui ne connaît pas leur secteur. C’est un gisement d’affaires considérable pour un courtier spécialisé.
Pour approfondir la question des revenus que vous pouvez attendre en IARD, consultez notre analyse détaillée des revenus du courtier en assurance.
Santé et prévoyance : le segment en forte croissance
Le segment santé et prévoyance dépasse désormais les 50 milliards d’euros de primes annuelles en France. C’est le segment qui affiche la croissance la plus forte et la plus régulière. Et c’est un territoire où le courtage a gagné des parts de marché significatives ces dix dernières années.
Santé collective : l’impact de l’ANI
La généralisation de la complémentaire santé en entreprise, imposée par l’Accord National Interprofessionnel (ANI) de 2013 et mise en œuvre au 1er janvier 2016, a profondément transformé le marché. Toutes les entreprises du secteur privé, y compris les plus petites, doivent proposer une couverture santé collective à leurs salariés.
Ce changement réglementaire a créé un immense marché captif. Chaque année, des contrats arrivent à échéance et sont remis en concurrence. Les entreprises cherchent à maîtriser leurs coûts tout en maintenant un bon niveau de garanties. Le courtier joue un rôle central dans ce processus : il analyse les besoins, consulte les compagnies, négocie les tarifs et accompagne la mise en place.
Le marché de la santé collective représente à lui seul plus de 20 milliards d’euros de primes. Les commissions de gestion récurrentes (5 à 12% de la prime annuelle) en font un segment très attractif pour constituer un portefeuille récurrent.
Santé individuelle : les retraites et les TNS
En dehors de la santé collective, la complémentaire santé individuelle reste un marché important. Les retraités, les travailleurs non-salariés (TNS), les demandeurs d’emploi et certaines populations spécifiques ont besoin de couvertures individuelles.
La réforme 100% Santé (reste à charge zéro sur les lunettes, les prothèses dentaires et les audioprothèses) et la résiliation infra-annuelle (depuis décembre 2020) ont dynamisé la mobilité des assurés. Les clients changent plus facilement de contrat, ce qui crée des opportunités pour les courtiers.
Prévoyance : le marché méconnu aux commissions élevées
La prévoyance couvre les risques de décès, d’invalidité et d’incapacité de travail. C’est un marché moins visible que la santé, mais très rémunérateur pour les courtiers. Les commissions d’acquisition y sont souvent plus élevées (20 à 40% de la prime annuelle la première année) et les contrats sont plus stables dans le temps.
La prévoyance TNS (travailleurs non-salariés) est un segment particulièrement porteur. Les indépendants, artisans, commerçants et professions libérales sont mal couverts par les régimes obligatoires. Un arrêt de travail prolongé peut être catastrophique pour leur activité. Le courtier qui sait expliquer ce risque et proposer une solution adaptée rend un service réel et se constitue un portefeuille solide.
La prévoyance collective (décès et invalidité en entreprise) complète le tableau. Souvent couplée à la santé collective, elle représente une couche supplémentaire de commissions sur les mêmes entreprises clientes.
L’UV2 de la formation IAS 150h est entièrement consacrée aux assurances de personnes, prévoyance et santé. C’est l’unité de valeur la plus directement monétisable pour un courtier débutant.
Les canaux de distribution : qui vend quoi ?
Le marché français de l’assurance se distingue par la diversité de ses canaux de distribution. Contrairement à certains pays où un modèle domine largement, la France répartit ses flux entre quatre grands canaux.
Parts de marché par canal de distribution
| Canal de distribution | Part de marché estimée | Segments forts | Tendance |
|---|---|---|---|
| Bancassurance | 34 à 36% | Assurance vie, emprunteur, MRH | Stable |
| Agents généraux | 31 à 34% | Auto, MRH, IARD pro | Lente érosion |
| Courtiers | 17 à 19% | IARD pro, santé collective, prévoyance, risques d’entreprise | Progression |
| Direct et digital | 12 à 15% | Auto, MRH, santé individuelle | Forte progression |
La bancassurance : le premier distributeur
La bancassurance domine le marché français, en particulier sur l’assurance vie. Les réseaux bancaires disposent d’un avantage structurel : ils ont déjà la relation client. Lorsqu’un client vient souscrire un prêt immobilier, on lui propose l’assurance emprunteur, la MRH et souvent un contrat d’assurance vie dans la foulée.
Cependant, la bancassurance est moins présente sur les risques professionnels et les couvertures complexes. Et la loi Lemoine (2022), qui permet la résiliation à tout moment de l’assurance emprunteur, a ouvert une brèche dans laquelle les courtiers s’engouffrent.
Les agents généraux : un modèle sous pression
Les agents généraux représentent encore un tiers du marché, mais leur part recule progressivement. Le nombre d’agents a diminué ces dix dernières années, sous l’effet des départs en retraite non remplacés et de la concentration des réseaux. L’ORIAS recense environ 12 000 agents généraux en activité.
Le modèle de l’agent général repose sur un mandat exclusif avec une compagnie d’assurance. Cette exclusivité est à la fois sa force (formation, outils, gamme de produits) et sa limite (impossibilité de comparer les offres du marché). De plus en plus de clients veulent un comparatif, ce que seul un courtier ou un comparateur en ligne peut offrir.
Pour bien comprendre les différences entre ces statuts, consultez notre article sur la différence entre courtier, agent général et mandataire.
Le courtage : un canal en progression constante
La part de marché des courtiers progresse régulièrement depuis 15 ans. Elle est passée d’environ 12% au début des années 2000 à plus de 18% aujourd’hui. Cette progression est portée par plusieurs facteurs :
Le développement de la santé collective (ANI) a profité massivement aux courtiers, qui sont les intermédiaires naturels des entreprises sur ce segment. La complexification des risques (cyber, climatique, réglementaire) pousse les clients vers le conseil indépendant. Et la directive DDA (Distribution of Insurance Products Directive), en rehaussant les exigences de conseil, a renforcé le positionnement du courtier comme expert indépendant.
Le courtage est particulièrement fort sur les risques d’entreprise. En IARD professionnel, la part du courtage dépasse les 40%. En risques industriels, elle dépasse les 60%. Plus le risque est complexe, plus le client a besoin d’un courtier.
Le canal direct et digital : une menace ou une opportunité ?
Les comparateurs en ligne et les assurances directes ont pris une part croissante du marché, en particulier sur les produits simples (auto, MRH, santé individuelle). Leur part de marché est estimée entre 12 et 15%, en progression régulière.
Pour un courtier, le digital n’est pas uniquement une menace. C’est aussi un outil. Les courtiers qui intègrent des outils digitaux dans leur pratique (comparateurs B2B, tarificateurs multi-compagnies, signature électronique, CRM) gagnent en productivité et en compétitivité. Le modèle hybride, qui combine le conseil humain et les outils digitaux, est celui qui progresse le plus vite.
Le digital tire les prix vers le bas sur les produits commoditisés (auto, MRH basique). Mais il ne remplace pas le conseil sur les risques complexes. Aucun comparateur ne peut analyser les besoins d’une PME industrielle, négocier un programme d’assurance sur mesure ou accompagner un sinistre de responsabilité civile professionnelle.
Le courtage en France : portrait d’un secteur
Les chiffres de l’ORIAS
L’ORIAS (Organisme pour le Registre unique des Intermédiaires en Assurance, Banque et Finance) est l’autorité d’enregistrement des intermédiaires d’assurance en France. L’inscription à l’ORIAS est obligatoire pour exercer.
Au registre de l’ORIAS, on recense :
| Catégorie | Nombre approximatif (2025-2026) |
|---|---|
| Courtiers en assurance (COA) | 25 000 à 27 000 |
| Agents généraux (AGA) | 11 000 à 12 000 |
| Mandataires d’assurance (MA) | 22 000 à 24 000 |
| Mandataires d’intermédiaires (MIA) | 45 000 à 50 000 |
Le nombre de courtiers (COA) a augmenté de façon régulière ces dernières années. En 2015, on comptait environ 22 000 COA. En 2025, ce chiffre dépasse les 25 000. La croissance est d’environ 2 à 3% par an.
Qui sont les courtiers en France ?
Le monde du courtage est extrêmement hétérogène. Il réunit des structures très différentes :
Les grands courtiers grossistes et gestionnaires, qui gèrent des milliards d’euros de primes et emploient des centaines de salariés. Ces structures négocient des programmes d’assurance sur mesure pour de grandes entreprises ou agissent comme grossistes auprès de courtiers plus petits.
Les courtiers de proximité, souvent des structures de 1 à 10 personnes, qui travaillent avec des particuliers et des TPE/PME locales. C’est le profil le plus courant et celui auquel vous correspondrez probablement si vous créez votre cabinet de courtage.
Les courtiers spécialisés, qui se concentrent sur un segment précis : construction, transport, risques médicaux, cyber, crédit. La spécialisation est souvent la clé de la rentabilité.
Les courtiers digitaux, qui opèrent principalement en ligne et misent sur la technologie pour réduire les coûts et automatiser les processus.
La concentration du marché du courtage
Le marché du courtage est à la fois concentré en haut de la pyramide et très fragmenté à la base. Les 50 plus grands courtiers français représentent plus de 50% des commissions totales du secteur. Mais les 20 000 courtiers restants se partagent l’autre moitié.
Cette fragmentation est une bonne nouvelle pour les nouveaux entrants. Le marché n’est pas verrouillé par quelques acteurs dominants. Un courtier indépendant peut trouver sa place en se spécialisant, en travaillant un territoire géographique précis ou en ciblant une clientèle spécifique.
La tendance à la consolidation existe (rachats de cabinets, création de réseaux de courtiers, plateformes de regroupement), mais elle n’empêche pas l’émergence de nouveaux acteurs.
Les segments de croissance pour les courtiers en 2026
Tous les segments ne se valent pas en termes d’opportunités. Certains sont matures et concurrentiels, d’autres en pleine expansion avec un besoin réel de conseil. Voici les segments où un courtier peut le mieux se positionner en 2026.
1. Santé collective et prévoyance collective
C’est le segment le plus porteur pour un courtier généraliste. Chaque entreprise a l’obligation de proposer une complémentaire santé collective à ses salariés. Chaque année, des contrats arrivent à échéance. Les entreprises veulent optimiser leurs coûts. Le courtier est l’intermédiaire naturel pour cette mission.
Potentiel de revenus : une PME de 20 salariés génère une prime annuelle de santé collective de 15 000 à 40 000 euros. Avec une commission de gestion de 8 à 12%, cela représente 1 200 à 4 800 euros de revenus récurrents annuels par entreprise. Multipliez par 20 ou 50 entreprises en portefeuille, et vous avez un socle de revenus confortable.
2. Assurance emprunteur (loi Lemoine)
La loi Lemoine, entrée en vigueur le 1er septembre 2022, permet à tout emprunteur de résilier et de changer d’assurance emprunteur à tout moment, sans frais et sans pénalité. C’est une révolution pour les courtiers.
Avant cette loi, l’assurance emprunteur était largement captive des banques. Désormais, chaque emprunteur peut mettre en concurrence son contrat bancaire avec des offres alternatives, souvent 30 à 50% moins chères à garanties équivalentes.
Le marché de l’assurance emprunteur représente environ 10 milliards d’euros de primes annuelles en France. C’est un réservoir immense. Et les courtiers sont les mieux placés pour capter cette demande, car les clients ont besoin d’un intermédiaire pour naviguer entre les offres et gérer les formalités de substitution.
3. Cyber-assurance
La cyber-assurance est le segment qui connaît la croissance la plus rapide. Les attaques informatiques se multiplient (ransomware, phishing, vol de données), et les entreprises prennent progressivement conscience de leur vulnérabilité.
Le marché de la cyber-assurance en France est encore modeste (environ 500 millions à 1 milliard d’euros de primes), mais il croît de 20 à 30% par an. Les PME sont particulièrement exposées car elles sont souvent mal protégées et rarement assurées. Moins de 5% des PME françaises ont souscrit une cyber-assurance.
Pour un courtier, c’est un segment d’avenir. Les marges sont bonnes (commissions de 15 à 25%), le besoin de conseil est réel (les clients ne comprennent pas ce que couvre un contrat cyber), et la concurrence est encore faible.
4. Prévoyance des travailleurs non-salariés (TNS)
Les TNS (auto-entrepreneurs, artisans, commerçants, professions libérales) sont structurellement sous-assurés en prévoyance. Leurs régimes obligatoires offrent des couvertures très insuffisantes en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès.
Un artisan qui tombe malade peut se retrouver avec des indemnités journalières de quelques dizaines d’euros par jour après un délai de carence de plusieurs mois. C’est un risque vital pour son activité et sa famille. Le courtier qui sait expliquer ce risque et proposer une solution adaptée rend un service réel.
Le marché de la prévoyance TNS est estimé à 3 à 5 milliards d’euros de primes, avec un potentiel de croissance significatif. Les commissions sont élevées (20 à 40% la première année, 10 à 20% en renouvellement) et les contrats sont très fidèles.
5. PER (Plan d’Épargne Retraite)
Le PER, créé par la loi PACTE en 2019, s’est imposé comme le produit d’épargne retraite de référence. La collecte annuelle dépasse les 20 milliards d’euros, et les encours cumulés approchent les 100 milliards d’euros.
Pour un courtier, le PER est un produit complémentaire intéressant. Il se vend naturellement aux TNS (déduction fiscale attractive) et aux salariés disposant de revenus élevés. La rémunération combine des frais d’entrée et des commissions de gestion sur l’encours, ce qui construit un revenu récurrent.
6. Risques d’entreprise et PME
Le marché des PME est structurellement sous-équipé en conseil d’assurance. Beaucoup de petites entreprises ont des contrats souscrits il y a des années, jamais révisés, souvent inadaptés à leur activité actuelle. Les garanties sont insuffisantes ou mal calibrées, les franchises trop élevées, les exclusions mal comprises.
Un courtier qui se spécialise sur un secteur d’activité (BTP, restauration, professions médicales, e-commerce, transport) peut apporter une valeur ajoutée considérable. La connaissance des risques spécifiques d’un secteur est un avantage concurrentiel décisif.
Le segment des PME représente plus de 8 milliards d’euros de primes en multirisque professionnelle, avec des commissions de 15 à 25%. Et la fidélité client y est forte : une PME satisfaite de son courtier ne change pas facilement.
L’impact de la réglementation sur le marché
Le marché de l’assurance est l’un des plus réglementés en France. Pour un courtier, comprendre la réglementation n’est pas optionnel. C’est une condition de survie.
La directive DDA (Distribution d’Assurances)
La directive européenne sur la distribution d’assurances (DDA), transposée en droit français depuis 2018, a profondément modifié les obligations des intermédiaires. Elle impose :
Le devoir de conseil renforcé : le courtier doit recueillir les exigences et les besoins du client, lui proposer un produit cohérent avec ses besoins et lui expliquer les raisons de sa recommandation. Tout doit être documenté par écrit.
La transparence sur la rémunération : le courtier doit informer le client de la nature de sa rémunération (commissions, honoraires ou les deux). Il doit indiquer si sa rémunération est basée sur des commissions versées par les compagnies.
La formation continue obligatoire : tout intermédiaire doit réaliser au minimum 15 heures de formation continue par an. Cette obligation est contrôlée par l’ACPR.
La gouvernance produit : les fabricants de produits d’assurance doivent définir un marché cible pour chaque produit, et les distributeurs doivent vérifier que les produits qu’ils commercialisent sont bien adaptés à leur clientèle.
Pour un courtier, la DDA est une contrainte administrative, mais aussi un avantage concurrentiel. Le niveau d’exigence imposé par la DDA favorise les intermédiaires professionnels qui font bien leur travail. Les amateurs et les vendeurs sans scrupule sont plus facilement détectés et sanctionnés.
Le rôle de l’ACPR
L’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) est l’autorité de supervision des banques et des assurances en France. Elle contrôle les compagnies d’assurance, mais aussi les intermédiaires. L’ACPR peut effectuer des contrôles sur place ou sur pièces, et prononcer des sanctions allant de l’avertissement au retrait d’agrément.
Les contrôles de l’ACPR se sont intensifiés ces dernières années, en particulier sur les sujets suivants : le devoir de conseil, la gestion des conflits d’intérêts, la lutte contre le blanchiment (LCB-FT) et la protection des données personnelles.
La formation réglementaire : condition d’accès au marché
Pour exercer comme courtier en assurance, vous devez justifier d’une capacité professionnelle conforme à l’article R. 512-9 du Code des assurances. Le niveau I (IAS 150h) est le niveau requis pour s’inscrire comme courtier (COA) à l’ORIAS.
Cette formation de 150 heures couvre cinq unités de valeur définies par l’arrêté du 26 septembre 2018 :
| Unité de valeur | Intitulé | Volume horaire |
|---|---|---|
| UV1 | Savoirs généraux | 56 heures |
| UV2 | Assurances de personnes : prévoyance et santé | 24 heures |
| UV3 | Assurance vie et capitalisation | 24 heures |
| UV4 | Contrats collectifs | 16 heures |
| UV5 | Biens et responsabilité | 30 heures |
La formation se conclut par un quiz final de 100 questions avec un seuil de réussite de 70%. C’est cette formation qui vous ouvre les portes du registre ORIAS et de l’exercice professionnel.
Si vous souhaitez obtenir votre capacité professionnelle IAS Niveau 1 et démarrer votre activité de courtier, notre formation IAS 150h est conçu pour vous y préparer de façon opérationnelle.
La formation continue obligatoire
Au-delà de la formation initiale, tout intermédiaire doit réaliser 15 heures de formation continue par an (article A. 512-8 du Code des assurances). Cette obligation couvre des sujets techniques, juridiques, fiscaux et de conformité. Le non-respect de cette obligation peut entraîner la radiation du registre ORIAS.
Pour en savoir plus sur les règles de formation continue, consultez notre article dédié à la formation continue 15h.
Les défis du marché de l’assurance en 2026
Le marché est porteur, mais il n’est pas sans défis. Voici les principaux obstacles et enjeux que tout courtier doit avoir en tête.
La transformation digitale
Le digital transforme profondément le marché de l’assurance. Les clients veulent pouvoir comparer les offres en ligne, souscrire en quelques clics, gérer leurs contrats depuis une application mobile. Les compagnies investissent massivement dans la digitalisation de leurs processus.
Pour un courtier, la transformation digitale impose de revoir ses outils et ses méthodes de travail. Un courtier qui gère encore ses clients sur des tableurs Excel et envoie ses devis par courrier postal aura du mal à rivaliser. L’adoption d’un CRM professionnel, d’outils de tarification multi-compagnies, de la signature électronique et d’un espace client en ligne n’est plus optionnelle.
La bonne nouvelle, c’est que les outils existent et sont accessibles, y compris pour les petites structures. Des plateformes de courtage permettent même aux courtiers indépendants d’accéder à des tarificateurs multi-compagnies et à des outils de gestion de portefeuille sans investissement lourd.
Les comparateurs en ligne
Les comparateurs d’assurance ont pris une place significative sur le marché des particuliers. Ils attirent des millions de visiteurs chaque mois et génèrent un volume considérable de souscriptions, principalement sur l’auto, la MRH et la santé individuelle.
La montée en puissance des comparateurs a deux conséquences pour les courtiers. D’une part, elle tire les prix vers le bas sur les produits commoditisés, ce qui réduit les marges. D’autre part, elle éduque les consommateurs à la comparaison, ce qui peut les amener ensuite vers un courtier pour des besoins plus complexes.
La stratégie gagnante pour un courtier face aux comparateurs est de se positionner là où les comparateurs ne vont pas : les risques professionnels, les couvertures complexes, le conseil personnalisé, l’accompagnement sinistre. Sur ces segments, la valeur ajoutée du courtier est indiscutable.
La pression réglementaire
La charge réglementaire pesant sur les intermédiaires d’assurance s’est considérablement alourdie ces dernières années. DDA, RGPD, LCB-FT, devoir de conseil, formation continue, gouvernance produit : les obligations sont multiples et leur respect exige du temps, des compétences et des outils.
Pour un petit cabinet de courtage, la mise en conformité représente un coût non négligeable (logiciels, formations, temps consacré à la documentation des dossiers). Mais c’est aussi une barrière à l’entrée qui protège les courtiers professionnels contre la concurrence d’amateurs non conformes.
Le risque climatique
L’augmentation de la fréquence et de la sévérité des événements climatiques (tempêtes, inondations, sécheresse, grêle) pose un défi majeur au marché de l’assurance. La sinistralité climatique augmente, les primes suivent, et certains risques deviennent difficiles à assurer.
La France dispose d’un système unique au monde avec le régime des catastrophes naturelles (CatNat), géré par la Caisse Centrale de Réassurance (CCR). Mais ce système est sous pression. La réforme du régime CatNat, engagée par la loi du 28 décembre 2021, a amélioré l’indemnisation des assurés mais a aussi augmenté les cotisations.
Pour un courtier, le risque climatique est un sujet de conseil majeur. Accompagner ses clients dans la prévention des risques, vérifier que leurs garanties sont adéquates, les aider à comprendre les mécanismes d’indemnisation : c’est un service à forte valeur ajoutée.
Le vieillissement de la population
La France vieillit. Les plus de 60 ans représentent désormais plus de 25% de la population. Cette tendance démographique a des conséquences directes sur le marché de l’assurance :
La demande de complémentaire santé augmente avec l’âge (les dépenses de santé des plus de 60 ans sont deux à trois fois supérieures à celles des 30-40 ans). Les besoins en prévoyance dépendance se développent. L’épargne retraite (PER, assurance vie) prend une place croissante dans les préoccupations financières des ménages. Et les transmissions de patrimoine (assurance vie comme outil de transmission) génèrent des flux importants.
Pour un courtier, le vieillissement de la population est une opportunité structurelle. Les seniors et les pré-retraités ont des besoins complexes, un patrimoine à protéger et un budget assurance conséquent. Ils valorisent le conseil personnalisé et la relation humaine plus que les solutions 100% digitales.
Ce que cela signifie pour un futur courtier en 2026
Après ce tour d’horizon du marché, revenons à l’essentiel : que signifient tous ces chiffres pour quelqu’un qui envisage de devenir courtier en assurance en 2026 ?
Un marché en croissance
Le marché de l’assurance en France croît de 3 à 5% par an en volume de primes. Cette croissance est portée par l’inflation, la demande croissante de couvertures (cyber, prévoyance, santé) et l’émergence de nouveaux risques. Un marché en croissance est un marché où il y a de la place pour de nouveaux acteurs.
Un besoin réel de conseil
La complexification des produits, de la réglementation et des risques crée un besoin croissant de conseil indépendant. Les clients, qu’ils soient particuliers ou entreprises, ne peuvent plus gérer seuls leurs assurances de façon optimale. Le courtier apporte une valeur ajoutée tangible : l’expertise, la comparaison, la négociation et l’accompagnement.
Des barrières à l’entrée accessibles
Devenir courtier en assurance ne nécessite pas de capitaux importants ni de diplôme universitaire. La formation IAS 150h est accessible à tous, la RC Pro est obligatoire mais abordable, et l’inscription à l’ORIAS est une formalité administrative. Les barrières à l’entrée sont suffisantes pour filtrer les amateurs, mais pas prohibitives pour un professionnel motivé.
Un modèle économique résilient
Le modèle économique du courtage repose sur les commissions récurrentes. Chaque contrat signé continue de générer des revenus année après année. Après trois à cinq ans d’activité, un courtier sérieux dispose d’un socle de revenus récurrents qui sécurise son activité et lui permet de se concentrer sur le développement.
Des segments de spécialisation variés
Le marché est suffisamment vaste et diversifié pour que chaque courtier trouve sa niche. Santé collective, prévoyance TNS, assurance emprunteur, IARD professionnel, cyber, construction, transport, patrimoine : les possibilités sont nombreuses. La spécialisation est souvent la clé de la réussite.
Un investissement initial raisonnable
Comparée à d’autres activités entrepreneuriales, la création d’un cabinet de courtage est peu coûteuse. Les principaux postes de dépenses sont la formation initiale (IAS 150h), la RC Pro, l’inscription ORIAS, un logiciel de gestion et éventuellement un local. On peut démarrer avec un budget de 5 000 à 15 000 euros, voire moins en travaillant depuis son domicile.
Potentiel de revenus par segment
Pour aller au-delà des généralités, voici une estimation du potentiel de revenus par segment pour un courtier indépendant après 3 à 5 ans d’activité, avec un portefeuille de taille moyenne.
| Segment | Nombre de contrats en portefeuille | Prime annuelle moyenne | Commission récurrente moyenne | Revenu récurrent annuel |
|---|---|---|---|---|
| Santé collective | 30 entreprises | 25 000 euros | 10% | 75 000 euros |
| IARD professionnel | 80 contrats | 2 500 euros | 12% | 24 000 euros |
| Prévoyance TNS | 60 contrats | 1 200 euros | 15% | 10 800 euros |
| Assurance emprunteur | 40 contrats | 800 euros | 15% | 4 800 euros |
| MRH et auto particuliers | 200 contrats | 600 euros | 10% | 12 000 euros |
| PER / Assurance vie | 30 contrats | 3 000 euros (cotisation annuelle) | 1% encours + frais | 8 000 euros |
Total revenu récurrent annuel estimé : environ 134 600 euros brut, auxquels s’ajoutent les commissions d’acquisition sur les nouveaux contrats signés dans l’année.
Ces chiffres sont des estimations basées sur des moyennes de marché. Les résultats réels varient considérablement selon la spécialisation, la zone géographique, la qualité du réseau commercial et l’intensité de l’effort commercial.
Pour une analyse plus détaillée des revenus du courtier, consultez notre guide complet sur le salaire et les revenus du courtier en assurance.
La concentration du marché : menace ou opportunité ?
Le marché de l’assurance en France connaît un mouvement de concentration qui touche aussi bien les compagnies que les intermédiaires.
Concentration des compagnies
Le nombre de compagnies d’assurance opérant en France diminue progressivement sous l’effet des fusions-acquisitions et des exigences réglementaires (Solvabilité II). Les grands groupes renforcent leur position, tandis que les petits acteurs sont absorbés ou disparaissent.
Pour un courtier, cette concentration a un impact direct : le nombre de partenaires potentiels diminue. Mais les compagnies restantes ont toujours besoin de distributeurs. Et les grossistes en courtage permettent aux petits courtiers d’accéder à des marchés et à des produits auxquels ils n’auraient pas accès directement.
Concentration du courtage
Le courtage connaît également un mouvement de consolidation. Des groupes de courtage rachètent des cabinets indépendants pour constituer des portefeuilles de taille critique. Des réseaux de courtiers (groupements, coopératives, franchises) permettent aux indépendants de mutualiser les coûts et d’accéder à des conditions de courtage plus avantageuses.
Cette consolidation ne signifie pas que le courtier indépendant n’a plus sa place. Au contraire, la consolidation concerne principalement les cabinets de taille moyenne (5 à 50 salariés). Les micro-cabinets (1 à 3 personnes) et les courtiers indépendants ultraspécialisés restent hors du radar des consolidateurs et continuent de prospérer.
Ce que cela implique pour un nouvel entrant
Si vous créez votre cabinet de courtage en 2026, vous devez penser dès le départ à votre positionnement. Trois stratégies fonctionnent :
La spécialisation sectorielle : devenir l’expert reconnu d’un secteur (BTP, restauration, professions médicales, e-commerce). C’est la stratégie la plus défendable à long terme.
La proximité géographique : devenir le courtier de référence sur un territoire (une ville, un bassin d’emploi). La relation de proximité reste un atout fort, en particulier avec les TPE et les professions libérales.
L’adossement à un réseau : rejoindre un groupement de courtiers pour bénéficier de conditions de courtage négociées, d’outils mutualisés et d’une marque collective, tout en conservant son indépendance.
L’impact de la loi Lemoine sur la distribution
La loi Lemoine du 28 février 2022 mérite un développement spécifique car son impact sur le marché du courtage est considérable.
Ce que change la loi Lemoine
Avant la loi Lemoine, le changement d’assurance emprunteur était possible mais encadré par des fenêtres de tir (loi Hamon la première année, amendement Bourquin à chaque date anniversaire). Ces contraintes temporelles limitaient la mobilité des emprunteurs.
Depuis le 1er septembre 2022, tout emprunteur peut résilier et substituer son assurance emprunteur à tout moment, sans délai, sans frais et sans pénalité. La seule condition : le nouveau contrat doit offrir des garanties au moins équivalentes à l’ancien.
De plus, la loi Lemoine a supprimé le questionnaire médical pour les emprunts de moins de 200 000 euros par assuré dont l’échéance intervient avant le 60e anniversaire de l’emprunteur. Et le droit à l’oubli pour les anciens malades du cancer a été réduit de 10 à 5 ans.
L’opportunité pour les courtiers
La loi Lemoine a ouvert un marché gigantesque. On estime qu’environ 7 millions de contrats d’assurance emprunteur sont en cours en France, pour un volume de primes de près de 10 milliards d’euros. La grande majorité de ces contrats ont été souscrits auprès de la banque prêteur, souvent sans mise en concurrence.
Or, les contrats bancaires sont en moyenne 30 à 50% plus chers que les offres alternatives à garanties équivalentes. Un emprunteur qui change de contrat peut économiser plusieurs milliers d’euros sur la durée de son prêt.
Le courtier est l’intermédiaire idéal pour cette substitution. Il identifie les emprunteurs éligibles, compare les offres du marché, vérifie l’équivalence des garanties, gère les formalités administratives et accompagne le client jusqu’à la mise en place du nouveau contrat. La commission est perçue à chaque renouvellement annuel du contrat.
C’est un segment accessible à un courtier débutant car il ne nécessite pas de portefeuille existant. Il suffit de prospecter les emprunteurs (via le digital, les réseaux sociaux, les partenariats avec des courtiers en crédit) et de leur proposer une analyse gratuite de leur contrat.
Les nouveaux risques : cyber, climat, pandémie
Le marché de l’assurance évolue en permanence car de nouveaux risques émergent. Trois catégories de risques sont en pleine expansion et représentent des opportunités pour les courtiers.
Le risque cyber
La cybermenace est devenue l’un des risques majeurs pour les entreprises. Les attaques par rançongiciel, les violations de données personnelles, les fraudes par compromission de messagerie se multiplient. Les conséquences financières peuvent être dévastatrices : arrêt d’activité, coûts de remise en état, rançons, amendes RGPD, perte de clientèle.
Le marché de la cyber-assurance en France est en pleine structuration. L’ACPR et France Assureurs ont publié des recommandations pour encadrer ce marché. Les produits se standardisent progressivement, mais il reste une grande hétérogénéité entre les offres.
Pour un courtier, la cyber-assurance est un segment à fort potentiel. Les PME sont la cible prioritaire car elles sont massivement sous-assurées. Le courtier joue un rôle de sensibilisation (faire prendre conscience du risque), de conseil (adapter les garanties aux besoins réels) et de placement (trouver l’assureur acceptant le risque à un prix raisonnable).
Le risque climatique
Les événements climatiques extrêmes sont devenus plus fréquents et plus coûteux. La sinistralité climatique en France dépasse régulièrement les 5 milliards d’euros par an, contre 2 à 3 milliards il y a dix ans.
Le risque climatique impacte de nombreuses branches : MRH (inondations, tempêtes), automobile (grêle), agriculture (sécheresse, gel), construction (mouvement de terrain, retrait-gonflement des argiles), RC (atteinte à l’environnement).
Le courtier a un rôle majeur à jouer dans l’adaptation au risque climatique. Il peut accompagner ses clients dans la prévention (recommandations de mesures de protection), dans l’adaptation des garanties (vérifier que les couvertures sont adéquates face aux nouveaux risques) et dans la gestion de crise post-sinistre.
Les risques pandémiques et de continuité d’activité
La crise sanitaire de 2020-2022 a mis en lumière la vulnérabilité des entreprises face aux risques de pandémie et de perturbation majeure de l’activité. Les débats sur les pertes d’exploitation sans dommage matériel ont montré les limites des contrats traditionnels.
De nouveaux produits émergent pour couvrir les risques de pandémie et de perturbation de la chaîne d’approvisionnement. Ce sont des marchés de niche, mais en croissance, où le courtier spécialisé peut apporter une valeur ajoutée significative.
Entrer sur le marché en 2026 : par où commencer ?
Tout ce panorama serait incomplet sans une conclusion opérationnelle. Vous connaissez maintenant la taille du marché, ses segments, ses canaux de distribution, ses tendances et ses défis. La question est : comment traduire cette connaissance en action ?
Étape 1 : obtenir votre capacité professionnelle
Rien ne commence sans la formation réglementaire. La capacité professionnelle IAS Niveau 1 (150 heures) est la condition sine qua non pour vous inscrire à l’ORIAS et exercer comme courtier. C’est votre première étape, et c’est la seule qui soit non négociable.
La formation couvre les cinq unités de valeur qui correspondent aux grandes branches de l’assurance : savoirs généraux (UV1), assurances de personnes (UV2), assurance vie (UV3), contrats collectifs (UV4) et biens et responsabilité (UV5). Elle se conclut par un quiz final de 100 questions, seuil de réussite à 70%.
Notre formation IAS 150h en e-learning vous prépare à cette validation avec un programme conforme à l’arrêté du 26 septembre 2018, accessible à votre rythme, depuis chez vous.
Étape 2 : choisir votre positionnement
Le marché est vaste. Vous ne pouvez pas tout faire. Choisissez un ou deux segments de départ et concentrez-y vos efforts. Les critères de choix sont : la rentabilité du segment, votre affinité personnelle, votre réseau existant et le niveau de concurrence locale.
Si vous venez du monde de l’entreprise, la santé collective et la prévoyance collective sont un choix logique. Si vous avez un réseau de particuliers, l’assurance emprunteur et la prévoyance TNS sont de bons points de départ. Si vous avez une expertise sectorielle (BTP, médical, tech), l’IARD professionnel spécialisé est votre terrain.
Étape 3 : construire votre infrastructure
Avant de signer votre premier client, vous devez mettre en place les fondamentaux : création de votre structure juridique, inscription à l’ORIAS, souscription de votre RC Pro, adhésion à une association professionnelle, mise en place de vos outils de gestion (CRM, tarificateurs, signature électronique).
Notre guide complet pour créer votre cabinet de courtage détaille chacune de ces étapes.
Étape 4 : signer vos premiers partenariats
Un courtier ne peut pas travailler sans conventions de courtage avec des compagnies d’assurance. Ces conventions définissent les produits que vous pouvez distribuer, les commissions que vous percevrez et les conditions de votre collaboration.
En début d’activité, il est souvent plus simple de passer par des courtiers grossistes qui vous donnent accès à une large gamme de produits sans exiger de volume minimum de production. Au fur et à mesure de votre développement, vous pourrez négocier des conventions directes avec les compagnies.
Étape 5 : prospecter et vendre
Le cœur de votre activité. Un courtier qui ne prospecte pas, ne vend pas. Un courtier qui ne vend pas, ne survit pas. La prospection peut prendre de nombreuses formes : réseau personnel, recommandations, partenariats (experts-comptables, courtiers en crédit, agents immobiliers), digital (site web, réseaux sociaux, contenu), événementiel (salons, réunions d’entreprises).
Le marché est là. Les 230 milliards d’euros de primes collectées chaque année ne vont pas se distribuer tout seuls. À vous de prendre votre part.
Foire aux questions
Quelle est la taille du marché de l’assurance en France en 2026 ?
Le marché français de l’assurance dépasse les 230 milliards d’euros de primes collectées par an. Il se décompose en trois grands segments : l’assurance vie et capitalisation (environ 130 milliards), l’IARD (environ 70 milliards) et la santé-prévoyance (plus de 50 milliards). La France est le troisième marché européen et le cinquième au niveau mondial. Le marché croît de 3 à 5% par an en volume de primes.
Combien de courtiers en assurance sont enregistrés à l’ORIAS ?
L’ORIAS recense environ 25 000 à 27 000 courtiers en assurance (COA) en activité. Ce chiffre est en croissance régulière de 2 à 3% par an. En incluant les mandataires d’intermédiaires (MIA, environ 45 000 à 50 000), les mandataires d’assurance (MA, environ 22 000 à 24 000) et les agents généraux (AGA, environ 11 000 à 12 000), le nombre total d’intermédiaires immatriculés à l’ORIAS dépasse les 100 000 personnes physiques et morales.
Quelle est la part de marché des courtiers en assurance en France ?
Les courtiers représentent entre 17 et 19% du marché français de l’assurance en part de primes intermédiées. Cette part est en progression constante depuis 15 ans (elle était d’environ 12% au début des années 2000). Le courtage est particulièrement fort en IARD professionnel (plus de 40% de part de marché), en risques industriels (plus de 60%) et en santé collective. La bancassurance reste le premier canal (34 à 36%), suivie des agents généraux (31 à 34%) et du direct/digital (12 à 15%).
Quels sont les segments les plus porteurs pour un courtier en 2026 ?
Les six segments de croissance principaux pour un courtier en 2026 sont : la santé collective (portée par les renouvellements annuels ANI), l’assurance emprunteur (ouverte par la loi Lemoine), la cyber-assurance (croissance de 20 à 30% par an), la prévoyance TNS (marché structurellement sous-équipé), le PER (collecte en forte croissance) et l’IARD professionnel PME (sous-conseillé et à fortes marges). Le choix du segment dépend de votre réseau, de votre zone géographique et de vos affinités.
Quelle formation faut-il pour devenir courtier en assurance ?
Pour vous inscrire à l’ORIAS comme courtier en assurance (COA), vous devez justifier d’une capacité professionnelle de niveau I, soit 150 heures de formation (IAS 150h). Cette formation couvre cinq unités de valeur définies par l’arrêté du 26 septembre 2018 : savoirs généraux (UV1, 56h), assurances de personnes (UV2, 24h), assurance vie (UV3, 24h), contrats collectifs (UV4, 16h) et biens et responsabilité (UV5, 30h). La formation se conclut par un quiz de 100 questions avec un seuil de réussite de 70%. Consultez notre guide complet sur la formation IAS 150h pour tous les détails.
La loi Lemoine représente-t-elle vraiment une opportunité pour les courtiers ?
La loi Lemoine est l’une des plus grandes opportunités réglementaires pour le courtage ces dernières années. En permettant la résiliation à tout moment de l’assurance emprunteur (sans délai, sans frais, sans pénalité), elle a ouvert un marché de près de 10 milliards d’euros de primes annuelles qui était largement captif des banques. Les contrats bancaires sont en moyenne 30 à 50% plus chers que les alternatives à garanties équivalentes. Le courtier est l’intermédiaire naturel pour accompagner les emprunteurs dans la substitution de leur contrat. C’est un segment accessible aux débutants car il ne nécessite pas de portefeuille existant.
Le marché de l’assurance est-il menacé par la digitalisation ?
La digitalisation transforme le marché de l’assurance, mais elle ne menace pas le courtage. Elle redistribue les cartes. Les comparateurs en ligne et les assurances directes captent une part croissante du marché sur les produits simples (auto, MRH). Mais sur les risques complexes (IARD professionnel, santé collective, prévoyance, cyber), le besoin de conseil humain reste intact, voire s’accentue. Les courtiers qui intègrent les outils digitaux (CRM, tarificateurs, signature électronique, présence en ligne) gagnent en compétitivité. Le modèle hybride alliant conseil humain et outils digitaux est celui qui progresse le plus. La digitalisation est un outil, pas un remplacement.
Le mot de la fin
Le marché de l’assurance en France est un marché solide, en croissance, diversifié et accessible. Les 230 milliards d’euros de primes collectées chaque année représentent un réservoir d’opportunités pour les courtiers compétents et motivés.
Les tendances de fond sont favorables au courtage : complexification des risques, besoin croissant de conseil indépendant, ouverture de nouveaux segments (cyber, emprunteur, PER), évolution réglementaire qui valorise le professionnalisme. Le nombre de courtiers augmente chaque année, preuve que le marché continue d’attirer de nouveaux talents.
Mais ce marché ne se prend pas à la légère. Il exige une formation solide, une connaissance approfondie des produits et de la réglementation, et un sens commercial affirmé. Les courtiers qui réussissent sont ceux qui investissent dans leur compétence, qui choisissent leur positionnement avec lucidité et qui mettent le conseil client au centre de leur pratique.
Votre première étape : obtenir votre capacité professionnelle IAS 150h. C’est la clé qui ouvre toutes les portes. Découvrez notre formation et commencez votre parcours.