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Mandataire ou courtier en assurance : MIA ou COA, que choisir ?

Mis à jour le 11 octobre 2026 11 min de lecture
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Le courtier en assurance (catégorie COA à l’ORIAS) agit pour le compte de ses clients : il signe ses propres conventions avec les compagnies, souscrit sa RC Pro et doit justifier la capacité professionnelle de niveau 1. Le mandataire d’intermédiaire d’assurance (MIA) agit au nom et pour le compte d’un intermédiaire déjà inscrit, le plus souvent un courtier : il distribue les contrats de ce mandant, dans le périmètre de son mandat, et relève en principe du niveau 2, le niveau 3 étant réservé à une activité accessoire. Être mandataire permet de démarrer adossé à un cabinet installé, au prix d’une dépendance envers lui. Être courtier donne la liberté commerciale, avec toutes les obligations à votre charge. Le choix n’est pas définitif : un mandataire peut devenir courtier dès qu’il en remplit les conditions.

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Mandataire, courtier : de qui parle-t-on exactement ?

L’article R. 511-2 du Code des assurances distingue quatre catégories d’intermédiaires. Trois concernent directement votre choix :

  • le courtier d’assurance (COA) : une personne physique ou une société immatriculée au registre du commerce et des sociétés pour l’activité de courtage. Aucune compagnie ne le mandate : il travaille pour ses clients ;
  • le mandataire d’intermédiaire d’assurance (MIA) : une personne physique non salariée ou une société, mandatée par un intermédiaire (courtier, agent général ou mandataire d’assurance) pour distribuer des contrats en son nom et pour son compte ;
  • le mandataire d’assurance (MA) : même logique, mais le mandant est directement une entreprise d’assurance.

La quatrième catégorie, l’agent général d’assurance (AGA), représente une compagnie dont il détient un mandat d’agent général et relève, comme le courtier, du niveau 1. Elle est présentée avec les autres dans notre guide des catégories ORIAS COA, MIA, AGA et MA.

Tableau comparatif : mandataire ou courtier ?

CritèreMandataire d’intermédiaire (MIA)Courtier (COA)
Catégorie ORIASMIA (ou MA si le mandant est une compagnie)COA
Pour le compte de qui il agitSon mandant, au nom duquel il distribue les contratsSes clients
Capacité professionnelleNiveau 2 (stage de 150 heures minimum), ou niveau 3 si l’activité est accessoire et limitée à des contrats complémentaires sans responsabilité civileNiveau 1 (stage de 150 heures minimum)
RC ProÀ souscrire, sauf si le mandant la lui fournit ou assume l’entière responsabilité de ses actes : à vérifier dans le mandatÀ souscrire à son nom : au moins 1 564 610 € par sinistre et 2 315 610 € par année
Garantie financière115 000 € minimum, seulement si le mandat le charge d’encaisser des fonds115 000 € minimum, seulement s’il encaisse des fonds
Association professionnelle agrééeObligatoire s’il est mandataire d’un courtierObligatoire
Accès aux compagniesProduits et compagnies de son mandantSes propres conventions, avec les compagnies qui acceptent de lui ouvrir un code
Liberté commercialeLimitée au périmètre du mandatChoix des partenaires, des produits et de la spécialité
RémunérationPart des commissions du mandant, au taux fixé par le contrat de mandatCommissions versées par les compagnies, et le cas échéant honoraires facturés au client
DépendanceForte : sans mandat en cours, il ne peut pas rester inscritAucun mandant, mais toutes les obligations à sa charge
Inscription ORIASPeut être effectuée par le mandantEffectuée par le courtier, avec un Kbis qui mentionne le courtage d’assurance
Évolution possibleDevenir courtier en remplissant les conditions du COAMandater à son tour des MIA

Les seuils de RC Pro sont ceux applicables depuis le 9 octobre 2024 Source : Légifrance, 2024-10-29 . La garantie financière ne concerne que les intermédiaires qui manipulent des fonds Source : Code des assurances, 2024 : beaucoup n’en encaissent aucun, le client réglant sa prime directement à la compagnie.

Quel niveau de capacité professionnelle pour un mandataire ?

Les articles R. 512-9 à R. 512-12 du Code des assurances fixent trois niveaux, selon la catégorie et l’activité :

NiveauQui est concernéComment le justifier
Niveau 1 (art. R. 512-9)Courtiers et agents générauxStage d’au moins 150 heures, ou deux ans comme cadre ou quatre ans dans une fonction de production ou de gestion de contrats d’assurance, ou un diplôme figurant sur une liste fixée par arrêté
Niveau 2 (art. R. 512-10)Mandataires d’assurance et mandataires d’intermédiaires, cas généralStage d’au moins 150 heures, ou un an comme cadre ou deux ans dans une fonction de production ou de gestion de contrats, ou un diplôme de la liste
Niveau 3 (art. R. 512-12)Mandataires qui exercent à titre accessoire à leur activité principale et ne proposent que des contrats complémentaires à leur produit ou service, sans couverture de responsabilité civileFormation d’une durée raisonnable adaptée aux produits, ou six mois d’expérience, ou un diplôme de la liste

Pour un futur intermédiaire dont l’assurance sera le métier principal, le niveau 3 ne s’applique donc pas. La règle est simple : niveau 2 pour exercer comme mandataire, niveau 1 pour exercer comme courtier. Les deux stages durent au moins 150 heures, mais seul le niveau 1 permet l’inscription en COA. Le stage de niveau 1 se justifie par un livret de stage, et son programme minimal est fixé par l’arrêté du 23 juin 2008 modifié Source : Légifrance, 2008-06-23 .

Si vous visez le courtage à terme, suivre directement le niveau 1 vous évite une seconde formation au moment du passage. Faites toutefois confirmer par votre futur mandant le justificatif qu’il attend pour votre inscription de mandataire. Le détail des trois niveaux figure dans notre guide sur les niveaux IAS 1, 2 et 3, et notre page capacité professionnelle récapitule les voies possibles : formation, diplôme ou expérience.

Qui doit souscrire la RC Pro : le mandataire ou son mandant ?

L’article L. 512-6 du Code des assurances pose le principe : tout intermédiaire doit être couvert par une assurance de responsabilité civile professionnelle. Il prévoit une exception : l’intermédiaire n’a pas à souscrire lui-même ce contrat si cette assurance, ou une garantie équivalente, lui est déjà fournie par l’intermédiaire ou l’entreprise pour le compte duquel il agit, ou si ce dernier assume l’entière responsabilité de ses actes. Dans tous les cas, il doit pouvoir justifier sa situation à tout moment.

L’article L. 511-1 (IV) ajoute que le mandant est civilement responsable des dommages causés par la faute, l’imprudence ou la négligence de ses mandataires agissant en cette qualité. Le client lésé peut donc se retourner contre le cabinet mandant.

En pratique, beaucoup de mandataires sont couverts par le contrat de leur mandant, mais ce n’est pas automatique : le contrat de mandat doit dire qui assure quoi. Demandez une attestation qui vous désigne. Le courtier, lui, n’a pas le choix : il souscrit sa propre RC Pro et en fournit l’attestation à l’ORIAS lors de l’inscription, puis à chaque renouvellement annuel.

Dans quel cas choisir le statut de mandataire ?

Le statut de mandataire convient surtout dans quatre situations :

  • vous découvrez le secteur et voulez pratiquer au sein d’un cabinet qui fournit les produits, les outils de tarification et les procédures ;
  • vous ne voulez pas négocier de conventions dès le départ : vous distribuez les contrats déjà accessibles à votre mandant ;
  • l’assurance complète une autre activité (vente de biens, immobilier, services) : si vos contrats sont complémentaires à cette activité et sans responsabilité civile, le niveau 3 peut suffire ;
  • vous avez trouvé un mandant dont la spécialité, les produits et les conditions vous conviennent.

Les contreparties sont réelles. Vous partagez les commissions avec votre mandant, vous restez dans le périmètre qu’il vous fixe, et votre activité dépend de la durée de votre mandat. À la fin du mandat, le sort de la clientèle que vous avez apportée dépend du contrat : lisez cette clause avant de signer.

Dans quel cas devenir directement courtier ?

Le statut de courtier convient si :

  • vous voulez choisir vos compagnies, vos produits et votre spécialité, dans la limite des compagnies qui acceptent de travailler avec vous ;
  • vous voulez constituer votre propre clientèle et percevoir directement les commissions ;
  • vous acceptez de porter seul les obligations : RC Pro, association agréée, inscription et renouvellement ORIAS, conformité, formation continue de 15 heures par an Source : Code des assurances, 2024 ;
  • vous pouvez tenir les premiers mois : les revenus des débuts sont en général modestes et irréguliers, le temps de constituer un portefeuille. Aucun niveau de revenu n’est garanti, quel que soit le statut.

Le courtier doit exercer dans une structure immatriculée au registre du commerce : micro-entreprise ou société, le choix est détaillé dans notre article sur le statut juridique du courtier. Si vous envisagez le portage salarial pour démarrer, lisez d’abord notre analyse du portage salarial dans le courtage.

Que vérifier dans un contrat de mandat avant de signer ?

Le contrat de mandat est le document central de votre activité de mandataire. Vérifiez au minimum :

  • le périmètre : produits, compagnies et éventuelle zone géographique ;
  • la rémunération : taux par produit, grille annexée au contrat, conditions de modification et moment du versement (à la souscription ou à l’encaissement de la prime) ;
  • la RC Pro : qui la souscrit et sous quelle forme vous êtes couvert ;
  • l’encaissement de fonds : si le mandat vous en charge, une garantie financière est obligatoire ;
  • l’exclusivité : pouvez-vous travailler avec d’autres mandants ?
  • la durée, le préavis et les motifs de rupture ;
  • le sort de la clientèle à la fin du mandat et une éventuelle clause de non-concurrence : ce sont elles qui conditionneront un futur passage en courtier ;
  • les frais facturés par le mandant (outils, formation, usage de la marque).

Faites relire le contrat par un juriste avant de signer, en particulier les clauses de clientèle et de non-concurrence.

Comment passer de mandataire à courtier ?

Passer de MIA à COA revient à remplir toutes les conditions du courtier :

  1. Obtenir la capacité de niveau 1. Un justificatif de niveau 2 ou 3 ne suffit pas. La voie la plus courante est le stage de 150 heures Source : Code des assurances, 2024 . L’expérience peut en tenir lieu dans des conditions précises : deux ans comme cadre ou quatre ans dans une fonction de production ou de gestion de contrats, au sein d’une compagnie ou d’un intermédiaire visé par l’article R. 512-9. Vos années de mandataire ne sont donc pas forcément prises en compte : vérifiez votre cas.
  2. Créer ou adapter votre structure. Le courtier est immatriculé au registre du commerce et des sociétés, avec un Kbis qui mentionne le courtage d’assurance. Si vous passez d’une inscription en nom propre à une société, l’ORIAS demande une nouvelle inscription complète, avec un numéro distinct.
  3. Souscrire une RC Pro de courtier au nom de la structure, et une garantie financière si vous prévoyez d’encaisser des fonds.
  4. Adhérer à une association professionnelle agréée en tant que courtier, obligation en vigueur depuis le 1er avril 2022.
  5. Demander l’inscription en catégorie COA : 25 € par catégorie et par an Source : ORIAS, 2024 . L’ORIAS dispose de deux mois à compter d’un dossier complet pour se prononcer.
  6. Mettre fin au mandat proprement. Respectez le préavis et les clauses de clientèle, et coordonnez la date de fin avec votre inscription en COA. Le mandant signale la fin du mandat à l’ORIAS.
  7. Signer vos conventions avec des compagnies : c’est l’étape qui vous donne accès aux produits, détaillée dans notre guide des conventions avec les compagnies.

Pour l’ensemble du parcours, de la formation aux premiers contrats, suivez notre guide pour devenir courtier en assurance.

Par où commencer ?

Quel que soit le statut visé, la capacité professionnelle vient en premier, et seul le niveau 1 ouvre l’accès au courtage. La formation IAS 150h de FormaCourtage prépare à ce niveau 1 : 399 € TTC, payable comptant ou en 3 ou 4x sans frais, 100 % en ligne et à votre rythme. Chaque module se termine par un quiz (70 % de bonnes réponses pour valider, tentatives illimitées). Une fois le parcours terminé et validé, vous téléchargez une attestation de formation, acceptée pour l’inscription à l’ORIAS, et un livret de stage. Si vous démarrez comme mandataire avec l’objectif de devenir courtier, elle vous évite de vous reformer le jour du passage.

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Questions fréquentes

À propos de ce sujet

Quelle est la différence entre un mandataire et un courtier en assurance ?
Le courtier, inscrit en catégorie COA à l'ORIAS, agit pour le compte de ses clients : il signe ses propres conventions avec les compagnies, souscrit sa RC Pro et doit justifier la capacité professionnelle de niveau 1. Le mandataire d'intermédiaire d'assurance (MIA) agit au nom et pour le compte d'un intermédiaire déjà inscrit, le plus souvent un courtier : il distribue les contrats de ce mandant, dans les limites de son mandat, et perçoit une part des commissions fixée par le contrat.
Quel niveau de formation faut-il pour être mandataire d'intermédiaire d'assurance ?
En principe le niveau 2 de capacité professionnelle (article R. 512-10 du Code des assurances), qui se justifie le plus souvent par un stage d'au moins 150 heures, ou par une expérience ou un diplôme dans les conditions fixées par le texte. Le niveau 3, plus léger, est réservé aux mandataires qui exercent à titre accessoire à leur activité principale et ne proposent que des contrats complémentaires à leur produit ou service, sans couverture de responsabilité civile (article R. 512-12). Le courtier, lui, doit justifier le niveau 1.
Un mandataire d'intermédiaire doit-il souscrire sa propre RC Pro ?
Pas toujours. L'article L. 512-6 du Code des assurances oblige tout intermédiaire à être couvert, mais le dispense de souscrire lui-même si son mandant lui fournit cette assurance ou une garantie équivalente, ou assume l'entière responsabilité de ses actes. Vérifiez ce que prévoit votre contrat de mandat et demandez une attestation qui vous désigne. Le courtier doit, lui, souscrire sa propre RC Pro, d'au moins 1 564 610 euros par sinistre et 2 315 610 euros par année.
Comment passer de mandataire (MIA) à courtier (COA) ?
Il faut remplir les conditions du courtier : capacité professionnelle de niveau 1 (un justificatif de niveau 2 ou 3 ne suffit pas), immatriculation au registre du commerce avec un Kbis qui mentionne le courtage d'assurance, RC Pro de courtier, adhésion à une association professionnelle agréée, puis demande d'inscription à l'ORIAS en catégorie COA, pour 25 euros par catégorie et par an. L'ORIAS dispose de deux mois à compter d'un dossier complet pour se prononcer. Il reste ensuite à signer vos propres conventions avec des compagnies.
Un mandataire doit-il adhérer à une association professionnelle agréée ?
Oui s'il est mandataire d'un courtier. Depuis le 1er avril 2022, l'adhésion à une association professionnelle agréée est obligatoire pour s'inscrire à l'ORIAS comme courtier ou comme mandataire de courtier. Prévoyez cette cotisation dans votre budget de départ, même si vous démarrez sous mandat.
Que devient l'inscription ORIAS d'un mandataire à la fin de son mandat ?
Un mandataire ne peut pas rester inscrit à l'ORIAS sans mandat en cours de validité. Le mandant doit signaler la fin du mandat à l'ORIAS, et le mandataire doit mettre à jour sa situation en cas d'ajout ou de suppression de mandat. Pour continuer à exercer, il lui faut un nouveau mandat ou une inscription dans une autre catégorie, par exemple celle de courtier s'il en remplit les conditions.

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