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Statut juridique du courtier en assurance : micro, EURL, SASU

Mis à jour le 11 octobre 2026 16 min de lecture
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Il n’existe pas de meilleur statut juridique pour un courtier en assurance : la micro-entreprise, l’entreprise individuelle au réel, l’EURL, la SASU et la SAS permettent toutes d’exercer, à condition d’être inscrit à l’ORIAS. Le bon choix dépend de quatre critères : votre chiffre d’affaires prévu, le niveau de vos charges réelles, la protection sociale que vous voulez et le fait de vous lancer seul ou à plusieurs. En pratique, la micro-entreprise convient pour démarrer seul ou en parallèle d’un emploi, tant que le chiffre d’affaires reste sous 83 600 € (plafond 2026). L’EURL ou la SASU prennent le relais quand l’activité grandit, que les charges augmentent ou qu’un associé arrive. Deux règles propres au courtage pèsent sur ce choix : vos commissions sont des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et elles sont exonérées de TVA.

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Quels statuts juridiques sont possibles pour un courtier en assurance ?

Le Code des assurances n’impose aucune forme juridique. Vous pouvez exercer :

  • en entreprise individuelle (EI), sous le régime de la micro-entreprise ou au régime réel ;
  • en société unipersonnelle : EURL (une SARL à associé unique) ou SASU (une SAS à associé unique) ;
  • en société à plusieurs associés : SAS ou SARL.

Quelle que soit la forme, les conditions d’accès au métier restent les mêmes : honorabilité, capacité professionnelle de niveau 1, RC Pro, adhésion à une association professionnelle agréée et inscription à l’ORIAS. Le statut ne change rien à ces obligations. Il change votre régime social, votre imposition, votre comptabilité et la façon dont votre cabinet pourra évoluer. Pour l’ensemble du parcours, consultez notre guide pour devenir courtier en assurance.

Tableau comparatif des statuts pour un courtier

CritèreMicro-entrepriseEI au réelEURLSASUSAS (plusieurs associés)
Patrimoine personnelSéparé du patrimoine professionnel par défaut depuis 2022Séparé du patrimoine professionnel par défaut depuis 2022Responsabilité limitée aux apportsResponsabilité limitée aux apportsResponsabilité limitée aux apports
Régime social du dirigeantTravailleur non salarié, cotisations de 21,2 % du chiffre d’affairesTravailleur non salarié, cotisations calculées sur le bénéficeGérant associé unique : travailleur non salariéPrésident assimilé salarié (régime général, sans assurance chômage)Président assimilé salarié
ImpositionImpôt sur le revenu après abattement de 50 %, ou versement libératoire de 1,7 % sous condition de revenusImpôt sur le revenu sur le bénéfice réel, option pour l’IS possibleImpôt sur le revenu par défaut, option pour l’ISImpôt sur les sociétés, option temporaire pour l’impôt sur le revenu sous conditionsImpôt sur les sociétés
Charges réelles déductiblesNonOuiOuiOuiOui
Plafond de chiffre d’affaires83 600 € en 2026AucunAucunAucunAucun
ComptabilitéLivre des recettes et registre des achatsComptabilité commerciale et bilan, allégés au régime simplifiéComptabilité complète, comptes annuelsComptabilité complète, comptes annuelsComptabilité complète, approbation des comptes par les associés
Coût de créationQuasi nulFaibleQuelques centaines d’euros (statuts, annonce légale, greffe)Quelques centaines d’eurosQuelques centaines d’euros, plus le pacte d’associés
Image auprès des compagniesAcceptée, chaque compagnie fixe ses critèresAcceptée, chaque compagnie fixe ses critèresStructure perçue comme installéeStructure perçue comme installéeStructure perçue comme installée
Accueillir un associéImpossible sans créer une sociétéImpossible sans créer une sociétéPossible (l’EURL devient une SARL)Possible (la SASU devient une SAS)Prévu dès le départ

Les montants de création sont des ordres de grandeur, sans honoraires de rédaction. Les taux de la micro-entreprise sont ceux publiés pour 2026 sur service-public.gouv.fr. Pour les autres statuts, les cotisations dépendent de la rémunération que vous vous versez : aucun taux unique ne résume la comparaison.

Sur la protection du patrimoine, la loi n° 2022-172 du 14 février 2022 a changé la donne : depuis le 15 mai 2022, les créanciers professionnels d’un entrepreneur individuel ne peuvent saisir que son patrimoine professionnel (article L. 526-22 du Code de commerce). Restent des exceptions : la renonciation que vous signeriez au profit d’un créancier, souvent une banque, et la fraude ou les manquements graves aux obligations fiscales et sociales. Pour un courtier, le principal risque professionnel, l’erreur de conseil, est par ailleurs couvert par la RC Pro obligatoire.

Sur l’image, aucun texte n’impose une société pour signer une convention de courtage. Chaque compagnie fixe ses propres critères d’ouverture de code : renseignez-vous auprès de celles avec lesquelles vous voulez travailler avant de choisir.

Ce que le courtage change dans le choix du statut

Vos commissions sont des BIC, pas des BNC

Le courtage est un acte de commerce : l’article L. 110-1 du Code de commerce cite expressément les opérations de courtage parmi les actes de commerce. Le courtier est donc commerçant. La doctrine fiscale en tire la conséquence : les revenus tirés du courtage d’assurances sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BOFiP, BOI-BNC-SECT-10-20, § 120 et § 340).

Trois conséquences pratiques :

  • en micro-entreprise, vous relevez des prestations de services BIC : abattement forfaitaire de 50 % pour l’impôt et cotisations sociales de 21,2 % du chiffre d’affaires en 2026, auxquelles s’ajoutent de petites contributions (formation professionnelle, frais de chambre consulaire). L’abattement de 34 %, souvent cité, est celui des BNC : il ne s’applique pas au courtage ;
  • au réel, votre bénéfice se déclare en BIC, et non sur la déclaration des BNC ;
  • dans tous les cas, vous êtes immatriculé au registre du commerce et des sociétés (RCS), y compris en micro-entreprise.

Vos commissions sont exonérées de TVA

L’article 261 C, 2° du Code général des impôts exonère de TVA les opérations d’assurance et les prestations de services qui s’y rattachent, effectuées par les courtiers et intermédiaires d’assurance. L’administration le rappelle dans sa doctrine (BOFiP, rescrit BOI-RES-TVA-000148 du 24 juillet 2024). Trois conséquences :

  • la franchise en base de TVA n’est pas un critère de choix : vos commissions ne sont pas soumises à la TVA, quels que soient votre statut et votre chiffre d’affaires ;
  • vous ne récupérez pas la TVA payée sur vos achats (ordinateur, logiciels, publicité) : budgétez vos dépenses toutes taxes comprises ;
  • la taxe sur les salaires s’applique : un employeur qui n’est pas soumis à la TVA sur au moins 90 % de son chiffre d’affaires la paie sur les rémunérations qu’il verse. Elle concerne vos futurs salariés, et aussi la rémunération d’un président de SAS ou de SASU. Une franchise et une décote l’annulent ou la réduisent pour les petits montants.

Une prestation sans lien avec une opération d’assurance (une formation, un conseil de gestion facturé à part) peut, elle, être soumise à la TVA. Faites le point avec un expert-comptable si vous en prévoyez une.

Le Kbis doit mentionner le courtage d’assurance

Les courtiers doivent être immatriculés au RCS au titre de leur activité de courtage (article R. 511-2 du Code des assurances). L’ORIAS demande un extrait Kbis de moins de trois mois sur lequel figure l’activité de courtage d’assurance. En société, rédigez l’objet social en conséquence. Si vous visez aussi le crédit, ajoutez le courtage en opérations de banque et en services de paiement : une même structure peut exercer les deux, comme l’explique notre article sur le cumul du courtage en crédit et en assurance.

C’est la structure qui est inscrite à l’ORIAS

En entreprise individuelle, c’est vous qui êtes inscrit. En société, c’est la société, sous son propre numéro SIREN. L’ORIAS vérifie alors la capacité professionnelle de son dirigeant. Les frais sont de 25 € par catégorie et par an Source : ORIAS, 2024 , et l’ORIAS dispose de deux mois à compter d’un dossier complet pour se prononcer.

Conséquence directe : passer d’une entreprise individuelle à une société n’est pas une simple mise à jour. Selon la FAQ de l’ORIAS, il faut une nouvelle demande d’inscription complète, qui donne lieu à une nouvelle immatriculation avec un numéro distinct. Les étapes du dossier sont détaillées dans notre guide d’inscription ORIAS étape par étape et sur notre page inscription à l’ORIAS.

Micro-entreprise ou société : quand la micro-entreprise suffit-elle ?

La micro-entreprise est le statut le plus simple pour démarrer : création quasi gratuite, comptabilité réduite à un livre des recettes et un registre des achats, cotisations proportionnelles aux commissions encaissées. Sans chiffre d’affaires, vous ne payez pas de cotisations.

Ses limites, pour un courtier :

  • le plafond : 83 600 € de chiffre d’affaires hors taxes en 2026 pour les prestations de services (article 50-0 du Code général des impôts). Le régime prend fin si vous le dépassez deux années civiles de suite ;
  • les charges réelles ne se déduisent pas : cotisations et impôt sont calculés sur le chiffre d’affaires, que vos dépenses soient faibles ou élevées ;
  • la protection sociale suit vos cotisations : un petit chiffre d’affaires ouvre peu de droits (retraite, indemnités journalières).

La micro-entreprise reste adaptée tant que vos charges sont nettement inférieures à la moitié de votre chiffre d’affaires et que votre activité reste sous le plafond.

Exemple indicatif : 40 000 € de commissions en micro-entreprise

PosteMontant annuel
Commissions encaissées (chiffre d’affaires)40 000 €
Cotisations sociales (21,2 %)8 480 €
Charges réelles de l’activité (hypothèse)6 000 €
Reste avant impôt sur le revenu25 520 €
Revenu retenu pour l’impôt (après abattement de 50 %)20 000 €

Dans cet exemple, les charges réelles représentent 15 % du chiffre d’affaires, bien moins que l’abattement de 50 % : l’impôt est calculé sur 20 000 € alors qu’il reste plus de 25 000 € avant impôt. La micro-entreprise est favorable. Si vos charges approchaient la moitié de votre chiffre d’affaires (un salarié, un local, de la publicité), cet avantage disparaîtrait, car les cotisations restent calculées sur le chiffre d’affaires même quand votre marge baisse. C’est le moment d’étudier le réel ou la société.

Pour une société, le résultat dépend de la rémunération choisie, du régime social du dirigeant et de l’impôt sur les sociétés : le calcul se fait sur votre projet. L’Urssaf propose un assistant gratuit d’aide au choix du statut sur mon-entreprise.urssaf.fr, et un expert-comptable peut affiner. Pour construire vos hypothèses de chiffre d’affaires et de charges, appuyez-vous sur notre business plan de cabinet de courtage.

EURL ou SASU : comment trancher ?

Quand la micro-entreprise ne suffit plus, ou si vous voulez une société dès le départ, le choix se joue surtout entre l’EURL et la SASU. La différence principale tient au régime social du dirigeant.

Point de comparaisonEURL (gérant associé unique)SASU (président)
Régime socialTravailleur non salarié (sécurité sociale des indépendants)Assimilé salarié (régime général), sans assurance chômage
Cotisations pour un même revenuPlus faiblesPlus élevées
Sans rémunérationDes cotisations minimales restent duesAucune cotisation, mais aucun droit acquis
DividendesSoumis aux cotisations sociales au-delà de 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courantsPas de cotisations sociales : impôt et prélèvements sociaux seulement
Taxe sur les salairesRémunération du gérant non concernéeRémunération du président prise en compte (franchise et décote pour les petits montants)
Protection socialePlus réduite, à compléter par des contrats facultatifsProche de celle d’un salarié, hors chômage
Entrée d’un associéL’EURL devient une SARLLa SASU devient une SAS, aux règles très souples

La règle des 10 % sur les dividendes de l’EURL à l’IS découle de l’article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale. Source : Code de la sécurité sociale, 2024 Elle limite l’intérêt de se rémunérer en dividendes dans une EURL, alors que la SASU le permet sans cotisations sociales.

L’entreprise individuelle au réel fonctionne comme l’EURL sur le plan social, sans rédiger de statuts. C’est une option si vous dépassez le plafond de la micro-entreprise sans vouloir créer de société.

En résumé, l’EURL (ou l’EI au réel) convient au courtier seul qui veut limiter ses cotisations et réinvestir dans son cabinet. La SASU convient à celui qui privilégie la protection sociale, se rémunère peu au départ ou prévoit d’ouvrir son capital. Ne choisissez pas la SASU pour la seule image : sans chiffre d’affaires suffisant, elle coûte plus cher à faire fonctionner (comptable, cotisations sur le salaire du président, taxe sur les salaires).

Quel statut choisir selon votre situation ?

Votre situationStatut le plus souvent adaptéÀ vérifier avant de choisir
Vous gardez un emploi salariéMicro-entrepriseClause d’exclusivité, obligation de loyauté, temps disponible
Vous démarrez seul à temps plein, avec peu de chargesMicro-entrepriseLe plafond de 83 600 € et le coût d’un futur passage en société
Vous démarrez seul, avec des charges élevées ou un chiffre d’affaires au-delà du plafondEI au réel, EURL ou SASUL’arbitrage entre cotisations et protection sociale
Vous vous lancez à plusieursSAS ou SARLLe pacte d’associés et la capacité professionnelle du dirigeant
Vous percevez des allocations chômagePas de réponse uniqueLes règles de France Travail, avant l’immatriculation

En parallèle d’un emploi

La micro-entreprise est presque toujours la plus adaptée : pas de cotisations sans chiffre d’affaires, formalités légères, arrêt de l’activité sans frais de liquidation. Vérifiez d’abord votre contrat de travail (clause d’exclusivité, obligation de loyauté), en particulier si votre employeur travaille lui-même dans l’assurance. Notre guide pour devenir courtier en parallèle de son emploi détaille ces points.

À temps plein, seul

Partez de deux chiffres : le chiffre d’affaires que vous visez à deux ou trois ans et vos charges réelles. Si le premier reste sous le plafond et que les secondes restent modestes, la micro-entreprise suffit. Sinon, comparez l’EURL (ou l’EI au réel) et la SASU avec le tableau ci-dessus. Si vous pensez passer en société à court terme, tenez compte du coût de la transition pour un courtier : nouvelle inscription ORIAS, transfert des conventions, RC Pro au nom de la société. Créer la société dès le départ peut alors être plus simple.

À plusieurs

Une entreprise individuelle ne peut pas accueillir d’associé. Créez une SAS, souple dans sa rédaction, ou une SARL, plus encadrée par la loi. En SARL, le gérant majoritaire est travailleur non salarié ; le gérant minoritaire ou égalitaire est assimilé salarié, comme le président de SAS. Rédigez un pacte d’associés (répartition des rôles, départ d’un associé, sort de la clientèle) et vérifiez quel dirigeant justifiera la capacité professionnelle auprès de l’ORIAS.

Avec des allocations chômage

Le statut choisi change la façon dont vos revenus d’activité sont pris en compte pour le maintien de vos allocations, et les aides à la création d’entreprise sont soumises à conditions. Ces règles relèvent de France Travail et évoluent : faites valider votre situation par votre conseiller avant de vous immatriculer, plutôt que de choisir un statut sur la foi d’un montage vu ailleurs. Gardez aussi en tête qu’un président de SASU qui ne se rémunère pas n’acquiert aucun droit à la retraite pendant cette période.

Comment passer de la micro-entreprise à une société ?

Commencer en micro-entreprise puis passer en société est un parcours courant. Pour un courtier, il demande plus qu’une formalité :

  1. Créez la société avec un objet social qui mentionne le courtage d’assurance.
  2. Souscrivez la RC Pro au nom de la société, avec les minimums réglementaires de 1 564 610 € par sinistre et 2 315 610 € par année Source : Légifrance, 2024-10-29 , et mettez votre adhésion à l’association professionnelle agréée au nom de la société.
  3. Déposez une nouvelle demande d’inscription ORIAS pour la société : 25 € par catégorie et par an, jusqu’à deux mois après un dossier complet.
  4. Transférez les conventions et le portefeuille : chaque compagnie doit accepter que les contrats et les commissions passent à la société. Le portefeuille peut être apporté ou cédé à la société ; faites-vous accompagner sur les conséquences fiscales.
  5. Demandez la radiation de l’entreprise individuelle à l’ORIAS et au registre une fois la société inscrite, pour éviter toute interruption d’activité.

Les montages patrimoniaux, comme une SCI pour détenir un local ou une holding au-dessus du cabinet, ne concernent pas le démarrage : ils se discutent avec un expert-comptable une fois l’activité installée.

Le statut vient après la capacité professionnelle

Quel que soit le statut, l’ORIAS n’inscrit votre structure que si vous justifiez la capacité professionnelle de niveau 1, le plus souvent par une formation de 150 heures. Source : Code des assurances, 2024 Vous pouvez la suivre pendant que vous préparez la création de votre structure.

La formation IAS 150h de FormaCourtage coûte 399 € TTC, payable comptant ou en 3 ou 4x sans frais. Elle se suit 100 % en ligne et à votre rythme, avec un quiz à la fin de chaque module (70 % de bonnes réponses pour valider, tentatives illimitées). Une fois le parcours terminé et validé, vous téléchargez une attestation de formation, acceptée pour l’inscription à l’ORIAS, et un livret de stage. Pour l’ordre complet des démarches (structure, RC Pro, association, ORIAS, compagnies), suivez notre guide pour créer un cabinet de courtage.

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Questions fréquentes

À propos de ce sujet

Quel statut juridique choisir pour devenir courtier en assurance ?
Il n'existe pas de statut unique. La micro-entreprise convient pour démarrer seul, en parallèle d'un emploi ou avec peu de charges, tant que le chiffre d'affaires reste sous 83 600 euros (plafond 2026 des prestations de services). L'EURL ou l'entreprise individuelle au réel conviennent si vos charges sont élevées et que vous voulez limiter vos cotisations. La SASU convient si vous privilégiez la protection sociale du régime général ou prévoyez d'accueillir un associé. À plusieurs, on choisit le plus souvent une SAS.
Peut-on être courtier en assurance en micro-entreprise ?
Oui. La micro-entreprise permet d'exercer le courtage en assurance avec les mêmes obligations que toute autre structure : capacité professionnelle de niveau 1, RC Pro, adhésion à une association professionnelle agréée et inscription à l'ORIAS. Comme le courtage est une activité commerciale, vous êtes immatriculé au registre du commerce et des sociétés, et l'extrait Kbis doit mentionner le courtage d'assurance. En 2026, le plafond est de 83 600 euros de chiffre d'affaires et les cotisations sociales sont de 21,2 % du chiffre d'affaires.
Les commissions d'un courtier sont-elles des BIC ou des BNC ?
Des BIC. L'article L. 110-1 du Code de commerce range le courtage parmi les actes de commerce, et la doctrine fiscale (BOFiP) précise que les revenus du courtage d'assurances sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. En micro-entreprise, ils relèvent donc des prestations de services BIC, avec un abattement forfaitaire de 50 %. L'abattement de 34 % est celui des BNC : il ne s'applique pas au courtage.
Un courtier en assurance doit-il facturer la TVA ?
Non, pour son activité de courtage. L'article 261 C du Code général des impôts exonère de TVA les opérations d'assurance et les prestations qui s'y rattachent, effectuées par les courtiers et intermédiaires d'assurance. La franchise en base de TVA n'a donc pas d'intérêt pour ces commissions. Revers de cette exonération : vous ne récupérez pas la TVA payée sur vos achats. Une activité sans lien avec une opération d'assurance peut, elle, être soumise à la TVA.
EURL ou SASU : que choisir pour un cabinet de courtage ?
En EURL, le gérant associé unique est travailleur non salarié : ses cotisations sont plus faibles pour un même revenu, mais sa protection sociale est moins étendue et des cotisations minimales restent dues même sans rémunération. En SASU, le président est assimilé salarié : meilleure protection sociale, cotisations plus élevées, aucune cotisation s'il ne se rémunère pas. Sa rémunération entre aussi dans le calcul de la taxe sur les salaires, due par les cabinets de courtage puisqu'ils ne sont pas soumis à la TVA. Faites chiffrer les deux options sur votre propre projet.
Faut-il refaire l'inscription ORIAS en passant de micro-entreprise à société ?
Oui. Selon l'ORIAS, un intermédiaire inscrit en nom propre qui veut exercer en société doit déposer une nouvelle demande d'inscription complète, qui donne lieu à une nouvelle immatriculation avec un numéro distinct. Comptez de nouveau 25 euros par catégorie et par an, et jusqu'à deux mois après un dossier complet. La RC Pro, l'adhésion à l'association professionnelle et les conventions avec les compagnies doivent aussi passer au nom de la société.
En entreprise individuelle, mes biens personnels sont-ils protégés ?
Oui, en principe. Depuis la loi du 14 février 2022, entrée en application le 15 mai 2022, l'entrepreneur individuel a automatiquement deux patrimoines : ses créanciers professionnels ne peuvent saisir que son patrimoine professionnel. Des exceptions existent, notamment la renonciation signée au profit d'un créancier, par exemple une banque, et la fraude ou les manquements graves aux obligations fiscales et sociales. La responsabilité limitée n'est donc plus, à elle seule, une raison suffisante pour créer une société.

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