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Business plan d'un cabinet de courtage : point mort et clients

Mis à jour le 11 octobre 2026 15 min de lecture
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Le business plan d’un cabinet de courtage repose sur un calcul central, celui du point mort : vos charges fixes annuelles plus la rémunération que vous visez, divisées par la commission annuelle moyenne d’un client, donnent le nombre de clients à avoir en portefeuille. Dans le modèle de cette page, 9 000 € de charges et 36 000 € de rémunération (cotisations sociales comprises), à 225 € de commission par client et par an, demandent 200 clients sur une année pleine, soit environ 220 en fin d’année une fois les départs compensés. Selon la spécialité, le même calcul va de 50 à 450 clients. Ces valeurs sont des hypothèses, détaillées ci-dessous, à remplacer par les vôtres. Et la première année, la trésorerie reste déficitaire : les signatures montent en charge et les commissions arrivent avec retard.

Cette page traite des chiffres. Les démarches pour créer la structure sont résumées dans notre guide pour créer un cabinet de courtage, et les frais de démarrage dans notre article sur le budget de lancement d’un cabinet.

Porteurs de projet qui prennent des notes autour d'une table pour préparer un business plan

Que doit contenir le business plan d’un cabinet de courtage ?

Une banque, un réseau de prêt d’honneur ou une compagnie partenaire attendent les mêmes parties. Aucune longueur n’est imposée : une dizaine de pages chiffrées convainquent mieux qu’un long document générique.

PartieContenuCe que le lecteur vérifie
1. RésuméLe projet en une page : cible, spécialité, besoin de financement, objectifs à trois ansQue le projet est clair et la demande chiffrée
2. Porteur de projetParcours, capacité professionnelle de niveau 1, motivationsQue vous pouvez exercer légalement et connaissez le métier
3. Marché et cibleSegment visé, zone, nombre de prospects, concurrence localeQue la clientèle existe là où vous vous installez
4. Offre et revenusProduits distribués, partenaires (compagnies, grossistes), commissions, éventuels honorairesQue vous comprenez la mécanique des commissions récurrentes
5. Plan commercialCanaux de prospection, objectifs de rendez-vous et de signatures par moisQue les volumes du prévisionnel sont atteignables
6. Organisation et obligationsStatut, lieu d’exercice, outils, RC Pro, association agréée, ORIASQue les coûts réglementaires sont prévus
7. Prévisionnel financierHypothèses, compte de résultat sur trois ans, plan de trésorerie mensuel de l’année 1, point mort, plan de financementQue les chiffres sont prudents et cohérents entre eux
8. AnnexesCV, attestation de formation, devis de RC Pro, statuts, lettres d’intention de partenairesLes preuves de ce qui est annoncé

Pour la partie marché, partez du national puis descendez vers votre zone. Le marché français de l’assurance représente environ 283 milliards d’euros de cotisations en 2024 Source : France Assureurs, 2024 , mais le banquier jugera surtout le nombre de prospects de votre segment autour de vous : entreprises de votre secteur cible, ménages, prescripteurs.

Pour la partie obligations, les montants sont fixés par les textes. La RC Pro doit couvrir au moins 1 564 610 € par sinistre et 2 315 610 € par année Source : Légifrance, 2024-10-29 . L’inscription à l’ORIAS coûte 25 € par catégorie et par an Source : ORIAS, 2024 . La formation continue représente 15 heures par an Source : Code des assurances, 2024 . L’adhésion à une association professionnelle agréée est obligatoire depuis le 1er avril 2022. Enfin, une garantie financière d’au moins 115 000 € n’est exigée que si vous encaissez des fonds pour le compte de clients ou d’assureurs Source : Code des assurances, 2024 .

Comment calculer le point mort d’un courtier ?

Le point mort se calcule en quatre étapes, deux fois : sans rémunération (le cabinet couvre ses frais), puis avec la rémunération visée (vous vivez du courtage).

Étape 1 : chiffrer les charges fixes annuelles

PosteMontant annuel (hypothèse)
RC Pro500 €
Inscription ORIAS (une catégorie)25 €
Association professionnelle agréée400 €
Expert-comptable1 800 €
Logiciels (CRM, signature électronique, stockage)1 200 €
Téléphone et internet600 €
Site internet et hébergement300 €
Formation continue (15 heures par an)300 €
Déplacements1 800 €
Prospection et communication1 500 €
Banque, fournitures et divers575 €
Total9 000 €

Ce budget suppose une société avec expert-comptable, sans local ni salarié. En micro-entreprise, la comptabilité coûte moins cher ; avec un bureau, ajoutez le loyer. Les commissions de courtage étant exonérées de TVA, vous ne récupérez en principe pas la TVA sur vos achats : comptez vos charges TTC.

Étape 2 : fixer la rémunération visée

Le modèle retient 36 000 € par an, cotisations sociales comprises. Ce que ce montant laisse en net dépend de votre statut (micro-entreprise, gérant majoritaire d’EURL, président de SASU) et de vos choix de rémunération : faites-le chiffrer par un expert-comptable avant de bâtir le reste. Notre guide sur le statut juridique du courtier compare les options.

Étape 3 : estimer la commission annuelle moyenne par client

Multipliez le panier moyen (les primes annuelles d’un client, tous contrats confondus) par votre taux de commission moyen : 1 500 € × 15 % = 225 € par client et par an. Prenez les taux de vos conventions ou de vos lettres d’intention, pas une moyenne de marché : les barèmes varient selon le produit et le partenaire. Nos repères sur les commissions du courtier donnent les ordres de grandeur.

Étape 4 : diviser

  • Point mort d’exploitation : 9 000 € ÷ 225 € = 40 clients. Le cabinet couvre ses frais, mais ne vous paie pas.
  • Point mort avec rémunération : (9 000 € + 36 000 €) ÷ 225 € = 200 clients. Vous vivez du courtage au niveau visé.

En rythme mensuel, le résultat est le même : un client rapporte 18,75 € par mois (225 € ÷ 12), vos charges fixes représentent 750 € par mois (40 clients), et charges plus rémunération 3 750 € par mois (200 clients).

Ajuster pour les départs de clients

Ces 200 clients doivent être présents toute l’année. Or, avec 85 % de rétention, 15 % du portefeuille part chaque année, et les clients signés pour les remplacer ne rapportent que 40 % de leur commission la première année, soit 90 €. Pour encaisser 45 000 € en régime de croisière, visez donc environ 220 clients en fin d’année : 187 restent toute l’année (187 × 225 € = 42 075 €) et 33 nouveaux remplacent les départs (33 × 90 € = 2 970 €), soit 45 045 €.

Combien de clients pour vivre du courtage selon votre spécialité ?

Appliqué à d’autres paniers, le même calcul donne des seuils très différents. Les paniers et les taux ci-dessous sont des hypothèses de modèle, choisies pour montrer l’écart entre spécialités : remplacez-les par ceux de vos partenaires.

SpécialitéPanier et taux (hypothèse)Commission par client et par anClients pour couvrir 9 000 € de chargesClients pour couvrir 45 000 € (charges et rémunération)
Auto et habitation seules1 000 € à 10 %100 €90450
Santé individuelle seule1 200 € à 12,5 %150 €60300
Particuliers multi-équipés (santé, habitation, prévoyance)1 500 € à 15 %225 €40200
Prévoyance des travailleurs non salariés1 500 € à 20 %300 €30150
Multirisque professionnelle de TPE2 500 € à 15 %375 €24120
TPE multi-équipées (multirisque, santé collective, prévoyance du dirigeant)6 000 € à 15 %900 €1050
Assurance emprunteur600 € par dossier, versés l’année de la signature600 € par dossier15 dossiers par an75 dossiers par an

Pour les spécialités à portefeuille, ajoutez environ 10 % pour obtenir le nombre de clients à viser en fin d’année (200 devient 220). Pour l’assurance emprunteur, le modèle retient le cas prudent d’une commission perçue uniquement l’année de la signature : le seuil se compte alors en dossiers à signer chaque année, sans effet de portefeuille. Selon les contrats, cette commission peut aussi être étalée sur plusieurs années.

Deux enseignements se dégagent. D’abord, le multi-équipement pèse plus que le nombre de clients : un client équipé en auto et habitation rapporte 100 € dans ce modèle, contre 225 € s’il a aussi une santé et une prévoyance, et le seuil passe de 450 à 200 clients. Ensuite, les spécialités professionnelles demandent moins de clients, mais chaque client demande plus de rendez-vous, un audit et une mise en place plus longue. Notre guide pour choisir sa spécialité de départ compare ces profils.

Ce business plan suppose que vous puissiez exercer : sans capacité professionnelle de niveau 1, pas d’inscription à l’ORIAS. Elle s’obtient le plus souvent par une formation de 150 heures Source : Code des assurances, 2024 . La formation IAS 150h de FormaCourtage coûte 399 € TTC (comptant ou en 3 ou 4x sans frais), 100 % en ligne et à votre rythme, avec une attestation acceptée pour l’inscription à l’ORIAS. Si votre projet inclut le crédit, le Pack IAS + IOBSP réunit les deux formations pour 598 € au lieu de 798 €.

Pourquoi la première année est-elle déficitaire en trésorerie ?

Le point mort se lit en portefeuille ; votre compte bancaire, lui, suit les encaissements. Deux décalages séparent les deux.

La montée en charge. Vous ne signez pas 7 clients par mois dès votre inscription à l’ORIAS : il faut d’abord signer vos conventions, activer votre réseau et trouver vos prescripteurs. Le modèle suppose 80 clients la première année, avec un rythme qui passe de 3 à 8 signatures par mois.

Année 1Clients signésPortefeuille en fin de trimestreCommissions du portefeuille, par mois
1er trimestre1212225 €
2e trimestre2032600 €
3e trimestre24561 050 €
4e trimestre24801 500 €

À comparer avec 750 € de charges fixes par mois, et 3 750 € pour couvrir charges et rémunération.

Le décalage de versement. Une commission linéaire arrive au fil des cotisations, après la prise d’effet du contrat et au rythme de chaque partenaire. Les 40 clients du point mort d’exploitation sont signés au début du troisième trimestre, mais les commissions encaissées ne couvrent les charges fixes du mois qu’un à deux mois plus tard, vers la fin de ce trimestre. Avec un précompte, la compagnie verse d’avance une part de la commission de première année, ce qui soulage la trésorerie, mais la reprend souvent si le contrat est résilié tôt : lisez les conditions de vos conventions.

Résultat sur l’année 1 : vos 80 clients représentent 18 000 € de commissions par an (80 × 225 €), mais vous n’encaissez qu’environ 5 400 € dans l’année (30 %), pour 9 000 € de charges fixes. Le cabinet affiche un déficit d’environ 3 600 € et ne peut pas vous rémunérer. Votre plan de financement doit couvrir ce déficit, les frais de démarrage et vos dépenses personnelles de la première année.

Prévisionnel financier et graphiques étudiés autour d'une table de travail

À quoi ressemble le prévisionnel sur trois ans ?

Objectif du modèle : atteindre 220 clients en fin d’année 3, le niveau qui permet d’encaisser 45 000 € par an en régime de croisière. Avec 15 % de départs par an, il faut signer 80 clients en année 1, 92 en année 2 et 84 en année 3, puis 33 par an pour maintenir le portefeuille.

Année 1Année 2Année 3Année 4
Nouveaux clients signés80928433
Clients perdus (15 % du portefeuille au 1er janvier)0122433
Portefeuille au 31 décembre80160220220
Commissions encaissées dans l’année5 400 €23 580 €38 160 €45 045 €
Charges fixes9 000 €9 000 €9 000 €9 000 €
Reste pour votre rémunération (cotisations comprises)Déficit de 3 600 €14 580 €29 160 €36 045 €

Détail des commissions encaissées : en année 1, 80 × 225 € × 30 % = 5 400 €. En année 2, les 68 clients restés toute l’année rapportent 68 × 225 € = 15 300 €, et les 92 nouveaux 92 × 90 € = 8 280 €, soit 23 580 €. En année 3 : 136 × 225 € + 84 × 90 € = 30 600 € + 7 560 € = 38 160 €. En année 4 : 187 × 225 € + 33 × 90 € = 42 075 € + 2 970 € = 45 045 €.

Trois lectures pour votre banquier :

  • l’année 2 est la première à couvrir les charges fixes sur l’année entière ;
  • la rémunération visée de 36 000 € n’est atteinte qu’en année 4 dans ce modèle. L’écart cumulé sur les trois premières années atteint 67 860 € (39 600 € + 21 420 € + 6 840 €), à couvrir par votre épargne, les revenus de votre foyer, une activité à temps partiel ou un financement ;
  • une fois le portefeuille constitué, 33 signatures par an (moins de 3 par mois) suffisent à le maintenir : le temps libéré sert au suivi des clients et au multi-équipement.

Côté prospection, si vous transformez 3 rendez-vous sur 10 (hypothèse à vérifier sur vos premiers mois), 7 à 8 nouveaux clients par mois demandent environ 25 rendez-vous par mois, soit 6 par semaine. Les méthodes pour les obtenir sont détaillées dans notre guide pour trouver vos premiers clients. Pour le plan de financement, ajoutez au déficit de l’année 1 les frais de démarrage (formation, création de la structure, matériel, site), détaillés dans notre article sur le coût réel pour devenir courtier.

Comment réduire le nombre de clients nécessaires ?

Quatre leviers, tous chiffrables dans le modèle :

  • Baisser les charges fixes. Chaque tranche de 2 250 € de charges en moins retire 10 clients au seuil (2 250 € ÷ 225 €). Démarrez à domicile, avec des outils simples, et n’engagez un local qu’une fois le portefeuille constitué.
  • Augmenter la commission par client. Ajouter une prévoyance (300 € de commission par an dans le modèle) chez un client sur quatre fait passer la moyenne de 225 € à 300 € par client, et le seuil de 200 à 150 clients (45 000 € ÷ 300 €).
  • Retenir vos clients. Sur un portefeuille de 220 clients, 90 % de rétention au lieu de 85 % ramène les départs à remplacer de 33 à 22 par an. Le suivi annuel des contrats et l’accompagnement en cas de sinistre méritent une ligne dans votre plan commercial.
  • Ajouter des honoraires. Le modèle n’en compte aucun, par prudence. Si vous facturez du conseil, par exemple un audit des assurances d’une entreprise, chiffrez-le à part, avec ses propres hypothèses.

Comment présenter ce business plan à votre banque ?

Présentez le scénario prudent comme scénario principal, et un scénario favorable à part. Joignez le plan de trésorerie mensuel de l’année 1 : c’est lui qui montre le déficit des premiers mois et justifie le montant demandé, chiffré poste par poste avec votre apport. Faire relire le prévisionnel par un expert-comptable n’est pas obligatoire, mais il vérifiera la cohérence des chiffres et le coût réel de votre rémunération. Une fois lancé, comparez chaque trimestre vos signatures, votre commission moyenne et vos départs de clients aux hypothèses, et corrigez le modèle.

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Questions fréquentes

À propos de ce sujet

Que doit contenir le business plan d'un cabinet de courtage ?
Huit parties : un résumé d'une page, la présentation du porteur de projet et de sa capacité professionnelle, le marché et la cible, l'offre et le modèle de revenus, le plan commercial, l'organisation et les obligations réglementaires, le prévisionnel financier et les annexes. Le prévisionnel comprend les hypothèses, un compte de résultat sur trois ans, un plan de trésorerie mensuel de la première année, le calcul du point mort et le plan de financement. Aucune longueur n'est imposée : une dizaine de pages chiffrées suffit souvent.
Combien de clients faut-il pour vivre du courtage ?
Divisez vos charges fixes annuelles plus votre rémunération visée par la commission annuelle moyenne d'un client. Exemple indicatif : 9 000 euros de charges et 36 000 euros de rémunération, cotisations sociales comprises, à 225 euros de commission par client et par an, demandent 200 clients présents toute l'année, soit environ 220 en fin d'année pour compenser les départs. Selon la spécialité, le même calcul va de 50 clients en multi-équipement professionnel à 450 clients en auto et habitation seules.
Comment calculer le point mort d'un courtier en assurance ?
Le point mort d'exploitation est égal aux charges fixes annuelles divisées par la commission annuelle moyenne par client : 9 000 euros divisés par 225 euros donnent 40 clients dans le modèle de cette page. Le point mort avec rémunération ajoute la rémunération visée aux charges : 45 000 euros divisés par 225 euros donnent 200 clients. La commission par client s'obtient en multipliant les primes annuelles d'un client par votre taux de commission moyen, par exemple 1 500 euros à 15 %.
Pourquoi la première année d'un courtier est-elle déficitaire ?
Parce que les signatures montent en charge progressivement et que les commissions arrivent après la prise d'effet des contrats, au rythme de chaque compagnie. Dans le modèle de cette page, 80 clients signés la première année représentent 18 000 euros de commissions par an, mais seulement 5 400 euros encaissés dans l'année, pour 9 000 euros de charges fixes. Le plan de financement doit couvrir ce déficit et vos dépenses personnelles.
En combien de temps un courtier atteint-il son point mort ?
Aucun délai n'est garanti : il dépend de la spécialité, du réseau et du temps consacré à la prospection. Dans le modèle de cette page, les commissions mensuelles couvrent les charges fixes vers la fin du troisième trimestre, l'année 2 est la première à couvrir les charges sur l'année entière, et la rémunération visée de 36 000 euros n'est atteinte qu'en année 4, avec 220 clients en portefeuille.
Faut-il un business plan si l'on démarre sans emprunt ?
Oui. Même sans banque, il vous donne le nombre de clients à signer chaque mois, le moment où le cabinet couvre ses frais et l'épargne nécessaire pour tenir pendant la montée en charge. Comparez chaque trimestre vos chiffres réels aux hypothèses : nombre de signatures, commission moyenne par client, départs de clients. Si l'écart persiste, ajustez la spécialité, la prospection ou les charges.
Quelles charges sociales prévoir dans le prévisionnel d'un courtier ?
Elles dépendent du statut (micro-entreprise, gérant majoritaire d'EURL ou de SARL, président de SASU) et du niveau de rémunération : faites-les chiffrer par un expert-comptable. Le modèle de cette page raisonne en rémunération cotisations sociales comprises, soit 36 000 euros par an, ce qui évite de figer un taux de cotisations qui ne correspondrait pas à votre situation.

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