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Journée type d'un courtier en crédit : tâches et rythme

8 min de lecture
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Il n’y a pas de journée type unique chez un courtier en crédit (COBSP), mais les mêmes blocs de tâches reviennent chaque semaine : trouver des clients, étudier et monter leurs dossiers, les présenter aux prêteurs et négocier, suivre chaque dossier jusqu’au versement effectif des fonds, seul moment à partir duquel une somme peut être perçue (article L. 519-6 du Code monétaire et financier), et tenir la conformité à jour. Le dosage change selon le nombre de dossiers en cours : une journée peut être consacrée presque entièrement aux rendez-vous, la suivante aux relances de banques et de notaires.

Trois personnes travaillent sur des ordinateurs portables autour d'une table

Quelles tâches occupent une journée de courtier en crédit ?

BlocTâches typiquesPoint de vigilance
ProspectionRelations avec les prescripteurs (agents immobiliers, notaires, experts-comptables, constructeurs), demandes reçues par le site, recommandations de clientsDonnées transmises par les partenaires : information du client et respect du RGPD
Découverte et étudeEntretien, recueil des revenus, charges, crédits en cours, apport et projet ; calcul du taux d’effort ; faisabilitéMandat et accord écrit sur la rémunération avant tout travail préparatoire (article R. 519-26)
MontageCollecte et contrôle des pièces, identification du client, synthèse du dossierAucune fausse déclaration transmise au prêteur (article R. 519-31)
Présentation et négociationEnvoi aux prêteurs partenaires, échanges avec leurs analystes, négociation du taux, des frais, de la garantie et de l’assuranceComparer plusieurs offres et garder la trace des réponses
SuiviAccord, édition de l’offre, délai de réflexion, signature chez le notaire, déblocageRespect des délais légaux, information régulière du client
Conformité et gestionArchivage, réclamations, procédures internes, facturation après déblocageFormation continue, renouvellement ORIAS, RC Pro

Ces blocs ne se suivent pas dans un ordre fixe. Chaque jour, vous traitez des dossiers à des stades différents : un premier rendez-vous le matin, une négociation en cours, une offre à expliquer, une signature à caler.

Comment se déroule l’étude d’un dossier ?

L’étude commence par le recueil de la situation du client : besoins, ressources, charges, prêts en cours (article R. 519-21 du Code monétaire et financier). Avant toute démarche auprès d’une banque, le client signe le mandat et l’accord sur la rémunération : voir notre article sur le mandat bancaire IOBSP.

Pour un crédit immobilier, le premier filtre est celui du Haut Conseil de stabilité financière : taux d’effort de 35 % au plus, assurance emprunteur comprise, et durée de 25 ans au plus, avec un différé d’amortissement possible dans certains cas (logement neuf, travaux importants). Les banques peuvent déroger à ces critères pour 20 % de leur production trimestrielle Source : HCSF, décision D-HCSF-2021-7 . Le courtier vérifie ces critères avant d’envoyer un dossier, puis examine ce que les prêteurs regardent aussi : stabilité des revenus, apport, reste à vivre, tenue des comptes.

Les pièces demandées au premier rendez-vous sont en général les mêmes : pièce d’identité, justificatifs de revenus et derniers avis d’imposition, relevés de comptes récents, tableaux d’amortissement des prêts en cours, justificatif d’apport et, pour un achat, l’avant-contrat ou le descriptif du projet. Un dossier incomplet retarde la réponse des banques : la relance des pièces manquantes fait partie du quotidien.

En regroupement de crédits, l’étude est plus longue : il faut recenser chaque crédit et chaque dette, puis remettre un document d’information spécifique (voir notre article sur le regroupement de crédits).

Que se passe-t-il entre le dépôt en banque et le déblocage des fonds ?

ÉtapeCe que fait le courtierRègle
Dépôt auprès des prêteursEnvoie un dossier complet, répond aux questions des analystesLe prêteur évalue la solvabilité (art. L. 313-16 du Code de la consommation)
AccordCompare les réponses, négocie, présente les options au clientExplications adéquates (art. L. 313-11)
Offre de prêtVérifie la FISE et l’offre, les explique au clientOffre maintenue 30 jours, acceptation au plus tôt 10 jours après réception (art. L. 313-34)
Avant-contrat de venteSurveille la date limite de la condition suspensiveAu moins un mois (art. L. 313-41)
Signature et déblocageCoordonne prêteur, notaire et clientAucune somme perçue avant le versement effectif des fonds (art. L. 519-6 du CMF)

Une partie de chaque journée passe donc en relances : la banque pour l’édition de l’offre, le client pour une pièce manquante, le notaire pour la date de signature. Le contenu de la FISE et le calcul des délais sont détaillés dans notre article sur la FIPEN et la FISE.

Quelle place pour la conformité ?

La conformité n’est pas une tâche annuelle : elle se glisse dans chaque dossier.

  • LCB-FT : identifier le client et, le cas échéant, le bénéficiaire effectif Source : art. L. 561-5 du CMF , puis conserver les documents cinq ans Source : art. L. 561-12 du CMF . Voir notre article sur les obligations LCB-FT du courtier.
  • Données personnelles : un dossier de crédit contient des revenus, des relevés et des avis d’imposition. Voir notre article sur la protection des données.
  • ORIAS : immatriculation renouvelée chaque année, 25 € par catégorie Source : ORIAS . Voir notre guide ORIAS du COBSP.
  • Formation continue : 7 heures par an pour les intermédiaires en crédit immobilier (arrêté du 9 juin 2016, article R. 519-15-1 du Code monétaire et financier).
  • Garanties : RC Pro d’au moins 500 000 € par sinistre et 800 000 € par année Source : arrêté du 26 juin 2012 , et adhésion à une association professionnelle agréée, obligatoire depuis le 1er avril 2022.
  • Veille : le crédit à la consommation a été réformé au 20 novembre 2026 (ordonnance n° 2025-880) ; vos documents et procédures doivent suivre.

Quels outils utilise un courtier en crédit ?

Aucun outil n’est imposé par la réglementation, mais le quotidien repose sur quelques fonctions de base :

  • Gestion des dossiers : un logiciel de suivi des prospects et des dossiers, avec l’état d’avancement de chacun et les échéances (validité de l’offre, condition suspensive, date de signature).
  • Calcul : capacité d’emprunt, taux d’effort, coût total, tableau d’amortissement, comparaison d’offres.
  • Échange de pièces : un espace sécurisé plutôt que la messagerie, pour des documents qui contiennent des données sensibles.
  • Signature électronique : pour le mandat, l’accord sur la rémunération et les documents d’information, avec une preuve datée.

Ces outils doivent respecter vos obligations de conservation et de sécurité des données : vérifiez où sont hébergées les pièces et qui y a accès.

En quoi diffère-t-elle d’une journée de courtier en assurance ?

Courtier en créditCourtier en assurance
RythmePar dossier, avec une fin : le déblocage des fondsPortefeuille suivi dans la durée : renouvellements, avenants, sinistres
InterlocuteursPrêteurs, notaires, agents immobiliersAssureurs, clients, experts en cas de sinistre
RémunérationAucune somme avant le versement des fondsCommissions liées aux contrats placés
Formation continue7 heures par an en crédit immobilier15 heures par an Source : art. R. 512-13-1

Pour comparer en détail, lisez notre journée type d’un courtier en assurance. Si vous voulez exercer les deux métiers, voir notre article sur le cumul courtier en crédit et en assurance : proposer l’assurance emprunteur relève de l’intermédiation en assurance.

Et les revenus ?

Cet article ne donne pas de chiffres de revenus. Ils dépendent du nombre de dossiers menés jusqu’au déblocage, de la rémunération convenue avec les clients et les prêteurs, et du temps nécessaire pour constituer un réseau de prescripteurs. Les mécanismes de rémunération sont détaillés dans notre article sur les revenus du courtier en crédit.

Comment se préparer à ce quotidien ?

Pour exercer comme courtier en crédit, il faut la capacité professionnelle de niveau 1, accessible notamment par une formation de 150 heures Source : arrêté du 18 juillet 2022 , puis l’immatriculation à l’ORIAS en catégorie COBSP. Notre guide pour devenir courtier en crédit détaille les étapes.

La formation IOBSP 150h de FormaCourtage couvre les sujets de ce quotidien : mandat bancaire, devoir de conseil, FISE et FIPEN, garanties, regroupement de crédits, LCB-FT, RGPD, déontologie. Chaque module se termine par un quiz. La formation coûte 399 € TTC, 100 % en ligne, à votre rythme. Pour exercer aussi en assurance, le pack IAS + IOBSP réunit les deux formations pour 598 € TTC. Une fois le parcours terminé et validé, vous téléchargez votre attestation de formation, acceptée pour l’inscription à l’ORIAS, et votre livret de stage.

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Questions fréquentes

À propos de ce sujet

À quoi ressemble la journée d'un courtier en crédit ?
Elle se partage entre cinq blocs de tâches : prospection et premiers contacts, étude et montage des dossiers, présentation aux prêteurs et négociation, suivi des accords et des offres jusqu'au déblocage des fonds, et conformité (LCB-FT, RGPD, ORIAS, formation continue). Leur dosage varie selon le nombre de dossiers en cours et leur avancement.
Combien d'heures travaille un courtier en crédit ?
Aucune statistique officielle ne mesure le temps de travail des courtiers en crédit. Indépendant, vous fixez vos horaires, mais les rendez-vous se calent sur la disponibilité des clients, et les échéances de chaque dossier (validité de l'offre, condition suspensive, signature chez le notaire) imposent leur rythme.
Le courtier en crédit est-il payé dès l'accord de la banque ?
Non. L'article L. 519-6 du Code monétaire et financier interdit de percevoir une provision, une commission ou des frais de recherche, de démarches, de constitution de dossier ou d'entremise avant le versement effectif des fonds prêtés. Tant que les fonds ne sont pas versés, rien ne peut être encaissé.
Quelle différence avec la journée d'un courtier en assurance ?
Le courtier en assurance suit un portefeuille de contrats dans la durée : renouvellements, avenants, sinistres. Le courtier en crédit travaille par dossiers, chacun avec une fin, le déblocage des fonds. Son agenda dépend davantage des délais des banques, des notaires et des avant-contrats de vente.
Faut-il une formation pour devenir courtier en crédit ?
Oui. Le courtier en opérations de banque et en services de paiement doit justifier de la capacité professionnelle de niveau 1, accessible notamment par une formation de 150 heures dont le programme est fixé par l'arrêté du 18 juillet 2022, puis s'immatriculer à l'ORIAS en catégorie COBSP.

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