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Assurance collective : ce que doit savoir le courtier

7 min de lecture
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L’assurance collective, c’est l’ensemble des contrats qu’un employeur souscrit pour ses salariés : complémentaire santé, prévoyance et retraite supplémentaire. Un courtier doit en connaître trois règles de base : la complémentaire santé est obligatoire pour tout employeur privé depuis le 1er janvier 2016, avec un financement patronal d’au moins 50 % ; les cadres bénéficient d’une prévoyance financée par l’employeur à hauteur d’au moins 1,50 % de la tranche 1 ; le contrat « article 83 » a laissé place au PER obligatoire. Son rôle : vérifier ce qu’impose la convention collective, comparer les offres, accompagner la mise en place et suivre le contrat dans la durée.

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Qu’est-ce que l’assurance collective ?

C’est un contrat souscrit par l’entreprise (le souscripteur) au profit de ses salariés (les adhérents), que le Code des assurances appelle contrat d’assurance de groupe (article L. 141-1). Trois familles d’organismes le proposent : les sociétés d’assurance, les mutuelles et les institutions de prévoyance.

GarantieCe qu’elle couvreObligation de l’employeurTexte principal
Complémentaire santéFrais de soins au-delà du remboursement de la Sécurité socialeObligatoire depuis le 1er janvier 2016, financée au moins à 50 %Article L. 911-7 du Code de la sécurité sociale
PrévoyanceDécès, incapacité de travail, invaliditéObligatoire pour les cadres (1,50 % de la tranche 1), sinon selon la convention collectiveANI du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres
Retraite supplémentaireÉpargne retraite des salariésFacultative, sauf accord collectifLoi PACTE du 22 mai 2019 (PER)

Que doit l’employeur en complémentaire santé ?

La loi du 14 juin 2013 relative à la sécurisation de l’emploi a généralisé la complémentaire santé collective au 1er janvier 2016. Source : Loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 Depuis, tout employeur du secteur privé doit la proposer à tous ses salariés, sans condition d’ancienneté, dès le premier salarié.

  • Financement. L’employeur paie au moins la moitié de la cotisation (article L. 911-7 du Code de la sécurité sociale).
  • Garanties minimales. Le contrat couvre au moins le ticket modérateur, le forfait journalier hospitalier et un minimum en dentaire et en optique (panier fixé par le décret du 8 septembre 2014). Il doit aussi être « responsable » (article L. 871-1 du même code) pour ouvrir droit au régime social et fiscal favorable.
  • Mise en place. Par accord collectif (de branche ou d’entreprise), par référendum sur un projet de l’employeur ratifié à la majorité des salariés, ou par décision unilatérale de l’employeur (DUE) remise par écrit à chaque salarié (article L. 911-1).
  • Dispenses. Certains salariés peuvent refuser d’adhérer : déjà couverts par une autre complémentaire collective obligatoire, y compris comme ayants droit du conjoint, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (qui a remplacé la CMU-C et l’ACS le 1er novembre 2019), certains salariés en contrat court ou à temps partiel.
  • Portabilité. Après une rupture du contrat de travail qui n’est pas due à une faute lourde et ouvre droit au chômage, l’ancien salarié garde gratuitement ses garanties santé et prévoyance pendant la durée d’indemnisation, dans la limite de la durée de son dernier contrat et de 12 mois (article L. 911-8).

Pour les spécificités du marché santé, voir notre article pour devenir courtier en assurance santé.

Quelles sont les obligations en prévoyance ?

Pour les cadres, l’employeur verse une cotisation à sa charge exclusive égale à 1,50 % de la tranche 1 (la part du salaire inférieure au plafond de la Sécurité sociale), affectée en priorité à la garantie décès. Cette règle vient de l’article 7 de la convention collective nationale du 14 mars 1947, qui ne s’applique plus depuis le 1er janvier 2019 (fusion des régimes AGIRC et ARRCO). Elle est reprise par l’accord national interprofessionnel du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres. L’employeur qui ne la respecte pas doit verser aux ayants droit d’un cadre décédé un capital égal à trois fois le plafond annuel de la Sécurité sociale.

Pour les autres salariés, aucune règle générale n’impose la prévoyance, mais de nombreuses conventions collectives le font, avec des garanties et des taux minimaux. D’où le premier réflexe du courtier : identifier la convention collective de l’entreprise (son code IDCC) et relire ses clauses de protection sociale. Notre article sur le marché de la prévoyance détaille les garanties.

Qu’est devenu le contrat « article 83 » ?

La loi PACTE du 22 mai 2019 a créé le plan d’épargne retraite (PER), décliné en trois versions : le PER individuel, le PER d’entreprise collectif (PERECO, qui succède au PERCO) et le PER obligatoire (PERO), qui succède aux contrats « article 83 ».

  • Depuis le 1er octobre 2020, une entreprise ne peut plus adhérer à un régime de type article 83 : ces contrats ne sont plus commercialisés.
  • Une entreprise qui en avait mis un en place avant cette date peut continuer d’y affilier ses nouveaux salariés.
  • L’épargne des anciens contrats (article 83, PERCO, Madelin, PERP) peut être transférée vers un PER.

Le PER peut prendre la forme d’un contrat d’assurance de groupe ou d’un compte-titres : dans le premier cas, il entre pleinement dans le champ du courtier en assurance.

Quel est le rôle du courtier en assurance collective ?

Le courtier travaille pour l’entreprise cliente. Son devoir de conseil porte sur les besoins de l’employeur et sur ses obligations envers les salariés.

ÉtapeCe que fait le courtier
DiagnosticEffectif, catégories de salariés (cadres, non-cadres), convention collective et ses obligations, contrats et actes en place
ConsultationInterroge plusieurs organismes et compare garanties, tarifs et qualité de gestion
Mise en placeAide l’employeur à choisir le mode de mise en place et à préparer l’acte, en lien avec son expert-comptable ou son conseil ; organise les adhésions et les dispenses
Information des salariésFournit la notice établie par l’assureur, que l’employeur doit remettre à chaque adhérent (article L. 141-4 du Code des assurances)
SuiviEntrées et sorties, portabilité, renouvellement annuel, adaptation aux évolutions de la convention collective

Les erreurs coûtent cher. Un régime moins favorable que la convention collective expose l’employeur à prendre en charge lui-même la différence de garanties. Un acte de mise en place incomplet ou un caractère collectif mal respecté peut faire perdre le régime social favorable lors d’un contrôle URSSAF. Dans les deux cas, le défaut de conseil peut être reproché au courtier : conservez la trace de vos analyses et de vos recommandations, comme l’explique notre article sur le devoir de conseil du courtier.

Faut-il une formation spécifique pour se lancer ?

Aucune habilitation particulière n’est exigée : la capacité professionnelle de niveau 1 du courtier couvre les contrats collectifs. Le collectif est en revanche une spécialité technique, à aborder en connaissant ses contraintes : cycle de décision plus long, interlocuteurs multiples (dirigeant, représentants du personnel, expert-comptable), gestion administrative suivie. Notre article sur la spécialité à choisir pour débuter vous aide à vous situer.

Dans la formation IAS 150h de FormaCourtage, l’UV4 est consacrée aux contrats collectifs, en cinq modules :

  1. L’assurance de groupe : principes et fonctionnement ;
  2. La complémentaire santé collective obligatoire ;
  3. La prévoyance collective en entreprise ;
  4. La retraite collective et l’épargne salariale ;
  5. Tarification, gestion et conseil en assurance collective.

La formation coûte 399 € TTC, se suit 100 % en ligne et à votre rythme, avec de l’audio sur chaque module et un quiz à la fin de chacun. Une fois le parcours terminé et validé, vous téléchargez votre attestation de formation, acceptée pour l’inscription à l’ORIAS, et votre livret de stage. Pour la suite des démarches, voir notre page inscription à l’ORIAS.

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Questions fréquentes

À propos de ce sujet

Qu'est-ce que l'assurance collective ?
C'est un contrat souscrit par une entreprise au profit de ses salariés, qui y adhèrent selon des conditions définies au contrat. Le Code des assurances parle de contrat d'assurance de groupe (article L. 141-1). Il couvre la santé, la prévoyance (décès, incapacité, invalidité) ou la retraite supplémentaire, et peut être conclu avec une société d'assurance, une mutuelle ou une institution de prévoyance.
Une entreprise d'un seul salarié doit-elle avoir une mutuelle collective ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2016, tout employeur du secteur privé doit proposer une complémentaire santé collective à ses salariés, sans condition d'ancienneté, et en financer au moins la moitié (article L. 911-7 du Code de la sécurité sociale). Le salarié peut toutefois être dispensé d'adhésion dans certains cas, par exemple s'il est déjà couvert par le contrat collectif obligatoire de son conjoint.
Les salariés peuvent-ils refuser la mutuelle d'entreprise ?
Seulement dans les cas de dispense prévus par le Code de la sécurité sociale ou par l'acte de mise en place : salariés déjà couverts par une autre complémentaire collective obligatoire, y compris comme ayants droit, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, certains salariés en contrat court ou à temps partiel. La complémentaire santé solidaire a remplacé la CMU-C et l'ACS le 1er novembre 2019. La demande de dispense se fait à l'embauche ou à la mise en place du régime.
Qu'est-ce que la portabilité de la mutuelle et de la prévoyance ?
C'est le maintien gratuit des garanties santé et prévoyance de l'entreprise après la rupture du contrat de travail, si elle n'est pas due à une faute lourde et ouvre droit à l'assurance chômage. Il dure autant que l'indemnisation chômage, dans la limite de la durée du dernier contrat de travail et de 12 mois (article L. 911-8 du Code de la sécurité sociale).
Le contrat retraite article 83 existe-t-il encore ?
Plus pour les nouvelles mises en place. Depuis le 1er octobre 2020, en application de la loi PACTE, une entreprise ne peut plus adhérer à un régime de type article 83 : son successeur est le plan d'épargne retraite obligatoire (PERO). Les entreprises qui avaient un article 83 avant cette date peuvent continuer d'y affilier leurs nouveaux salariés, et l'épargne peut être transférée vers un PER.
Faut-il une habilitation particulière pour vendre de l'assurance collective ?
Non. La capacité professionnelle de niveau 1 du courtier couvre l'ensemble des contrats d'assurance, collectifs compris. La technicité du sujet (conventions collectives, actes de mise en place, dispenses, portabilité) justifie en revanche une bonne formation : dans la formation IAS de FormaCourtage, l'UV4 y est consacrée en cinq modules.

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