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Déontologie du courtier en assurance : les règles clés

7 min de lecture
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La déontologie du courtier en assurance tient en une règle : agir de manière honnête, impartiale et professionnelle, au mieux des intérêts du client (article L. 521-1 du Code des assurances, issu de la transposition de la directive sur la distribution d’assurances, dite DDA, en vigueur depuis le 1er octobre 2018). Elle se traduit par trois obligations que cet article détaille : gérer vos conflits d’intérêts, annoncer la nature de votre rémunération et communiquer de façon claire, exacte et non trompeuse. Pour les autres obligations, le tableau ci-dessous renvoie vers nos articles dédiés.

Tableau blanc vierge et quatre feutres de couleur sur un mur jaune

Que recouvre la déontologie du courtier ?

ObligationTexte principalOù approfondir
Agir au mieux des intérêts du clientCode des assurances, art. L. 521-1, ICet article
Gérer les conflits d’intérêtsArt. L. 521-1, III, R. 521-1, L. 522-1 et L. 522-2Cet article
Informer sur sa rémunérationArt. L. 521-2Cet article
Communiquer loyalementArt. L. 521-1, IICet article
Conseiller selon les besoins du clientArt. L. 521-4Devoir de conseil du courtier
Lutter contre le blanchimentCode monétaire et financier, art. L. 561-1 et suivantsLCB-FT : obligations du courtier
Protéger les données des clientsRèglement général sur la protection des donnéesProtection des données du courtier
Traiter les réclamationsRecommandation ACPR 2024-R-02, Code de la consommationMédiation et rôle du courtier
Se former chaque annéeArt. R. 512-13-1 : 15 heures par anFormation continue 15h

S’y ajoute la condition d’honorabilité, à remplir à l’inscription puis pendant toute l’activité : voir notre article sur l’honorabilité du courtier.

Comment gérer un conflit d’intérêts ?

Un conflit d’intérêts existe dès que votre intérêt, ou celui d’une personne qui vous est liée, peut s’opposer à celui du client : une commission plus élevée chez un assureur, un objectif de volume, un lien capitalistique, une relation personnelle avec un partenaire. Le texte ne l’interdit pas en soi ; il impose de l’empêcher de fausser votre conseil.

Les règles applicables à tous les contrats :

  • Rémunération et objectifs. Ni votre rémunération, ni les objectifs ou l’évaluation de vos collaborateurs ne doivent inciter à recommander un produit inadapté aux besoins du client (article L. 521-1, III).
  • Liens capitalistiques. Avant la conclusion du contrat, vous indiquez au client toute participation, directe ou indirecte, de 10 % ou plus des droits de vote ou du capital que vous détenez dans un assureur, et toute participation de plus de 10 % qu’un assureur détient dans votre cabinet (article R. 521-1). Si vous vous prévalez d’une analyse impartiale et personnalisée, vous indiquez aussi l’assureur ou le groupe avec lequel vous avez réalisé l’année précédente plus de 33 % de votre chiffre d’affaires de distribution.

Les règles supplémentaires pour certains contrats d’assurance vie et de capitalisation : vous mettez en place des dispositions organisationnelles et administratives pour empêcher qu’un conflit ne porte atteinte aux intérêts du client (article L. 522-1). Si elles ne suffisent pas à écarter ce risque avec une certitude raisonnable, vous informez le client, avant la conclusion du contrat, de la nature générale ou des sources du conflit (article L. 522-2).

En pratique, listez par écrit les situations à risque de votre cabinet (bonus de production, liens personnels), notez dans chaque dossier pourquoi le contrat retenu répond aux besoins du client, et évitez les objectifs de vente par assureur.

Que devez-vous dire au client sur votre rémunération ?

Avant la conclusion du contrat, l’article L. 521-2 vous impose d’indiquer notamment votre identité, votre immatriculation, les voies de réclamation et de médiation, la base de votre proposition (exclusivité, choix limité à quelques assureurs que vous nommez, ou analyse impartiale d’un nombre suffisant de contrats) et la nature de votre rémunération :

Forme de rémunérationCe que vous indiquez
Honoraires payés directement par le clientLeur montant, ou à défaut leur méthode de calcul
Commission incluse dans la primeQue vous êtes rémunéré par une commission
Tout autre type de rémunération, y compris un avantage économiqueL’existence de cette rémunération
Combinaison de ces formesChacune des formes cumulées

Le montant de la commission n’est pas exigé par ce texte, mais des exigences supplémentaires s’appliquent à certains contrats d’assurance vie et de capitalisation. Rien ne vous empêche de l’annoncer : un client qui connaît votre rémunération discute plus facilement de votre conseil.

Quelles règles pour votre communication commerciale ?

L’article L. 521-1, II pose deux règles. Toutes les informations que vous adressez à un client ou à un prospect, publicités comprises, sont claires, exactes et non trompeuses. Et une communication publicitaire doit être clairement identifiable comme telle.

À faireÀ éviter
Présenter les garanties avec leurs limites (franchises, exclusions, plafonds)Mettre en avant un prix sans les garanties qui vont avec
Indiquer votre statut de courtier et votre numéro ORIASLaisser croire que vous représentez un assureur
Annoncer vos honoraires dès le premier échangeÉcrire « sans frais » si vous facturez des honoraires
Signaler une publication sponsorisée ou un partenariatPrésenter une publicité comme un conseil neutre
Publier des avis clients authentiquesInventer ou déformer des avis : c’est une pratique commerciale trompeuse au sens du Code de la consommation

Ces règles valent aussi dans vos emails et sur les réseaux sociaux.

Que risquez-vous en cas de manquement ?

Sur le plan disciplinaire, la commission des sanctions de l’ACPR peut prononcer, selon l’article L. 612-41 du Code monétaire et financier : l’avertissement, le blâme, l’interdiction de certaines opérations, la suspension ou la démission d’office de dirigeants, la radiation du registre et l’interdiction d’exercer l’intermédiation. Les interdictions et la suspension ne dépassent pas dix ans, et une sanction pécuniaire de 100 millions d’euros au plus peut s’y ajouter ou les remplacer. Voir notre article sur l’ACPR et ses contrôles.

Sur le plan civil, un client qui subit un préjudice (conseil orienté par la commission, conflit non signalé) peut vous demander réparation. Votre responsabilité civile professionnelle intervient dans les limites du contrat : voir notre guide de la RC Pro du courtier.

En matière de blanchiment, une confusion circule : l’amende de 22 500 € de l’article L. 574-1 du Code monétaire et financier punit la divulgation d’une déclaration de soupçon, par exemple au client concerné. Source : Code monétaire et financier, art. L. 574-1 Le défaut de déclaration, lui, est un manquement aux obligations de lutte contre le blanchiment, sanctionné sur le plan disciplinaire par l’ACPR.

Comment vous former à ces règles ?

La déontologie fait partie du programme de la formation IAS 150h de FormaCourtage (399 € TTC, 100 % en ligne, à votre rythme). Le module 1.14 est consacré à la déontologie de l’intermédiaire et le module 1.9 aux informations précontractuelles. En fin de parcours validé, vous téléchargez votre attestation de formation, acceptée pour l’inscription à l’ORIAS, et votre livret de stage.

Une fois installé, vous suivez au moins 15 heures de formation continue par an. Source : Code des assurances, art. R. 512-13-1 Pour planifier ces obligations sur l’année, consultez notre agenda de conformité annuelle du courtier.

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Questions fréquentes

À propos de ce sujet

Quelles sont les règles de déontologie du courtier en assurance ?
Elles découlent de l'article L. 521-1 du Code des assurances : agir de manière honnête, impartiale et professionnelle, au mieux des intérêts du client. Concrètement, le courtier gère ses conflits d'intérêts, informe le client de la nature de sa rémunération, communique de façon claire, exacte et non trompeuse, conseille sur la base des besoins exprimés, respecte les obligations de lutte contre le blanchiment et de protection des données, et traite les réclamations.
Le courtier doit-il indiquer le montant de sa commission ?
L'article L. 521-2 du Code des assurances impose d'indiquer, avant la conclusion du contrat, la nature de la rémunération : honoraires payés par le client, commission incluse dans la prime, autre avantage économique, ou combinaison de ces formes. Le montant n'est exigé que pour les honoraires, ou à défaut leur méthode de calcul. Pour certains contrats d'assurance vie et de capitalisation, des exigences supplémentaires s'appliquent.
Qu'est-ce qu'un conflit d'intérêts pour un courtier ?
C'est une situation où l'intérêt du courtier, ou d'une personne qui lui est liée, peut s'opposer à celui du client : commission plus élevée chez un assureur, objectif de volume, lien capitalistique, relation personnelle. Le courtier ne doit pas adopter de rémunération ou d'objectifs qui l'incitent à recommander un produit inadapté (article L. 521-1), et il signale au client toute participation de 10 % ou plus entre son cabinet et un assureur (article R. 521-1).
Ne pas déclarer un soupçon de blanchiment est-il puni de 22 500 euros ?
Non. L'amende de 22 500 euros de l'article L. 574-1 du Code monétaire et financier punit la divulgation d'une déclaration de soupçon, par exemple au client concerné. Le défaut de déclaration, lui, est un manquement aux obligations de lutte contre le blanchiment, sanctionné sur le plan disciplinaire par l'ACPR.
Quelles sanctions l'ACPR peut-elle prononcer contre un courtier ?
Selon l'article L. 612-41 du Code monétaire et financier, la commission des sanctions peut prononcer l'avertissement, le blâme, l'interdiction de certaines opérations, la suspension ou la démission d'office de dirigeants, la radiation du registre et l'interdiction d'exercer l'intermédiation, avec une sanction pécuniaire de 100 millions d'euros au plus, en plus ou à la place. Les interdictions et la suspension ne peuvent pas dépasser dix ans.

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